Lettre du 2 juin 188r
286 L'ŒUVRE DÉS CONGRÈS EUCHARISTIQUES mm —— de son visage devint sévère... « Quand Dieu nous appelle, ne faut-il pas rép: ndre ? »
Le 5, le vénéré malade reçut l’Extrême-Onction. I dit à M. de Benque avec son effusion coutumiète qu'il bénissait la servante de l'Eucharistie et qu'il voudrait la revoir pour la béair encore. Le. 8, M. l'abbé Diringer, son secrétaire intime, éerivit à Mie ** que Mgr ne passerait point sans doute lu journée. À la fin des prières des agonisants, on ’ entendait murmurer l’Alleluia de la délivrance. Le, il rendait à Dieu son âme si profondément imprégnée des aromes de la sainte Hostie. « Je meurs, disait-il dans son testament, comme j'ai vécu, dans l'amour du Très Saint-Sacrement de l'autel... Je
désire être enseveli en aube et en chasuble blanche,
en signe de mon ardent amour envers la Sainte Eucharistie et la Bienheureuse Vierge... Sur la boîte de plomb qui renfermera mon cœur, on gravera ces mots : Jésus, mon Dieu, je vous aime et vous adore de loule mon âme au Très Saint-Sacrement de l'autel. »
Pendant quinze années, cet évêque, ce tertiaire de Saint-François d'Assise qui signait ::« Frère François-Marie du Saint-Sacrement », s'était levé toutes les nuits, pour adorer, enveloppé d’une coule mo-
nastique, uniforme sacré de celle garde céleste ! », une heure durant, snnvent davantage, Jésus dans le Tabernacle, en réparation d'un sacrilège commis par deux de ses pénitents.
D'autre part, on se souvient qu'un jour il avait écrit à Mie ** . { I] me semble que si j'étais Pape, le zèle de l'Eucharistie et la Communion non seulement fréquente mais quotidienne serait l’objet dominant de tout non pontificat. Le Pape qui fera cela sous l'impulsion de l'Esprit-Saint, sera le rénovateur du monde. »
D'avoir signé de sa main presque mourante les lettres d'invitation adressées à tous les évêques de l'ancien et du nouveau monde pour le premier Congrès du Saint-Sacrement, ce fut son dernier acte et sa dernière joie sur la terre, une joie eucharistique. Nous pouvons bien ajouter à coup sûr que son nom,
Pariout connu, partout vénéré, son nom très aimé. Louis-Gaston-Adrien de Ségur, n’a pas été étranger au grand succès de cette admirable entreprise.
Les lettres de sympathie, d'encouragement, de
—— mn,
1, Le mot est du marquis de Ségur, frère du défunt, dans une
notice lue au Congrès de Lille par le comte de Nicoiaï, p. 463 du volume, E
bénédiction, d'adhésion ne t rdèrent pas, et elles dépassèrent toutes les espérances. D'après le biographe de Philibert Vrau, les organisateurs du Congrès n'avaient espéré qu'une centaine d'adhérents, au maximum. Il en vint plus de trois cents!. Citons les principaux : tout d’abord Mgr Monnier, évêque de Lydda, vicaire capitulaire de l’archidiocèse, lequel a autorisé le Congrès; — un peu plus tard, Mgr Duquesnay, évêque de Limoges, qui n’est pas Lacore élu archevêque de Cambrai, lui donnéra son
approbation plénière ; — le cardinal Guibert, arche-
vêque de Paris, et son coadjuteur, Mgr de Larisse ; les archevêques d'Avignon et de Besançon; les évêques d’Arras, de Beauvais, de Blois, de Grenoble, de Langres, de Luçon, de Nantes, de Nevers, de Soissons. Plusieurs autres évêques de France qui n’ont pas écrit, s’y feront représenter par des délégués spéciaux ; tel, l’évêque de Nancy. Parmi les adhérents de l'Italie et de la Sicile, il faut citer les cardinaux Chigi, Alimonda, de Canossa, l’archevêque de Ferrare, l'archevêque de Modène, l'évêque de Parme et celui de Caltanisetta, d'autres encore. Le P. Tezza, religieux de Saint Camille de Lellis,