‹ L'œuvre dramatique de H. BerliozChapitre 26 sur 30 · ÉNÉE · texte numérisé non relu

ÉNÉE

aux dieux, je pars

et je

Mais pour vous aime !

mourir [

Didon se redresse, tremblante de colère et folle de désespoir :

Ne sois pas par mes cris plus longtemps arrêté :

Monstre de piété! .

Va donc! va! je maudis et tes dieux et toi-même!..

Elle sort après avoir proféré cette imprécation. Un long treraolendo des cordes gronde sinistrement : le rythme du départ reparait dans l'orchestre; Énée, qui est resté un instant immobile, se dirige lentement -vers les vaisseaux. <( Italie ! Italie ! » répètent les voix

Les TROYëNS. 339

des Troyens prêts à couper les câbles... Une lueur blanchit à l'horizon, sur la ligne obscure de la mer. Le signal est donné, et, sur un dernier cri des matelots: « Italie! i>'la marche troyenne fait retentir sa fanfare de victoire, qui se déroule glorieusement dans l'allégresse éclatante de l'orchestre*.

Le premier tableau du cinquième acte représente une salle du palais de Didon....La reine, étendue sur sa couche, ayant Anna et Narbal auprès d'elle, se lamente, en proie à une désolation sans bornes. Cependant elle ne peut croire qu'Énée hit déjà quitté le port, sans attendre le lever du jour. Enflammée par sa

1. Cet admirable duo — qui n'est pas un duo — (c Errante sur tes pas » a été, bien entendu, supprimé dès la deuxième représentation. 11 ne reste qu'un petit nombre d'exemplaires de la partition chant et piano où il soit conservé. D'ailleurs^ il existe au moins trois versions différentes de cette partition, l'une plus mutilée que Tautre. La plus incomplète est presque la seule connue maintenant.

3i0 L'CEUVRE DRAMATIQUE DE BERLIOZ.

fatale passion, elle s'attache aux moindres espérances; elle s'humilie, elle conjure Anna d'aller trouver le chef troyen, d'obtenir de lui qu'il retard'e son départ, qu'il consente seulement à la revoir : « Va, ma sœur, l'implorer... de mon âme abattue l'orgueil a fui... i^ Anna soupire et s'accuse d'avoir encouragé le funeste amour de la reine; mais c'était là l'inéluctable volonté des dieux... eux seul^ commandent^ il est vain d'espérer échapper au destin...

Hélas! moi seule fus coupable En vous encourageant à former d'autres nœuds ! Peut-on lutter contre les dieux !

Son départ est inévitable.,.

Et pourtant il vous aime...

— Il m'aime ! s'écrie Didon avec amertume:

Ah ! je connais Tamour, et si Jupiter même M*eût défendu d'aimer, mon amour insensé De Jupiter braverait Tanathème !...

L'accompagnement est palpitant de douleur

et d'angoisse... Des gémissements entrecoupés s'élèvent de l'orchestre. Jaiwisla musique n'a pleuré de la sorte... Didon poursuit :

Mais va, ma sœur, allez, Narbal, le supplier,

Pour qu'il m'accorde encore Quelques jours seulement... humblement je Timplore... Ce que j'ai fait pour lui, pourra-t-il l'oublier?... Et repoussera-t-il cette instance suprême De vous, sage Narbal, de toi, ma sœur, qu'il aime ! . . .

La mélodie de ces vers est d'une cruelle tristesse ; l'harmonie sanglote , et ce dernier mot : De toi^ ma sœur^ qu'il aimCy a un accent déchirant que rien ne peut rendre...

Brusquement lopas se précipite dans la salle : les Troyens sont partis, les voiles de leurs vaisseaux disparaissent à l'horizon.

« Dieux immortels!... s'écrie Didon, il part!

