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Sur ces entrefaites, l’opuscule de Mgr de Ségur parui : La France au pied du Saint-Sacrement.
On peut diré de la France qu’elle a été la terre eucharistique par excellence jusqu'à l'invasion du prolestantisme qui brûla les églises, massacra les prêtres, viola le Saint Sacrement. Le jansénisme vint à son tour et il ferma confessionnaux et tabernacles
en rendant la communion presque impossible. Privées de l’Eucharistie, les populations perdirent peu à peu la sève et la vitalité chrétiennes; nos églises devinrent froides. Voltaire et la Révolution consommèrent le crime; nos églises furent profanées, dépouillées, vendues à l’encan. Les sociétés francmaçonnes d'aujourd'hui sont les héritières de cette haine et de cette rage. C'est à nous, catholiques, de réparer ces attentats, en ressuscitant les traditions eucharistiques par le moyen des pèlerinages.
Ce travail magnifique de réparation est commencé. Le long des routes de France, à Paray-le-Monial, aux principaux sanctuaires de la Vierge, des chants de pénitence retentissent ; le peuple chrétien jette un grand cri : « Pitié, mon Dieu ! » Oui, sur de certains
LES PÈLERINAGES EUCHARISTIQUES TE — — —points du territoire, la France catholique se réveille, Qu'elle se lève donc toute entière et qu'elle se mette
en marche vers les grands sanctvaires eucharistiques. C'est là, dans l'Hostie, qu'elle trouvera vivant, pardonnant, aimant, le Cœur Sacré de Jésus.
Certes, Notre-Seigneur est aussi parfaitement présent dans l’église la plus ignorée de nos campagnes que dans les célèbres sanctuaires, où, d’après les traditions de nos aïeux, il a fait rayonner sa gloire ; néanmoins il attend de notre piété, en ces sanctuaires privilégiés, avec des manifestations plus solennelles, des actes de religion plus éclatants. Or, le sol de notre pays est comme parsemé de ces églises de miracle : Bourges où, pour confondre les prédicants albigeois qui blasphémaient et niaient l'Eucharistie, une bête de somme, à la voix de saint Antoine de Padoue, s'incline devant le Saint-Sacrement (1227); Douai où tout ur euple, accouru au son des cloches, voit Jésus-Christ dans une hostie (1224); Paris où une hoslie s'échappe des mains d’un voleur, s'envole dans l’air et y demeure suspendue jusqu'à ce que d'elle-même elle se remette aux mains du curé de Saint-Gervais, qui en avait été le consécrateur (1274) ; Paris encore, où une hostie, percée par un juif à coups de canif, saigne ; clouée au mur, saigne davan-
tage; jetée au feu, s'en dégage ; ressaisie, est fixée à un poteau ; là, ni coups de fouet ni coups de couteau ne parviennent à l’entamer: souillée, puis reclouée, le sang coule en ruisseau ; plongée duns de l’eau bouillante, elle se transforme en crucifix, redevient hostie, est transportée à l'église de Saint-Jean-cn- Grève et exposée à l'adoration des fidèles (1290) : en Bourgogne, à Blanot, où une parcelle d’hostic tombe sur la nappe de communion et s'y change en goutte de sang; la divine tache est ineffaçable (1331); en Beauvoisis, à Marseille-le-Petit, où des hosties volées sont jetées dans la neige: à l'endroit où on les découvre, une chapelle, la Chapelle des Saintes- Hosties, est bâtie et des prodiges s’y opèrent (1532) ; Laon où l’hostie chasse les démons qui proclament la présence réelle, et guérit ue possédée (1565) ; en Franche-Comté, à Favernev devenu la proie des flamn..
où un reposoir étant
‘ensoir qui porte l’hostie reste, pendant tre heures, à la vue
de dix mille Personnes, à sa place, en l'air, sans nul support, puis, de lui-même, doucement descend sur un corporal, d'une façon si juste et si délicate que Pas un grain ne tomba des cendres dont il était couvert (1608); en Anjou, à Ulmes de Saint-Florent où dans l’hostie de l'Ostensoir, pendant la cérémonie
du Salut, Notre Seigneur apparaît, en sa forme humaine, vêtu de blanc et d'une beauté radieuse : tous les assistants virent le prodige (1666) ; à Pézilla enfin, au diocèse de Perpignan, où une jeune fille sauve, en pleine tourmente révolutionnaire, quatre hosties laissées dans le tabernacle et les dépose dans un vase de cristal tout uni, qu'on enferme dans une arinoire où il reste six ans (1774-1800). Les hosties, Contrairement aux lois les plus certaines de l'ordre nalurel, n’ont subi aucune altération, et le ciboire s’est merveilleusement doré.
