‹ L'œuvre du Marquis de SadeChapitre 6 sur 28 · ROYER-COLLARD, D. M · texte numérisé non relu

ROYER-COLLARD, D. M

« On a pu s'étonner, ajoute le docteur Cabanes, que la police pût ainsi pénétrer dans un établissement destiné au traitement des aiïcctions mentales, et, à ce propos, il ne sera pas inutile de rechercher quelle était, au moment où le marquis y subit sa détention, la destination réelle de la maison de Charenton.

« Nous ne saurions mieux faire, pour nous renseigner, que de nous adresser à l'homme qui fait autorité en ces matières, à l'aliéniste Esquirol. Dans un ouvrage resté classique, Esquirol a donné l'historique très complet de l'établissement où avait été enfermé, par mesure d'ordre public, le marquis de Sade. Nous allons lui emprunter les éléments principaux de son lumineux travail (1).

« Deux ans après la suppression de l'établissement, le 15 juin 1797, le Directoire exécutif avait ordonné que l'hôpital de la Charité de Charenton serait rendu à sa première destination ; qu'il serait pris, dans l'ancien local des frères de la Charité, toutes les dispositions nécessaires pour établir les moyens de traitement complet pour la guérison de la folie ; que les aliénés des deux sexes y seraient admis ; enfin que l'établissement serait sous la surveillance immédiate du ministère de l'intérieur, autorisé à faire le règlement qu'il jugerait convenable pour l'organisation du nouvel établissement de Charenton.

« La gestion de l'établissement fut confiée, sous le titre de régisseur général, à M. de Coulmier, ancien religieux prémontré, membre des assemblées constituante et législative. M. Gastaldy, ancien médecin de la maison des insensés d'Avignon, dite de la Providence, fut nommé médecin de Charenton, M. Dumoutier eut la place d'économe-surveillant, et feu M. Déguise remplit les fonctions de chirurgien. Ces nominations sont du 21 septembre 1798.

« L'article 4 de l'arrêté du 5 juin 1797 disait bien que le régisseur de Charenton rendait immédiatement, au ministère

(1) Cf. Esquirol. Des Maladies menlales, t. II, pp. 561 et suivantes.

INTHODrcnON

(le rintérieur, compte de l'administration économique de cet établissement. Ce compte ne fut jamais rendu et ne put jamais l'être. L'article 5 du même arrêté porte que l'école de médecine de Paris rédij^era un rèf^lcment propre à régulariser les divers services de Charenton ; ce règlement ne fut point fait, et M. de ('ouimier resta indépendant, maître absolu, surveillant suprême de l'administration et du service médical.

« Aussi, lorsque M. Gastaldy fut mort, au commencement de 1805, M. de Coulmier ne voulait point qu'on donnât un successeur à ce médecin ; il fallut que l'école de médecine intervint pour faire nommer M. Hoyer-Collard médecin en chef de la maison de (".harcnton.

« Dans l'absence de tout règlement, le médecin en chef fut sans autorité réelle à cause de la suprématie que le directeur s'était arrogée. Regardant l'application des moyens moraux comme l'une de ses attributions les plus importantes, le directeur crut avoir trouvé, dans les représentations théâtrales et dans la danse, un remède souverain contre la folie. Il établit, dans la maison, les bals et le spectacle. On disposa, au-dessus de l'ancienne salle de l'hôpital du canton, devenue une salle pour les femmes aliénées, un théâtre, un orchestre, un parterre et, en face de la scène, une loge réservée pour le directeur et ses amis. En face du théâtre et de chaque côté de cette loge, qui faisait saillie sur le parterre, s'élevaient des gradins destinés pour recevoir, à droite, quinze ou vingt femmes, et à gauche autant d'hommes, privés plus ou moins de la raison, presque tous dans la démence et habituellement tranquilles. Le reste de la salle ou parterre était rempli d'étrangers et d'un très petit nombre de convalescents. Le trop fameux de Sade était l'ordonnateur de ces fêles, de ces représentations, de ces danses auxquelles on ne rougissait pas d'appeler des danseuses et des actrices des petits théâtres de Paris.

« Protégé par le directeur, le marquis de Sade put quelque temps encore se livrer à ses goûts de metteur en scène. Mais le terrible Royer-Collard veillait: il se plaignit de nouveau, el les spectacles furent supprimés par un arrêté ministériel du 6 mai 1813. »

Il y a dans Jalielle quelques traits nouveaux d'une drama turgie sadique.