Armez-vous, Tyriens, Carthaginois, courez ! ... »

Des accords stridents éclatent au milieu

des imprécations de la reine abandonnée...

et soudain : « Que dis-je?... impuissante fu-

reur ! . . . Subis ion sort, et désespère ! Dévore ta douleur, ô malheupeuse !...)) Non, Gluck n'apas d'exclamation plus sublime ! le cri d'Alceste : mes enfants ! n'est pas plus émouvant que ce cri de Didon : malheureuse ! caractérisé par une modulation saisissante en sol majeur. Les quatre syllabes accentuées sont prononcée»

sur le ré de la clef de sol, et la dernière sur 1ère à l'octave au-dessous; l'harmonie, d'une grande simplicité, se réduit à deux acccords parfaits avec renversement sur le ré rré — sol — si, suivis de l'accord de septième de dominante.

Après l'accablement et le désespoir, la fureur se déchaîne de nouveau : € Et voilà donc la foi de cette âme pieuse ! J'offrais un trône !... Ah! je devais alors exterminer la race vagabonde de ces maudits.

. Et disperser sur l'onde Les débris de leurs corps !

C'est alors qu*il fallait prévoir leur perfidie,

Livrer leur flotte à l'incendie, £t me venger d*Ënée, et lui servir enfin Les membres de son fils en un hideux festin!... Â moi, dieux des Enfers!... L'Olympe est inflexible: Aidez-moi ! que par vous mon cœur soit enflammé D'une haine terrible,

Pour ce fugitif que j'aimai!... ^

Un dessein sinistre se forme dans sa pensée.

Elle se tourne vers Anna :

Du prêtre de Pluton qu'on réclame l'office !

Pour apaiser mes douloureux transports, A l'instant même offrons un sacrifice

Aux sombres déités de l'empire des morts...

Qu'on élève un bûcher ! Que les dons du perfide,

Et ceux que je lui fis, dans la flamme livide, Souvenirs détestés, disparaissent...

1 . Ces imprécations de Didon, comme musique et comme texte, sont une traduction presque littérale de la poésie virgilienne :

.... « Proh Jupiter, ibit Hic, ait, et nostris. illuserit advena regnis ! Non arma expédient, totaque ex urbe sequentur, Deripientqae rates alil navalibus 1 ite, Ferte citi flammas, date vêla, impellite remos ! Quid loiiuor?aut ubi sum? qu» mentem insania mutât? Infelix Dido? nunc te facta impia tangunt.

Anna, Narbul et lopas se retirent. Didon parcourt la scène, en proie au plus violent désespoir : alors commence l'admirable récitatif mesuré : Je vais mourir y qui est un des chefs-d'œuvre de la déclamation lyrique; de lugubres répliques de la clarinette basse suivent ou accompagnent le trémolo serré des instruments à cordes :

— Je vais mourir !

Dans ma douleur immense submergée...

Et mourir non vengée !...

« Mourons pourtant! — oui, puisse-t-il frémir à la lueur lointaine des flammes de mon bûcher !. . S'il reste en lui quelque chose d'hu-

Tum decuit, quum seeptra dabas. En dextra fidesque I Quem secum patrios alunt portare Pénates, Quem subiisse humeris confectum aetate parentem ! Non potui abreptum divellere corpus, et undis Spargere? non socios, non ipsum absumere ferro Ascanium, patriisque epulandnm apponere monsis? »

Enéide, livre IV.

main, peut-être il pleurera sur ma cruelle destinée.. »

Lui» me pleurer !. . . Énée ! Énée !

Oh! mon àme te suit !

A son amour enchaînée, Esclave, elle l'emporte en réternelle nuit!...

A ce cri succède Temportement de la passion furieuse :

Vénus ! rends-moi ton fils !

Une réponse inexorable retentit dans la basse... Didon pleure et tord ses mains tremblantes.

Inutile prière D*un cœur qui se déchire!... A la mort tout entière, Didon n'attend plus rien que de la mort!...

