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a —, mages que la loi prescrivait encore, le général, d'une voix émue et vibrante, cria: « Présentez armes! Genou terre!» Et l’armée tombe à genoux, et les drapeaux s’inclinent, et Dieu bénit. Le général et ses officiers entrent dans le cortège. La marche reprend triomphale. | . Au pied du Palais des Papes, en face de la Métropole, un reposoir monumental s'élève. La foule déborde par toutes les rues, pousse ses flots sur la place immense; on aurait dit un océan d'hommes avec sa houle. Quand l’Ostensoir fut posé sur l'autel, l'archevêque, en quelques mots tout pénétrés de l'amour de l'Église et de l'amour de la Patrie, fit acclamer Rome et la France. Il lut ensuite l’Amende Honorable, et se leva pour donner la bénédiction du Saint-Sacrement. Il était sept heures. Le soleilembrasait l'horizon. Debout dans la lumière, lentement, solennellement, l’archevêque bénit. Il bénit au levant, il bénit au couchant, au nord, au midi, la foule silencieuse et prosternée, le Rhône qui charriail des vagues d'or et le firmament qui s’'empourprail des feux du soir.
Lorsque la nuit fut tombée, la foi ouvrit au Fils de Dieu un chemin nouveau, une voie lumineuse. Ot
avait disposé à toutes les fenêtres, au-dessus de toute:
d'une rmes | et les | et ses prend
Métro- foule sur la »mmes l’autel, rés de rie, fit mende tion du embratement, nit au nidi, la harriait ourprait
1 Fils de use. On le toutes
les portes, sur toutes les corniches, le long de toutes
les saillies, partout, des lampes, des lampions, des
lanternes multicolores, des torches, des flambeaux.
On éclaira de feux de bengale ininterrompus tout le Parcours, et c'élait une féerie que toutes ces lueurs qui couraient, vertes, ou bleues, ou rouges comme des flammes d'incendie,
Et, dans cette nuit glorieuse, quel Te Deum montant jusqu'aux étoiles! « Vous êtes le Roi de gloire, à Christ! Vous êtes le Fils éternel du Père! Vous êtes le vainqueur de la mort! C'est vous qui Ouvrez le paradis à vos fidèles! Sauvez votre peuple, et bénissez cette portion choisie de votre héritage!.. »
Quand le Très Saint-Sacrement rentra dans la chapelle, il était onze heures et demie du soir.
Quelques jours après, Mgr Dubrenil écrivit à
Pie IX : « Jésus-Christ avait demandé à ses apôtres
une salle grande et ornée Pour inaugurer le Sacre-
ment de l'Eucharistie. Nous, nous lui avons donné
pour l'adorer, pour l'y porter en triomphe, une ville tout entière, transformée tout à coup en un vaste et magnifique temple. »
Une manifestation pareille devait-elle s’éteindre comme les feux de bengale, ne: laissant après elle qu'un vain souvenir, poussière dorée? Ne devait-elle pas plutôt avoir un glorieux lendemain? Pourquoi des processions semblables ne surgiraient-elles pas, non seulement ici et là, mais sur tous les points de la France, faisant au Dieu de l'Eucharistie une longue suite d’ovations et de triomphes? Les pèlerins d’Avignon, de toute l’ardeur de leurs âmes, désiraient que l’auguste et sacrée personne de Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement devint, sous la direction des évêques, le but direct de £ -ands mouvements périodiques, Que disaient-ils donc ces aveugles, que les Pèlerinages ne sont plus dans nos mœurs? Il suffit d’un appel, et voici des multitudes frémissantes, les voici debout, les voici en marche.
Ce désir fut exprimé, le lendemain de la fête, 10 juillet, à Mgr Dubreuil qui l’accueillit avec faveur. L'archevêque voulut même ouvrir tout de suite ses salons, pour que, dans une sorte de Congrès en miniature, on étudiât ces projets.
La réunion, peu nombreuse mais triée, peut-on
dire, sur le volet, se -composa de Nos Scigneurs d’Avignon et de Valence, de leurs vicaires généraux, de M. de Salvador, grand-maîitre de la Confrérie des Pénitents et de plusieurs Confrères, du vicomte de Damas, secrétaire général du Conseil des Pèlerinages, de plusieurs membres de l’Adoration Nocturne de Paris, du P, Tesnière et de trois autres prêtres du Très Saint-Sacrement.
Mgr Dubreuil ouvrit la séance par la lecture d’une adresse au Souverain-Pontife, où sa Grandeur remerciait Pie IX de la bénédiction apostolique qu'il avait accordée avec tant de bienveillance, et l’assurait qu'en cette fâte « dont nos descendants parleront, » la pensée de ses souffrances et le désir de son iriomphe n'avaient cessé d'être l’objet des prières de tous.
