‹ L'œuvre des congrès eucharistiques [microforme]Chapitre 36 sur 45 · Moniteur de · texte numérisé non relu

Moniteur de

2. Paroles citées Par le Journat de Brusvelles, le 8 juin 1876. 3. Glatigny dans « l’Ami du Penple, de Liège, » 12 mors 1876.

départ d'une aussi puissante et forte organisation, sous la haute juridiction d’un cardinal protecteur que Sa Saintete n’hésiterait pas peut-être à leur désigner ?... N'oublions pas que l’Assemblée générale des catholiques tenue à Paris, en 1877, a, dès cette époque, émis le vœu qu'un comité permanent fût spécialement chargé des Œuvres Eucharistiques.

La Belgique enfin, où les Œuvres Eucharistiques ont pris naissance, ne serait-elle pas naturellement indiquée pour le lieu de la première Assemblée générale internationale des Œuvres Eucharistiques ?

Et le mémoire se terminait par le rappel de cette parole que nous avons citée, de Léon XII à Mgr Dubuis : « Pour les OŒEnvres Eucharistiques, j'accorderai tout. »

Le 25 août 1880, M. de Pèlerin envoyait son travail à Mgr de Ségur, lequel reconnut dans le signataire un de ses pénitents les plus anciens et les plus chers !.

Déjà Mlle ** avait confié au vénéré prélat son dessein d’aller en Belgique, et elle en avait reçu la

réponse que voici :

1. Cf. Une page d’Histoire sur les Origines de l’'Œuvre des Congrès eucharistiques, discours prononcé à Paray-le-Monial, le 24 septembre 1896, par M. de Pélerin, p. 3.

« Chère Mademoiselle,

» N'hésitez pas à suiv nais

» Je suis tout à Vous, en l'amour du Dieu d'amour. » PS, Je suis hors de Paris, faisant tout ce qui dépend de S pauvres forces défaillantes, afin de se peut, quelque temps encore, au service de Notre-Seigneur. »

Passage que vous m'annoncez. j ‘ai dit, je suis jusqu’à nouvel ordre de Seigneur et unique Maitre Jésus-Christ, rejeté du service actif où sa bonté vous permet encore de jouer un si &rand rôle, Je n’ai à vous offrir cères, bien ardents ; peut-être

e vous ouvrir quelque horizon

» Ayez la bonté de remercier affectueusement de ma part

mon vieil ami et fils spirituel, M. de Pélerin, dont le souvenir m'est et me sera toujours si cher. Dans quelle bonne terre ai-je eu, n'est-il pas vrai? le bonheur de semer le froment Eucharistique !

» I] me semble que si j'étais Pape, le zèle de l’'Eucharistie et la Communion, non seulement fréquente, mais quotidienne serait l’objet dominant de mon Pontificat. J'ai essayé de donner humblement cette pensée à notre cher Pie IX. Il est probable que le moment n'était pas encore venu. Le Pape qui fera cela, sous l'impulsion de l’Esprit-Saint, sera le rénovateur du monde,

» Ne m'oubliez pas aux pieds du Sauveur, ma chère et pieuse fille, et travaillez sans relâche à la diffusion de l’œuvre admirable de la Communion réparatrice, ainsi qu'à la diffusion incessante de mon petit opuscule sur la Très Sainte Communion que Pie IX a béni et recommandé lui-même d'une manière si instante.

» Croyez-môi toujours votre tout dévoué et affectionné.»

Le 27 août, Mie *** était à Montgeron (Seine-et- Oise) où l’attendait sous les grands arbres du parc le prélat déclinant; mais si les forces physiques diminuaient, les ardeurs de l'âme s’embrasaient. Il avait lu avec émotion et admiration le mémoire de son cher fils Paul de Pèlerin. Il faudra l'emporter en Belgique et un peu partout. On parla de Bruxelles, de de Malines, du cardinal Dechamps, de Léon XIII et de Rome. Le lendemain il fit pour la zélatrice une

se PAPE OR

238 L'ŒUVRE DEs CONGRÈS EUCHARISTIQUES

a nn. Si

lettre d'introduction près des évêques de Belgique

et de Hollande; il écrivit au cardinal-archevêque

de Malines et rédigea une supplique au Saint-Père. Voici d'abord la lettre au cardinal Dechamps :

Paris, le 28 août 1880. En la fête de Saint-Augustin. « Eminentissime Seigneur,

» J'ose appeler toute la bienveillance de Votre Eminence sur la pieuse dame qui aura l'honneur de déposer à vos pieds la présente lettre aCCompagnée d'une supplique au Très-Saint-Père.

Mie °° est originaire de T... et aeu le bonheur de connaître intimement le saint M. Dupont, dont l'admirable réputation de sainteté et de miracles est sans doute parvenue jusqu'à vous. Je connais Personnellement cette pieuse dame depuis une dizaine d'années, et je puis, en toute assurance, [a présenter à Votre Eminence comme une vraie servante de Dieu, qui ne vit que pour sc. amour, et consacre tout ce qu'elle a et tout ce qu’elle est : gloire du Très Saint-Sacrement.

» Une grande pensée la poursuit depuis longtemps, pensée qu'un vénérable missionnaire des Etats-Unis, Mgr Dubuis, évêque de Galveston, à soumise à Sa Sainteté le pape Léon XIII, qui a été pleinement louée et approuvée et qu'elle vient soumettre à Votre Eminence dans l'espoir qu’elle voudra bien la bénir aussi, et s’en faire le protecteur.