Toute cette page est pleine d'une douleur indicible ; ce ne sont plus des notes et des paroles, ce sont des larmes et des sanglots.

Didon adresse un dernier adieu à la vie, à

tout ce qu'elle a aimé avant l'heure fatale où Énée lui est apparu ...

Adieu, fière cité, qu'un généreux effort Si promptement éleva florissante !

Cet adagio est une des plus belles inspirations de Berlioz. La clarinette l'accompagne de sa plainte mélodieuse, et le rythme, marqué par les cors, s'accuse en un glas mystérieux. Didon songe à sa ville, à son peuple, à sa sœur dévouée... Elle regarde encore une fois cette nature splendide, ce ciel qu'elle ne reverra plus, et le souvenir lui revient de cette nuit pleine d'étoiles où sa voix et celle d'Énée s'unirent dans un même cantique d'amour... Le thème de l'admirable duo du troisième acte reparaît, doucement murmuré par la voix de la reine et soutenu par le bercement suave des altos :

Nuit dUvresse et d'extase infinie...

A cette sublime réminiscence, il est impos-

sible de ne pas céder à réraotion... Voilà bien la Didon de Virgile, cette désolée dont les gémissements ont traversé les siècles... Voilà bien la douleur, telle que nous l'a montrée la Grèce antique, dans le groupe immortel de Niôbé, dans les regrets d'Iphigénie avant le sacrifice. Le plus grand éloge que l'on puisse faire de l'œuvre de Berlioz, c'est de l'égalera de pareils modèles. Tant qu'il y aura des âmes humaines capables de comprendre le beau, ces âmes seront émues par le cinquième acte des Troyens.

La scène change; le théâtre représente les jardins de Didon au bord de la mer. Un bûcher a été élevé ; les présents d'Énée y sont déposés. Les prêtres de Pluton procèdent aux rites delà cérémonie funèbre. Ce chœur, en ut dièze mineur :

Dieux de l'oubli, dieux du Ténare,

est empreint d'une sombre grandeur. Le pianissimo des cuivres y produit un effet extraordinaire, accompagné ^Sivlespizzicati des cordes graves. Anna et Narbal, le bras droit étendu vers la mer, prononcent la formule de l'imprécation qui doit dévouer Énée aux dieux infernaux :

b*il faut enQa qu'Ênée aborde en Italie, Qu'il y trouve un obscur trépas !

Que le peuple Latin à TOmbrien s*allie

Pour arrêter ses pas !

Percé d'un trait vulgaire, en la mêlée ardente, Qu'il reste abandonné sur l'arène sanglante, Pour servir de pâture aux dévorants oiseaux !

Et le chœur reprend :

Des profondeurs du noir Tartare, Entendez-nous, Hécate ! Érëbe ! et toi, Chaos !

Après un court récitatif de Didon, le motif du chœur des prêtres est murmuré de nouveau par les violons avec sourdines. La reine monte

sur le bûcher... Sur l'harmonie dissonante des clarinettes et du cor anglais, elle gérait, d'une voix à peine distincte :

D'un malheureux amour funestes gages,

Dans la flamme emportez avec vous mes chagrins !...

Elle se prosterne sur le lit et l'embrasse avec des sanglots convulsifs; loutà coup, se relevant, elle saisit l'épée d'Énée, tandis que les basses lancent, fortissimo, les deux premières mesures du chœur des prêtres de Plu ton. Les violoncelles grondent, les bois font entendre un appel rapide...

Mon souvenir vivra parmi les âges, Mon peuple accomplira d'héroïques destins !

Un jour, sur la terre africaine, Il naîtra de ma cendre un glorieux vengeur !

J'entends déjà tonner son nom vainqueur !

Annibal ! Ânnibal !

Elle jette la tragique prophétie au milieu des traits frémissants des ' cordes, des phrases

menaçantes que proclame l'orchestre entier...

D'orgueil mon âme est pleine!...