M. Daniel Coll‘ de Paris, sollicita l'établissement de l'Œuvre de l’Adoration Nocturne à Avignon, dans la chapelle des Pénitents, et exprima le vœu qu'en attendant son organisation définitive, l’on passât cette nuit en prière devant l'Eucharistie. Monseigneur répondit que cette pensée lui agréait singulièrement et qu’en attendant la réalisation de
l'Œuvre dans son diocèse, il se rendrait à la chapelle,
ce même soir, de dix à onze heures. M. de Salvador
178 L'ŒUVRE DES CONGRÈS EUCHARISTIQUES RE —— ajouta qu'il se ferait un honneur d'accompagner son archevêque. Le P. ‘esnière appuya de sa parole théologique ces résolut'ons et ces vœux. A la présence perpétuelle de Dieu parmi nous il faut répondre par la présence perpétuelle des adorations. L’Eucharistie, c’est Notre-Seigneur qui veutentretenir avec chacun de nous des rapports personnels et vivants ; donnons-lui donc la présence vivante d’adorateurs de jour et de nuit. L'Eucharistie, c’est Jésus . couronné, Jésus exalté dans les cieux, Jésus régnant à la droite du Père : glorifions-le, exaltons-le, faisonsle régner par des expositions so!ennelles, des processions triomphales, des pèlerinages, s’il se pouvait, ininterrompus. A son tour, le P. Leroyer, de Marseille, émet le vœu que, chaque année, su: un point ou sur un autre de la France, on organise un grand Pèlerinage au Saint-Sacrement, qui serait suivi d'un Congrès où l'on traiterait de toutes les Œuvres de prière et de zèle qui ont rapport au royal service de Jésus-Christ, M. de Damas reprend ce vœu avec chaleur et compétence : Nous avons été à tous les sanctuaires illustrés par les reliques des Saints; nous avons surtout visité les sanctuaires de la Reine des Saints. C’est beaucoup, ce n'est point assez. Bien que tout pèlerinage se ter-
mine par la communion et qu'ainsi l'Eucharistie en soit en quelque sorte la fin obligée, nous n’aurons atteint la perfection de cette grande Œuvre qu'aux jours où Jésus-Christ, Roi des nations dans l'Eucharistie, sera le bu: déclaré, explicite, de pèlerinages régionaux et nationaux.
Et, dès maintenant, l'on songe que la ville d’Angers où l'archidiacre Bérenger enseigna ses erreurs sur la présence réelle, pourrait être le lieu du Pèlerinage Eucharistique de l’année prochaine et du Congrès qui s’ensuivrait.
Le soir on se retrouva au pied du Saint-Sacrement. Le lendemain, au moment où les adorateurs quittaient la sainte chapelle où ils avaient passé la nuit, un pèlerinage de Besançon, succédant à un pèlerinage de Cette, entrait dans le sanctuaire.
£n 1877, marche en avant peu sensible, — La Zélatrice, Sarde-malade, — M. de Benque publie son livre sur « l’Adoration Nocturne ». — Lettres de l'abbé Augustin Lémann, de Mgr de Ségur, de M, de Cissey. —
Mile *** À Lyon.— Rencontre de Mgr Dubuis, évêque de Gaiveston. — Une Supplique à Léon XIII. — Cinq cents signatures. — Parole du Pape : « Pour les Œuvres Eucharistiques j’accorderai tout. »
Rêves incessants d’un Comité central, d’un Cardinal protecteur, — Mgr Mermillod et les religieux. — Lettre de Mgr de Ségur.
Préparation d’un Pèlerinage Eucharistique à Faverney, — Lettre-circulaire de l’archevêéque de Besançon. — Maladie de Mile ***, — Elle part quand même. — Le « Credo Eucharistique » d’un prêtre. — Faverney. — Émotion d'une femme juive. — Scélératesse d’un enfant.
Petit Congrès Eucharistique.
Lente est la marche dans le mouvement qui se dessine vers la Sainte Eucharistie. La Zélatrice ellemême est entravée dans son action par la maladie d'une nièce tendrement aimée, Durant dix mois, elle se fera garde-malade. |
En cette année 1877, rien ne traduisit vivement le Progrès, si ce n'est que, dans les assemblées plénières
L'ŒUVRE DES CONGRÈS EUCHARISTIQUES mm,
de Lille et de Paris, on redoubla d'intérêt pour les Œuvres du Très Saint-Sacrement, qu'à Paris, on émit le vœu qu'un comité permanent füt spécialement chargé des (Œuvres eucharisliques, — si ce n'est aussi que cette année-là, parut l'ouvrage de M. de Benque sur l'Œuvre de l'Exposition et Adoralion Nocturne, lequel, même au point de vue de la Propugande eucharistique, fit un grand bien: un chapitre y est consacré aux Pèlerinages. 11 faut noter encore la procession mensuelle des hommes à Notre- Dame ue Paris.