Si Votr- Eminence n'y voit pas d’inconvénient, Jj'oserai la prier à recommander cette grosse affaire au zèle aposto-

RS

lique et de la piété siconnue du Très Saint Père, qui, voyance la possibilité pratique d'une institution de ce genre, accordera très probablement les encouragements que nous lui demandons. Les menaces du temps présent sont favorables, si je ne me trompe, à toutes ces grandes pensées de prière, de foi et de forte piété.

» Baisant avec respect la pourpre sacrée de Votre Emi. nence, j'ai l'honneur de lui renouveler l'hommage de mon dévouement le plus affectueux.

Louis Gaston pe Sécur, Chanoine Évêèque de Saint-Denis.

Voici maintenant la Supplique au Saint-Père :

« Paris, 29 août 1880,

« Très Saint Père,

» Il ÿ a environ un an, un digne et zélé évêque-missionnaire des Etats-Unis d'Amérique, Mgr Dubuis, de Galveston, avait l'honneur d'exposer à Votre Sainteté qu'un grand nombre d’ecclésiastiques et de laïques très pieux mûrissaient depuis quelque temps la pensée de raviver dans le monde, au moyen des Œuvres Eucharistiques, l’amour et le culte du Très Saint Sacrement. Ils pensaient que de grands Congrès rassemblés tantôt dans un pays, tantôt dans un autre, sous la direction de NN. SS. les évêques et avec la suprême Bénédiction du Père commun des fidèles, seraient le moyen le plus simple et le plus efficace de grouper ensemble tous les hommes de foi plus spécialement dévoués au culte de l’adorable Eucharistie, de se connaître entre eux, d’échan-

240 L'ŒUVRE DEs CONanès EUCHARISTIQUES

mess maman

ger leurs vues et leurs Projets, de répandre partout la con. naissance (!:s œuvres déjà existantes et de les développer peu à peu par ]a sainte contagion de l'exemple, En France, OR a commen partiellement la réalisation de ce grand pro.

um tn

jet, qui : p::'. tement réussi, à Avignon d'abord, puis à Douai, w à" °rney ; de grandes Assemblées ont eu lieu etilez ::: ul’; un grand bien,

L'agit ‘io, r iv lutiounrire de lu Pauvre France ne rend guère po: lle à ourd'huj la reprise de ces saints Congrès Euchariati, 05 :::. 'sique, plus libre, plus indépendante vis .\i: 4. voirs oppresseurs, pourrait très probablement, si À \. =: les évêques le trouvaient bon, re-

prendre er sous-uu: ;« cette grande pensée de foi, et, soit à Bruxelles, soit à Liège où les gloires du Saint-Sacrement ont brillé davantage, tenir une nouvelle Assemblée du même genre.

» Ce serait peut-être, Très Saint Père, un des moyens les plus eflicaces de raviver le zèle de la foi et de la piété dans ces populations encore si bonnes et dans ce clergé encore si catholique.

» Peut-être même, bourrait-on procurer le même bien aux catholiques si fervents d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande à ceux de la Suisse et de la Haute-Italie, de l'Espagne, et plus encore de l'Amérique et du Canada,

» Mais Votre Sainteté comprendra que, pour obtenir de nos vénérables évêques, un assentiment si désirable, le Comité Promoteur et directeur de ce Mouvement de foi a besoin des encouragements et de la souveraine approbation du Saint-

» C’est cette grâce que j'ose supplier le Vicaire de Jésus- Christ de nous accorder avec une bienveillance toute apos-

n- tolique ; et, dans l'espoir d'être très favorablement exaucé, r en ma qualité de Président de l'Association Catholique de », Saint-François de Sales, je viens humblement me prosterner . aux pieds de Votre Sainteté, et Lui demander de bénir à d'une manière générale la pensée de ces Congrès Eucharis. î

tiques Internationaux, et en particulier la pensée d'un Congrès en Belgique, si toutefois les évêques de cette catholique contrée la jugent opportune.

» J'ai l'honneur d'être, Très Saint Père, avec un religieux respect,

» De Votre Sainteté, » Le fils et serviteur très humblement dévoué,

» Louis Gaston DE SÉGuR.

Chanoïine Evéque de l'Insigne Chapitre de Saint-Denis, Président sénéral de l'Association catholique de Saint François de Sales,

Le 30 août, la zélatrice du Très Saint-Sacrement, le promotrice des Congrès Eucharistiques Internationaux partait pour Bruxelles, M. de

Pèlerin l’accompagnait « de ses vœux et de s-

prières » :

« Courage et confiance ! Puisque Mgr de “égur a daigné prendre le gouvernail en main pour be re: droit, comme autrefois saint Pierre allant à Notre-s-igneur. marchez, s’il le faut, sur les flots, pour suiv:- son isnpulsion et con-

tribuer en tout Votre pouvoir à ja gioire du theu-Eucharis. tie. Tous les jours, j'ose vous le promettre je vous suivrai

es

de mes vœux et de mes prières. Les flammes sont à l'édifice social, ne craignez pas de crier et de répéter : au feu ! au feu ! Vous n'êtes rien par vous-même, mais, comme le grand apôtre, vous pouvez tout en Celui qui vous fortifie 1, »

Page 1