C'est ainsi qu'il convient de descendre aux enfers !

Elle se frappe de Tépée... La foule se précipite sur le théâtre avec des clameurs d'effroi; Anna s'élance vers sa sœur expirante et cherche à la ranimer. Didon se relève à demi, l'œil hagard, comme fixé sur une vision surnaturelle. . . un sourd tremblement agite les instruments à cordes... la reine prononce des paroles entrecoupées :

Des destins ennemis implacable fureur !...

Carthage périra...

Elle se dresse debout sur le bûcher... une fanfare lointaine se fait entendre... Sur une toile de fond, le Capitole romain apparaît dans une gloire...

Rome!... Rome!... immortelle!...

Elle tombe morte. Les harpes vibrent, et,

superbe, irradiée, fulgurante, la Marche triomphale troyenne s'élève de l'orchestre. Et tandis que les Tyriens répètent le serment terrible de Carthage, le serment de haine et de mort, l'hymne de la ville éternelle monte et rayonne, planant sur les cris de vengeance, et résumant toute l'épopée romaine dans son éblouissante splendeur.

La réhabilitation artistique de Berlioz a été glorieuse, et, si peu de musiciens ont souffert comme lui, il n'en est guère non plus qui se soient vus accueillis avec l'enthousiasme qu'inspirent maintenant ses œuvres. Pauvre grand Berlioz! S'il lui était donné de revivre quelques heures parmi nous, d'assister à l'une de ces exécutions de la Damnation de Faust où la vaste salle du Ghâtelet est trop étroite pour contenir la multitude de ceux qui viennent écouter et applaudir, comme il serait

payé de ses épreuves et des amertumes de sa vie ! Dès que les portes sont ouvertes, le théâtre est envahi; un bruit confus emplit la salle, partout règne une fiévreuse impatience. Mais soudain le tumulte s'apaise, le chef d'orchestre a fait un signe, et l'harmonieux murmure des altos s'élève dans le recueillement de la foule. Et toutes les voix de l'orchestre semblent s'éveiller; tout vibre, tout chante... Bientôt les cordes grondent, des fanfares guerrières scandent le rythme de la Marche hongroise^ les cuivres éclatent en sonorités foudroyantes ; le frémissement des batailles plane sur la salle tout entière, et quand l'orchestre jette au public haletant les derniers accords de l'hymne victorieux, les applaudissements retentissent, mille fois répétés, dans une immense acclamation.

Il semble que le public parisien ait à cœur de prouver la sincérité de sa conversion à

regard de la musique de Berlioz. 11 a conscience de s'être trompé longtemps, d'avoir été injuste, d'avoir condamné une noble intelligence à des luttes douloureuses, au malheur, au désespoir. 11 sait que Berlioz est mort tué par l'indifférence de ses compatriotes. Aussi, dans cet extraordinaire enthousiasme, dans ces transports fanatiques de la foule, l'observateur attentif devine quelque chose de plus que l'admiration provoquée par les beautés de l'œuvre. Ces beautés sont parfois trop hautes pour être aisément goûtées ; le public ne fai t parfois qu'entrevoir confusément le véritable sens des effets employés par le compositeur.

Mais il tient à rendre un solennel hommage à Berlioz méconnu, et uïie grande pensée de réparation se dégage de ses applaudissements et de ses bravos.

La critique a été moins bien inspirée; ses jugements peuvent se classer en deux groupes

distincts. Parmi les écrivains qui traitent des choses de la musique, beaucoup considèrent Berlioz comme un réformateur extrêmement timoré; volontiers ils le déclarent « le plus original des symphonistes » ou < le plus lyrique des musiciens »; mais ils lui reprochent de n'avoir ni brisé la forme vieillie de Vopéra^ ni ouvert à l'art des voies vraiment nouvelles. Ils n'admettent que deux systèmes en présence, deux écoles, deux noms; pour eux, la lutte demeure toute entre l'opéra de Meyerbeer et les drames du maître de Bayreuth, entre les Huguenots et Parsifal.