Après l'exposé de ces prodiges qui, peut-être, sur tous les points, ne défie pas toute critique, Mgr de Ségur fait un appel entraînant aux Confréries du Saint-Sacrement, du Sacré-Cœur, de la Sainte-Vierge, puis aux hommes et aux jeunes gens pour qu'ils prennent part à ces pèlerinages eucharistiques qui vont crier à travers la France : Miséricorde !
Pour cette brochure, on fit à Avignon, et bien ailleurs, ce qu'on avait fait pour l’opuscule de l’abbé Bridet, une Propagande active. C'étaient de nouvelles poignées de grains jetées dans la terre de France par un maître semeur. Un jour, à l'heure de Dieu, non plus seulement quelques épis, mais toute une moisson lèvera.
L'ŒUVRE pes CoNGRès EUCHARISTIQUES
À-t-on pris garde à ce petit mot que Mgr Richard écrivait, le 15 juillet 1874, à l'ardente zélatri'e du Saint-Sacrement : « Ne vous découragez pas... Vous devez être très Consolée du mouvement eucharistique qui se produit autour de vous, à Avignon! »
De son côté, l'abbé Bridet, par des lettres tout
imprégnées d'âme sacerdutale, ne cessait pas de la fortifier :
« Que Dieu vous dirige, qu action, qu'il soit votre conseil, v.
Q vil fasse de votre œuvre son mon âme d’avoir inspiré à Mgr l'Archevéq goût pour cette glorification du plus g Seigneur et qu plus efficace hommes 1... »
« Je suis c--{us de la confiance que vou:
Votre estime èsarée par trop de charité gavs
mes qualités et mes capacités. Je ne vois pas e vous être utile.
beaucoup,
‘il multiplie l'effet de votre otre force et votre répondant !
œuvre! Je le bénis de toute
ue d'Avignon le rand bienfait du moyen de salut offert aux
© témoignez.
sit fortement n quoi j'ai pu Si mes conseils ne peuvent pas vous servir comme c’est ma conviction intime, être utile, par Notre Seigneur, maître au Saint-Sacrifice, Vous désigner, vous,
je puis vous des mérites duquel je suis le et ne manque pas chaque jour de votre action, votre santé à notre Père
————__— ns,
1, 19 Mars 1874.
du Ciel pour une abondante part des grâces de son bien-aimé Fils1..,»
Quelques jou: : après, le 2 avril, ayant appris que des nuages passaient sur la chère âme, d'ordinaire si lumineuse, et l'assombrissaieni, que même, parfois, elle semblait ployer sous des fardeaux qui, pour être invisibles, n'en étaient Pas moins lourds, le bon prêtre reprenait la plume :
« Est-il bien vrai, mon enfant, que vous vous laissez envahir par les idées noires et un peu par le découragement ? Non, cela ne peut pas être. Une épouse de Jésus- Christ peut être fort éprouvée, mais découragée jamais. Elle sait trop bien la voie qu'a suivie son divin Maître, et elle entend toujours sa douce voix lui dire du fond de l'âme : Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se “enonce lui-même, qu'il Porte sa croix tous les jours et qu'il marche après moi.
» N'est-ce pas le propre des œuvres de Dieu, leur caractère distinctif, de rencontrer l'obstacle, de traverser l'épreuve, d'en triompher et de montrer ainsi la + rtu de la eroix et le doigt de Dieu ?
