‹ L'œuvre du Marquis de SadeChapitre 3 sur 28 · PORTRAIT FANTAISISTE DU MARQUIS DE SADE · texte numérisé non relu

PORTRAIT FANTAISISTE DU MARQUIS DE SADE

par H. BiBERSTEIN

(D'après la reproducti(jn publiée en frontispice de la Correspondanre de .!/'"'•' Gourdan. Edition 1866)

IMUODICTION 33

<< Zcnocrale à IMioloc. Il envoie (prises dans les cahiers) les anecdotes et cl!jni<>l<\ifics ; celle de Miranias termine les anec- «lotcs — des mots — et des hisloricllcs.

« IMioloé à Zénocrate. Kile part et se rend à Paris pour le couronner (1). »

Le marq.iis de Sade s'est toujours beaucoup préoccupé des questions théâtrales. Nous avons de lui une lettre datée de 1772 adressée à M. (iirard, père de Philippe de Girard et qui fut, au moment du sacre de rKnipereur,le président de l'assemblée cantonale de Cadenet (Vaucluse).

La lettre du marquis de Sade montre qu'il fit représenter une comédie le lundi 20 janvier 1772. Voici la lettre telle qu'elle a paru dans la Pclile Gazelle Aplcsicnnc au 11 décembre 1911 :

« l^a dernière fois que l'on jouai (sic) la comédie chez moi, monsieur, j'avais chargé plusieurs messieurs de la Coste et de Loumarin de vous témoigner tout le plaisir que vous me feriez d'y venir; je n'ai pas encore été assez heureux pour vous posséder chez moi ainsi que je le désire avec ardeur; pourrais-je me flatter si l'occasion d'une comédie que j'ai faite et qui doit se représenter le lundi 20 du courant et pour laquelle je souhaite beaucoup votre jugement, pouvait enfin me procurer le plaisir que je désire depuis si longtemps de faire connaissance avec vous; des spectateurs et des juges aussi éclairés que vous, monsieur, sont prélieux (sic), et je ne vous cache pas que vous me feriez vraiment peine de vous refuser à l'empressement que j'ai de vous posséder ce jour-là. Sans le mauvais temps, j'aurais été vous en prier chez vous; j'espère que la saison, bientôt moins rigoureuse, me mettra à mesure de vous cultiver davantage et de réparer le tort que j'ai eu de ne pas jouir plus tôt d'une aussi agréable société.

« Je suis très parfaitement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

« Sade.

« Ce 15 janvier 1772. w

Il consacra au théâtre un volume du Porle feuille d'un homme de Icllres; il a écrit un grand nombre de pièces qui, pour la

(1) Les citations concernant le Porle/euHte d'un homme de lettres Paient inédites.

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plupart, sont énumérées au catalogue de la Bloifraphie Michaucl et qui, par conséquent, doivent se trouver encore aux mains de la famille de Sade. Au f" 450 du manuscrit de la Hibliolhèque nationale, le marquis de Sade énumère trois de ses pièces dont on ne connaissait même pas jusqu'ici les titres : L'Inconslanl, comédie en 3 actes et en vers; La Double Epreuve ou le Prcroriealeur, comédie en 3 actes; Le Mari Crédule ou la Folle Epreuve, comédie en un acte et en vers libres.

Aux ff. 452 verso et 453, il donne un aperçu de sa pièce La liuse d'Amour que la Biographie Miehaud mentionne sous le titre « L'Union des Art.s, ambigu dans le genre de celui que d'Aigucbelle donna en 1726 et de celui qui est imprimé dans les œuvres de Morand. La pièce du marquis de Sade en comprend cinq, dont la première sert de prologue ou de liaison aux autres : Les liuses d'Amour, comédie épisodique en un acte en prose ; Euphémie de Melun ou le Siège d'Alger, tragédie en un acte en vers ; L'' Homme dangereux ou le Suborneur, comédie en un acte en vers de dix syllabes, reçue au Théâtre Favart en 1790 ou 1791 ; Azelis ou la Coquelle punie, comédierfëerie en un acte en vers libres, reçue au théâtre de la rue de Bondi en 1790. Le tout se termine par un divertissement ». 11 y a encore La Fille Malheureuse que la Biographie Miehaud ne mentionne point. Voici, au demeurant, la notice du marquis de Sade sur son ouvrage La Buse d'Amour (1) :

« Un jeune comte, épris de la fille d'un homme qui demeure dans une terre près de Paris, et sachant qu'on est à la veille d'accueillir Mondon, vieux rival fort riche, imagine de troubler ce projet... Il arrive dans son château [le château du père] avec une troupe de comédiens très considérable. Il lui offre de donner des fêtes, bien résolu de profiter de la liberté que lui laisserait le spectacle peur enlever sa maîtresse ou se défaire de son rival ; le père accepte et [un mot illisible] de se mêler lui et sa société à la troupe du jeune comte déguisé en comédien pour exécuter de concert la fête projetée... Le jeune comte, qui veut se distinguer dans tous les genres, espérant que plus il variera, plus il trouvera d'occasions de réussir..., offre de donner et donne une tragédie en un acte intitulée Euphémie de Melun ou le Siège d'Alger, en alexandrins.

(1) Note inédite.

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