Tandis que ces critiques jugent insuffisantes et bornées les idées de Berlioz, de ce musicien accusé jadis de violer les traditions les plus sacrées de l'art, d'autres, au contraire, — et, par malheur, les plus influents, — en sont encore aux théories officielles de 1828... Ils ne veulent pas de Berlioz ; ils signalent ses

œuvres comme dangereuses. Grâce à leurs efforts, les drames de Berlioz ont été et sont toujours systématiquement écartés de l'Opéra. Ces musiciens et ces critiques sont les mêmes qui ont nié Carmen et exilé Sigurd. Us n'osent plus condamner Berlioz à voix haute; ils décernent au maître disparu des éloges d'une sincérité médiocre et d'une banalité parfaite, mais ils tremblent de voir certaines de ses œuvres, encore ignorées de la foule, sortir rayonnantes d'un oubli immérité, et, par leur seule apparition, ébranler des gloires douteuses et des renommées de mauvais aloi.

L'envie et la haine n'ont pas été désarmées par la mort de Berlioz ; elles s'attachent encore à quelques-unes de ses partitions, elles poursuivent ses élèves, les compositeurs suspects d'admiration pour l'auteur des Troyens.

De ces deux opinions dominantes de la critique, la première est la seule qui mérite que

l'on s'y arrête. Nous la croyons exagérée, et nous sommes convaincus que Berlioz a exercé une influence très-grande sur la musique contemporaine ; son rôle et sa place resteront nettement marqués. D'ailleurs, Berlioz est im- . mortel, toute question de forme mise à part, parce qu'il a su exprimer le sentiment vrai, la passion vraie. Les écoles sont de leur nature exclusives, et partant injustes, bien qu'elles fassent œuvre utile en rendant possibles des réformes nécessaires, et en canalisant des efforts isolés qui, hors d'elles, se perdraient peut-être sans atteindre leur but. La postérité, tout au contraire, sera juste et large à la fois; ce qu'elle cherche dans l'art, c'est une expressionnette et supérieure dessentiments humains, des émotions de râme,des sublimes idées de l'esprit. Chaque artiste occupera son rang, chaque œuvre sera jugée au double point de vue de l'Idéal et de la Vérité, mais jamais

l'avenir n'adoptera une école, même grande et féconde, à l'exclusion de Joutes celles qui l'ont précédée ou suivie.

Nous n'avons nulle envie de faire intervenir en art les questions de nationalité : l'Art est le patrimoine commun de tous les peuples et de toutes les époques. Les mœurs et les idées varient suivant les pays ; les civilisations se transforment et se renouvellent; seul, le cœur de l'homme ne change pas. Celui-là est artiste, qui a su le toucher et y faire naître l'émotion sainte du Beau, émotion qui ne se définit point, mais qui répond à des aspirations vraies, aussi grandes, aussi éternelles que l'âme elle-même. Celui-là est Phidias, Raphaël, Shakspeare, Corneille, Beethoven.

Mais, si l'Art n'a pas de patrie, l'artiste en a une, et ses concitoyens doivent saluer son nom avec une pieuse reconnaissance. Qu'il nous soit permis d'appliquer ces considérations à la mé-

moire d'Hector Berlioz. Aujourd'hui surtout, la France doit se montrer attentive à sa propre gloire; elle doit rendre à l'un de ses enfants les plus illustres une justice trop longtemps désirée. Les jours prédits sont venus, le musicien triomphe dans son œuvre... voici l'heure de la consécration publique de sa renommée. Bientôt, nous l'espérons, Berlioz sera acclamé de tous : tous le revendiqueront, tous auront droit de le faire. Il n'est pas à un groupe, il n'appartient pas à une école. Berlioz est à la France.

NOTES ET COMPLEMENTS

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