‹ L'œuvre des congrès eucharistiques [microforme]Chapitre 19 sur 45 · Lettre du 6 septembre · texte numérisé non relu

Lettre du 6 septembre

bien vite, mais c'est Dieu qui le fera lui-même dans l'intimité du mystère adorable où vous trouvez tant de divines consolations que sous voudriez les faire partager à tous les chrétiens. Je ne puis que vous féliciter de votre grand cœur à vous dévouer en tout et partout à la gloire de Dieu...

» Non, Mademoiselle, votre rôle n'est pas si modeste que vous le dites. A toutes les époques de notre histoire, les femmes ont, reçu de Dieu d'importantes missions, Sainte Catherine de Sienne n'était.elle pas le feu et la lumière de son temps? Sainte Thérèse et Marie d'Agréda n'ont-elles pas communiqué un amour de Dieu extraordinaire à leur contemporains? Plus près de nous, quelle influence nvnt pas eue sainte Chantal et Madame Acarie, et tant d’autres femmes illustres! Ne sont-ce pas les grandes chrétiennes, qui ont fait le grand xvir° siècle? C'étaient presque toutes des religieuses. Sainte Thérèse, M“ de Chantal remuaient tous les cœurs du fond de leurs couvents, et les populations entraînées accouraient sur leurs pas, illuminaient les villes à leur entrée, Du cloître sortait un soufile de vertu avidement recueilli par les foules attentives à toute parole sortie de la bouche ou de la plume de ces saintes religieuses.

» Autres temps, autres mœurs. Le cloître est aujourd'hui sans action sur notre société qui s’en détourne avec effroi!. Pour être l'interprète écouté des volontés de Dieu, il faut entrer dans le drame de la vie contemporaine... De même qu'un laïc entraîne plus d'’âmes à Dieu dans une causerie

1. Suns action directe s'entend : car la vie de prière et de pénitence est un divin contrepoids aux blasphèmes et aux voluptés du monde.

publique que le prêtre faisant son métier dans la chaire!, : de même, Mademoiselle, votre role est non seulement appelé à être plus efficace que celui de quelque recluse que ce soit, mais vous êtes placée par la Providence juste -: :: veui que soient ces grandes chrétiennes appelées : travailler efficacement, activement, pour sa gloire et pour ses œuvres.

» Libre, indépendante, ardente dans votre foi, ayant reçu les dons absolument nécessaires de la parole, de l’activité, de l'initiative, de l'esprit aimable qui fait bien venir de tous les nouveaux apôtres que Dieu se choisit.

» ‘À notre époque, la société est descendue des hauteurs sublimes de la foi, du dévouement, de l’héroïsme.…. Nous marche- 7”. tout simplement, dans l'herbe et la poussière, qu’il faut atteindre les âmes, en y vivant avec ellk. en s’y traînant, s’il le faut, avec elles, en se mélant à ce courant général qui emporte la société dans sa voie nouvelle.

» Oui, c’est là seulement, je le répète, que, en se mêlant au drame plus ou moins vulgaire et prosaïque de la vie commune, le bien se fait de nos jours. C’est là que se sont orgæ

nisés les pèlerinages, les cercles ouvriers, Saint-Vincent-de- Paul? et toutes les œuvres catholiques modernes.

» À vous prendre, Mademoiselle, au point de vue d’un examinateur catholique, Pour qui vous seriez, comme vous

1. Métier sublime, sans doute; mais pour ceux qui n’ont pas la foi ou dont la foi est peu éclairée, métier, rien que métier,

2. On comprend qu’il s'agit ici, non pas du saint lui-même, mais des conférences qui portent son nom.

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l’étiez pour moi, une inconnue, il est impossible de ne pas reconnaître en vous tous les caractères d'une de ces chrétiennes, auxquelles Dieu accorde une mission ici-bas qu'elles ignorent souvent elles-mêmes, mais à laquelle elles obéissent et que la Providence accorde aux peuples dans tous les

temps... Apôtres nouveaux, taillés à la besogne que Dieu leur destine.

» Oh! oui, c'est de grand cœur que je vous tends une main fraternelle, vous réciamant de marcher à vos côtés et de tra” vailler avec vous, nous soutenant, nous aidant l’un l’autre ici-bas pour arriver ensemble au séjour de la paix et du triomphe éternels. Fraternité d'œuvre. Amitié devant Dieu. Prière et soutien mutuel dans nos œuvres. Je vous le demande bien instamment et y serai fidèle de mon côté. »

Ce n’est pas que M. de Cissey admiît toutes les idées, tous les projets, tous les beaux rêves de sa

« sœur d'armes »; même, sur plus d’un point, il la

contredira. Toutefois il distinguera vite que les

Pèlerinages du Saint-Sacrement sont une chose

grande et sainte et que ces mouvements locaux

peuvent préparer une levée en masse : mais, tout en

se dévouant aux œuvres propreinent eucharistiques, il restera avant tout l’homme et l’apôtre d’une idée : la sanctification du Dimanche.

» Je vous ai su un gré infini de votre lettre. Je l'ai lue, relue. Je m'en suis pénétré. J'ai compris de plus en plus

combien Dieu m'avait fait une Grande grâce en me plaçant sur votre passage et quel concours unique, incomparable, il voulait que vous apportassiez à l'Œuvre Dominicale de France, qui n’est que la grande fédération de toutes les œuvres du diünanche diocésaines de France, parce que l'union seule fait la force. Supprimer le dimanche, c’est supprimer la religion, car, sans dimanche, pas de religion ; sans religion, pas de société durable. Les Tables du Décalogue sont les assises fondamentales de toute société durable. Supprimer le dimanche, c’est supprimer le respect dù à Dieu, c’est supprimer la principale assise de la société, c’est supprimer l’ordre social par la base. Voilà ce qu'il faut répéter, crier sur les toits. =

» J'ai toujours beaucoup applaudi à l’idée parfaite que VOus avez eue des Pèlerinages au Saint-Sacrement. Ainsi, ceux que vous m’annoncez ne m'étonnent point, j'en remercie Dieu, je vous en félicite, et je prie afin que les grâces qui en découleront retombent en bénédictions abondantes sur la tête de leur promotrice, de leur fondatr: vimirable ; mais en dehors de ces pèlerinages, je ne croi. ‘1e vous arriviez à fonder, en ce moment, aucune œuvre ‘ss parfaite, plus populaire, que celles qui existent déjà. »

Quelques jours après :

» .. Dieu nous a rapprochés, nous a unis Pour agir ensemble et nous aider réciproquement dans ce désir que nous avons de servir Dieu, et en même temps pour notre 2vancement spirituel qui a pour but l'amour de Dieu et soi service, Si

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