» Mais vous êtes une enfant gâtée du Ciel, une privik-siée de Notre-Seigneur! Cette glorification de l'Eucharistie # le bien incalculable qui va en résulter pour la France € y l'Europe et pour le monde, Dieu vous a fait la grâce d'; reçu une part de choix. Oh ! que vous devez lui être re naissante !.…
t. 23 mars 1874.
go L'ŒUVRE pes CoxGnès EUCHARISTIQL £s ———n
» L'œuvre est en très bonne voie. M. de Benque, sous-gou- Verreur de la Banque de France et Mgr de Ségur prennent Chaudemont l'afaire en main; c'est dire qu'elle réussira dans le ressort de leur action, A Douai, c'est déjà merveille, À Lyon on s'est mis en rapport avec Mgr de Grenoble pour un magnifique Pélerinage à Vienne le jeudi de Ja Fête-Dieu, sans parler de ce que Lyon fera à Avignon.
» Avignon! La ville n'est-elle pas lancée,comme un navire, à pleines voiles, vers la glorification de l'Eucharistie qui va baigner dans les larmes de la joie tous ceux qui aiment
» Quand même il Y aurait un petit retard dans la r'alj. sation de vos désirs, cela empéchera-t-il cette tant désirée glorification d'arriver ?.. Je vous dis que vos efforts comme ceux de M. de Trénoney seront Couronnés de succès, Atten. dez l'heure de la Providence, elle viendra. Travaillez tou. jours comme si le succès dépendait de votre action, de votre influence, de vos conseils, de vos efforts, de vos aptitudes, de vos relations de société et de vos peines et contradictions, quoiqu’en réalité il dépende tout de Notre-Seigneur, Mais il plaît à ce divin Maître de se servir de votre ardeur, de votre persévérance, de tout ce qui est en vous pour réaliser son dessein. Donnez-lui donc tout, votre volonté, votre esprit, votre cœur, vos renoncements, vos accablements, vos humi. liations même s’il en survenait. Donnez-lui tout ce qui dépend de vous.…., surtout votre volonté invinciblement persévé. rante, quels que puissent être les sacrifices propres dont ce doux Sauveur daigne avoir besoin de votre part.
» Continuez donc à répandre le feu, à l’attiser, à l'univer. saliser, le feu de l'amour d'un Dieu si méconnu, mais qui, une fois connu, va renouveler la face de }a terre.
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nement cn ner
pou- » Tous les jours je vous aide, non pas de mes forces, oh! ent non, mais des forces de Jésus-Crist que j'ai le pouvoir, sira quoique bien indigne, d'appliquer au . .nt3». :îce aux lle. âmes que je veux. Oh! que le pouvoir du prêti ‘st grand! our Aidez-moi à remercier Nieu. Ce sera travailler à 1r, glorif. eu, cation de l'Eucharistie.
» Le bon Père Chevrier a été dangereusement malade. re, Une fluxion de poitrine... 7 - -silà hors de danger. Que Dieu pui nous le conserve! Motte :,. et, elle aussi, a été bien maut Inde ; mais elle ne se de: age pas, Sa neuvaine à Notre
Dame de Lrurdes la fait souffrir jusqu'à la mort, Et la voilà li. qui en recommence une autre aujourd’hui. Les élus de Dieu se sont éprouvés; mais ils sortent de l'épreuve plus vigoureu- 1e sement trempés, C'est ce qui va vous arriver, mon enfant... » : Une dernière citation : e « Mon enfant, Dieu est avec vous pour vous soutenir : , « Je suis avec elle dans ln tribulation et je l'en tirerai et je , l'en glorifierai, » dit-il par la bouche du psal ‘iste. Aimez à s montr : voire âme à Jésus-Ilostie et à lui dise : Voyez, bon ) Maître. .es épines et mes douleurs. Consolez-moi. Soutenez-
inoi. Donnez-moi la joie de vous ressembler.
| » Vous avez toute votre vie désiré la glorification de l’Eu-
, ‘baristie. Je vous félicite avec les anges. Que vous êtes heu- “euse ! Que votre sort est digne d'envie! Vous avez là une raison de vous réjouir toute votre vie, sans préjudice de la joie pleine et débordante de l'éternité. Que Dieu vous a fait là une grande grâce et comme il vous gâte®!.., » a