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faisant n'a pas été effacé même par les représentations scéniques. L'acte I a été donné par Lamoureux en 1884, pour les débuts Avagnériens de Van Dyck, avec Mme Montalba, très dramatique, très puissante dans Isolde, où elle faisait apprécier une voix d'un timbre vibrant, avec Mme Boidin-Puisais dans Brangaine, le vigoureux Blauwaert dans Kurwenal et Mauguière, tout jeune encore, dans le pilote. Et combien de fois le succès força-t-il de répéter la séance ! En 1885, après une nouvelle série de ce premier acte, Lamoureux y joignit le second, avec les mêmes interprètes. En 1887, le premier les retrouva encore, sauf Mme Montalba, remplacée par Mlle Leroux, et en 1891, le second acte fut réentendu, mais en allemand, avec le ténor Kalish et sa femme, l'admirable Lilli Lehmann, à l'enthousiasme si émouvant, et avec Mlle Mangin dans Brangaine. En allemand encore, mais en scène, on citera le premier acte, joué, sur le petit Théâtre Mondain, le 12 mai 1896, par Mme Hellman, débordante de passion, avec Bagès, Damad et Mme Gramaccini-Soubre, sous la direction de Pierre de Bréville, l'orchestre remplacé par deux pianos transcription Luzzato , que jouaient Camille Chevillard et Mlle Hellman. — Entin, à la veille des représentations de l'Eden, Lamoureux donna encore les deux premiers actes successivement, l'un avec Félia Litvinne et Cossira, Bartet et MmeMarty, lautre avec Mme Chrétien, Cossira et Eléonore Blanc.
Entre cette date et celle de l'entrée de l'œuvre au répertoire de l'Opéra, en 1902, M. Chevillard dirigeait à son tour une exécution du premier acte avec Mme Adiny, très valeureuse, et Féodorow, Daraux et Mme Gaëtane Vicq. Puis, ce sont diverses auditions du duo du second acte, qui tendait à prendre, dans les
programmes, une place aussi normale que la scène tinale ; en 1911 (Lamoiireux Agnès Borgo avec le ténor allemand Hans Teenzier: en 101:2 et 1013 iColonneiMme Le ffler-Burck hardi ou i\lme Alvi, avec Knote ou Hehsel len allemand également i enfin Mlle Boro'o avec Franz ou Laffitte.
Les Maîtres Chanteurs sont encore moins faits pour le concert que les autres drames de Richard AVagner. Cependant, en dehors (les morceaux d'orchestre, dont Teffet reste si évocateur, quelques pages lyriques ont toujours plu infiniment, toutes détachées qu'elles fussent. Pasdeloup, qui, dès 1808, c'est-à-dire l'année même de la création de l'œuvre à Munich, avait donné la primeur de ces morceaux d'orchestre, fit entendre presque tout le troisième acte, en 1881, avec Bolly, Lauwers, Mmes Panchioni et Rose Caron, et les troisième et quatrième, en 1882, avec Mme Caron encore, mais Escalaïs, Lahis et Hettich. Ce même quatrième acte reparaît en 1800, au Conservatoire, avec Engel (excellent Walten, Auguez (Hans Sachs i et Soulacroix (Beckmesser) et chez Lamoureux, en I80o, avec Delmas et Muratet. En 1801, Eugène d'Harcourt avait donné, de son coté, à ses concerts, une sélection d'autant plus intéressante qu'elle employait la vt'ision encore inédite d'Alfred Ernsl; Éléonore Blanc, Gibert (Walter) et Auguez y prenaient pari. Pour <( l'air de concours » nous l'avons entendu chanter par N'ergnet (Colonne, I880i, puis Kalisch, Engel, (iihcrl. Kirchhof Lamoureux, I8!ll, 1802, I8!>i, 1002. lOh) . Le premier chani de ^^'al(ller, si poétique, on se souvient que Van Dyck l'avait mis au nombre des pages choisies qu'il (lisait jr phis volontiers : mil n'a t'vo([ii(' comme lui la gnU-e
L'()i:UVRE DE RICHARD WAGNER AU CONCERT. 23
discrète et parfumée de cet écho du moyen âge (Lamoureux et Colonne, 1894-1912). Quant aux barytons, ils avaient pour eux les deux monologues de Hans Sachs, la « rêverie » surtout : on y entendit Frœlich et Daraux (Colonne, 1903, 1905), Delmas et Van Rooy (Lamoureux, 1901, 19l2i. Les phrases, moins saillantes, de Pogner, furent même choisies à l'occasion : par Frœlich (Lamoureux, 1902 et 1913).