L'abbé Augustin Lémann dont Miie *+* avaitentendu, à Avignon, les belles conférences sur /e Christ et les Nalions frémissantes, et qui, plus d'une fois, la fortifia de sa bonne parole non seulement dans la vie intime, mais dans sa vie extérieure pour sa part de zèle eucharistique qu'il lui était donné d…., porter ici ou là, lui écrivait : « Ne vous inquiétez pas trop devant les points d'arrêt que la Providence sème ‘en ce moment sur la route de voire zèle, Tout souffre avec le Pape ; toutes les œuvres avec l’Église sont entravées. Conservez soigneusement vos bozs désirs, le jour de l'élan et du Magnificat arrivera aussi pour vous. »
À la même date, 17 mai 1877, Mgr de Ségur jui
ir les faisait entendre le même son de cloche, un peu 1 , On mélancolique : Ë iale- É si ce « Mac :mciseile, E e de + .» Bien que je regarde comme un des plus grands dangers à lora- du temps présent la désolante maladie de la peur, je ne EN le Ja sais réellement que répondre à vos questions. Les mruents L un que nous traversons sont si difficiles, les résistances et les 4 ee responsabilités de nos évêques s'appuient sur des motifs si 4 graves, que je me trouve heureux de n'avoir point la charge É tre- de diriger n'importe quel mouvement catholique. Dans le E doute abstenons-nous et prions d'autant plus qu'il nous est 3 du, difficile d'agir. 1 ! les » Pardonnez-moi le vague forcé de cette réponse et croyez- 4 moi votre serviteur entièrement dévoué en l'amour de 4 >rli- Notre-Seigneur outragé, vilipendé, blasphémé et rejeté par à vie les princes de ce monde et par leurs abominables lois. » E | de 4 rter T° autre est le timbre de la voix de M. de Cissey : 3 rop .« Faut-il que ce soit une de mes œuvres, de vous Ë me rappeler à Jésns, de ne pas vous laisser vous engour- < out dir dans la famille! Allons, laissez-moi vous dire L lise que Dieu vous veut à autre chose que d’être garde- È DS malade. Ne perdez plus une heure, plus une minute - Si d'une vie qui appartient toute à Jésus. Ne vous
endormez pas. Soyez apôtre! »
Sitôt qu'il y eu. dans l’état de la chère malade
L'ŒUVRE DES coxanès EUCHMARISTIQUES
une accalmie, Mie ++ brit Je chemin de Lyon. Elle s'installa à Fourvièr..
Un jour du mois de janvier 1878, elle fut rencontrée par un prêtre du Prado qui lui dit : « Je m'en vais faire visite à Mgr Dubuis, évêque de Galveston au lexas, mon compatriote et mon ami.
Ven avec moi. Je vous présente-ai. Mgr vous donnera une poussée pour vos œuvres du Saint-Sacrement. » Elle n'hésita point.
L'entretien dura deux heures. 11 se renouvela plusieurs fois. On ne parlait que de l'Eucharistie, Mie ++ appuyait sur la nécessité urgente d'un recours général à Notre-Seigneur dans son Sacrement pour le salut de la France et du monde, et en même temps sur la nécessité d’Assemblées générales ou Congrès Pour la propagande et la réalisation de l'idée.
L'évêque-missionnaire, à son tour, racontait les merveilles qu’il avait obtenues au Texas par l'Eucharistie, Arrivé là-bas, sans ressource, avec un seul prêtre, il trouve dans sa foi à l'Hostie et dans son amour de quoi susciter comme par enchantement des chrétientés florir- vs, à telles enseignes qu'en 35 ans, de six cents chrétiens le Texas est monté à plus de cinq cent mille et que le nombre des prêtres s'élève (en 1878) à deux cent cinquante; il y a six évêques.
LES PÉLERINAGES EUCHANISTIQUES 185
Lorsque Mgr Dubuis fut bien au courant des idées et projets de Mie ***, j] Jui dit : « Je crois comme vous au salut social par l'Eucharistie, Je vais partir pour Rome. Préparez une supplique au Saint-Père où vous demanderez une bénédiction pour le développement des Œuvres du Saint-Sacrement. Envoyez-la-moi; je la présenterai à Léon XIIL. »
Bientôt la supplique fut rédigée: en voici la teneur! :
« Très Saint Père,
» Humblement prosternés aux pieds de Votre Sainteté, nous la conjurons de donner une nouvelle bénédiction? au mouvement Eucharistique qui s'est produit depuis quelques années en France par les Pélerinages ‘ar: Saint-Sacrement.
» Pie IX, de sainte mémoire, avait bien vor ‘u les encourager et les bénir en même temps que le pré : x opuscule de Mgr de Ségur : La France au pied du Snr.-Sacrement,
qui en a popularisé la pensée, De g: :udes manifestations EE ont suivi, à Douai, à Avigrc >. à Paris Angers. 4
» Dans leur désir de su: :::r dans notre pauvre France 4 un plus grand développement des Œuvres Eucharistiques, les soussignés déposent aux pieds de Votre Sainteté leur supplique ardente et pleinement bénie par leurs Evêques.., »