Mgr Baunard. Philibert Vrau, p
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EN MARCHE VERS LES CONGRÈS EUCHARISTIQUES 283. a ——————————__————__————
« Ge mot d'encouragement » ne tarda pas, en effet. I! partit de Rome, le 16 mai, à l’adresse de Mgr de Ségur, et il disait :
« Il convient à la dévotion des fidèles de célébrer solennellement le souvenir de l'institution d’un si salutaire et si admireble Sacrement. Ainsi nous vénérerons le mode ineffable par lequel Dieu est présent dans ce Sacrement visible. Ainsi nous louerons la puissance divine qui opère tant de merveilles dans ce même Sacrement. Ainsi encore nous rendrons à Dieu les actions de grâces qui lui sont dues pour un si salutaire et si suave bienfait {Saint Thomas d’Aquin, opusc. 57). C’est pourquoi, chers fils, nous vous accordons avec une affection spéciale la Bénédiction apostolique à vous et à tous ceux qui assisteront à ce Congrès.
» Léon XIII, pape. »
L'appel du Comité d’organisation, signé par Mgr de Ségur et deux secrétaires, MM. de Nicolaï et
Champeaux, est très beau. L'idée internationale du
Congrès y apparaît comme en plein jour. Ce n’est
pas seulement la France =ui souffre, c’est la société
chrétienne tout entière. Le déchaînement d'une
haine tracassière et oppressive contre l’Église est tel
qu'il n’y a point de force humaine capable de l’arré-
ter. Il y faut une force surnaturelle, l'intervention
même de Dieu, ni plus ni moins, et c’est aux catho-
ne LE es
liques à la provoquer. Or, tontes les nations étant coupables, toutes doivent participer à cette amende honorable, sorte d’expiat'on solennelle, qui sera pour elle, à n’en pas douter, rénovatrice. Et le Comité convie à cette grande réparation par l'Eucharistie tous les chrétiens qui ont au cœur l'amour du Saint-Sacrement. D'abord ils se connaîtront, puis ils se feront connaître les Œuvres eucharistiques déjà existantes, et la sainte contagion de l'exemple en suscitera de nouvelles. Une autre lettre ai:nonce aux évêques des deux mondes le Congrès et le recommande à leur piété et à leur zèle. Une troisième sollicite des communautés religieuses le secours inappréciable de la prière.
La zélatrice du Saint-Sacrement qui s'était mise à Paris au service de Mgr de Ségur et de M. de Benque, émit un jour cette idée : « Puisque toutes les nations sont convoquées au Congrès, ne Pourrait-on pas y convoquer les Juifs, nation dispersée, — le Vendredi
Saint l'Église invite les baptisés à prier pour eux —
au moins les juifs convertis ? Est-ce que les Congrès Eucharistiques ne seront Pas comme une réconciliation de tous les peuples, une sorte de jubilé mondial, un signal d'uriversel pardon? » — « Excel- - lente idée et bravo ! répondit Mgr de Ségur déjà
frappé à mort. Les Juifs convertis sont « les plus braves et les plus forts des chrétiens. » Et les noms des Ratisbonne, des Hermann, des Lémann, de bien d'autres, montaient aux lèvres. — « J'applaudis, écrivait de son côté M. de Pèlerin, à l'invitation des Juifs convertis. M. Joseph Lémann est un éloquent prédicateur. de la communion fréquente. Mais cette excellente idée ne pourrait-elle pas recevoir une application plus large encore? Les luthériens, les calvinistes, les schismatiques, forment aussi de grandes fractions du monde et chacune d'elles compte dans son sein d'intrépides champions de la foi catholique, brûlant aussi du désir de ramèner à
Pierre et au Dieu de l'Eucharistie leurs anciens
coreligionnaires!... » On consulta le P. de Ratisbonne, l'aîné, lequel ne fut point de cet avis, et l’on en resta là.
Cependant Mgr de Ségur s’acheminait vers la tombe. Le 4 juin, Mgr Richard rencontre Mie *** et il Jui dit : « J'ai vu hier Mgr de Ségur. Il ‘n'y a plus d'espoir. » La zélatr laisse échapper un « ah! » si douloureux qu'il parut sans doute au pieux coadjuteur un peu trop humain. L'expression