L'Op, du Rmx qui, plus que tout autre, a besoin de la scène, est la dernière partition dont le nom ait figuré sur les programmes des concerts. Colonne, en 1890, s'avisa d'exécuter tout le début, si expressif, pour peu qu'on ait la moindre imagination. Auguez fut Alberich, Mmes de Montalant, Delorn et de Clercq les Filles du Rhin. Chez Lamoureux, en 1893, on applaudit l'air narquois de Loge, qui resta depuis ( — 1912) au répertoire de Van Dyck; puis, en 1894, deux exécutions différentes du premier tableau, l'une avec Fournetset Mmes Marcy, Vauthier, lléglon, l'autre avec Noté et Mmes Leroux-Corso, Tarquini d'or et Région. Mais c'est aussi cette même année que l'Opéra, comme prologue à /a Valkijrie, prit le parti économique et un peu ridicule, de faire entendre au concert, et avec deux pianos (tenus par Puguo et Debussy, mais qu'importe? i, une importante sélection de l'ouvrage entier : Renaud y fut un excellent Alberich, Fournets un Wotan sonore et de grande allure; Vaguet était Loge, Mmes Richard, Bosman et Marcy les Filles du Rliin..., et Catulle Mendès conférenciait.
Après quoi, Colonne exécuta deux nouveaux fragments, avec Fournets, Auguez, Challet, Lorrain, Ballard (Alberich et Wotanl,
ûi LOEUVRE DE RICHARD WAGNER A PARIS.
Gandubert, Gibert, (lazeneuve (Loge) et Mmes Éléonore Blanc, Pregi, Planés (les Filles du Rbin), en 1895, 1897, 1898 et 1900; et encore la première scène, Fournets étant Albéricb. — On notera aussi, comme curiosité, la scène d'Erda, en 1903 et 1906, chantée par Mme Schumann-Heink. — Mais surtout, à partir de 1901, Camille Chevillard inaugura cette belle série d'exécutions intégrales qui ont si bien préparé Tauditeur aux représentations enfin consenties par l'Opéra. Et il est impossible de ne pas rappeler les jirincipales. En 1901, Henri Albers se tailla le plus vif succès dans Albéricb, avec Bagès et Challet dans Loge et Wotan, Mmes Lormont, Mcq et Melno dans les Failles du Rhin. En 1902, Frœlich interprétait Wotan et Challet Albérich. En 1903, Dufriche était Loge.... En 1909, enfin, Van Dyck nous apportait son incomparable personnification de Loge, déjà célèbre, entre iXivette (Wotan), Carbelly et Vilmos Beck, Mmes Lormont et Croiza....
De La Valkvrie, la scène essentielle, détachée d'abord, c'est la dernière : les adieux de Wotan et l'incantation du feu. Elle a été magistralement présentée au public, dès 1881, sous la direction de Pasdeloup (à son festival du Trocadéro), puis encore en 1883, par Faure en personne. Le noble artiste lui donna un caractère grandiose et tondre à la fois (\m était de toute beauté. Le jeune baryton Labis l'interpréta aussi cette année et la suivante. Puis viennent Lausvers (Colonne, 1885'), Gaston Beyle (Pasdeloup, 1887;, Augue/ (Colonne et Lamoureux, 1889. 1893), Van Hooy, superbe d'ampleur (Lamoureux et Colonne, 1897, 1901, 1905, 1912), Lorrain (Colonne, 18!>7i, Frœlich (Lamoureux, 1902, 1909), Delmas (Lamoureux et Colonne, 1904, 1912), Renaud
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