On aurait pu multiplier les notes à la suite des Exlrails. Or

5G l'œuvre du marquis de sade

aurait pu alléguer un grand nombre d'auteurs, de savants, de pliilosophes récents ou même nos contemporains qui ont exprimé des idées très voisines de celles du marquis de Sade. On a été retenu par la crainte d'alFaiblir les quelques idées, encore nouvelles, qui se trouvent dans Vopus sadicum.

Et pour conclure cet essai sur un des hommes les plus étonnants qui aient jamais paru, il convient de transcrire cette phrase dans laquelle le marquis de Sade, conscient de ce qu'il était s'annonçait avec une fierté tranquille au monde bouleversé, aux hommes qu'il épouvantait :

« Je ne m'adresse qu'à des gens capables de m'entendre, et ceux-là me liront sans danger. »

ESSAI iniU.IOGKAlMIlOUE

Justine ou les Malheurs de la Vertu, en Hollande, chez les libraires associés, 1791,2 vol. in-8, de 1S3 et 191 pp. F'rontispice par Chéry.

Justine, etc., en Hollande, 1791, 2 vol. in-12 de 337 et 228 pp. Réimpression dans le format in-12. Le frontispice est réduit et gravé par Texter. Quelques exemplaires sont ornés de douze figures libres avec encadrement de tètes de morts, chaînes et instruments de supplice.

Justine, etc., à Londres (Paris, chez Cazin), 1792, 2 vol. in-18 de 337 et 228 pp. Frontispice d'; près Chéry et 5 figures libres.

Justine, etc., .?' édition (c'est la 4') corrigée et augmentée. Philadelphie, 1794, 2 vol. in 18. Frontispice non signé et gravures libres. Cette édition est précédée d'un avis de l'éditeur et d'une dédicace « A ma bonne amie ».

Justine, etc., à Londres (Paris), 1797, 4 vol. in-18, 6 figures.

Justine, etc., 3' édition (c'est la 6'), en Hollande, 1800, 4 vol. in-16. 4 frontispices et 8 gravures libres.

Histoire de Justine ou les Malheurs de la Vertu, par le marquis de Sade, illustré de A^t gravures sur acier, en Hollande^ 1797 (Bruxelles, 1870), 4 vol. in-12.

Justine ou les Malheurs de la Vertu, reproduction textuelle de l'édition originale (en Hollande, 1792). Paris, imprimé à cent cinquante exemplaires pour Isidore Liseux el ses amisy 1884, in-8.

58 l'œCVUK du MAUQI.IS DK SADE

La dédicace de Justine x « A ma bonne amie w reparut en tète d'une plate élucubration de Raban: Jusline ou les Malheurs de la Ver lu, arec préface par le marquis de Sade. Paris, Olivier, impr. Mallesse, 1835, 2 vol. in-18; chez Bordeaux, édilcur, hôlel Ihillion, 1836, 2 vol. in-8.

Le mot préface était imprimé en si petits caractères que beaucoup de gens achetèrent l'ouvrage de Haban en pensant cquérir celui du marquis.

.Julielle ou la suite de Jusline (s. 1., 1796, 4 vol. in-8).

La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu, ouvrage orné d'un frontispice et de quarante sujets gravés avec soin. ICn Hollande, 1787, 10 vol. in-16. A partir du tome V le titre devient : La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu, suivie de l'Histoire de Juliette, sa sœur, ouvrage orné d'un frontispice et de 200 sujets gravés avec soin. La Nouvelle Justine, par quoi débute cette première édition collective, est la troisième rédaction du fameux ouvrage. Cette édition contient un frontispice et 100 gravures, comme il est indiqué à partir du tome V. Il existe des contrefaçons de cet ouvrage, et les gravures sont parfois remplacées par des lithographies.

Histoire de Juliette ou les Prospérités du Vice, par le marquis de Sade, illustré de 60 gravures sur acier, en Hollande, 1797 (Bruxelles, 1870), 6 vol. in-12.

Extraits de Juliette ou les Voluptés du Vice, par le marquis de Sade. Introduit par une biographie de Sade, un sommaire de l'ouvrage original (six volumes) et 10 gravures sur cuivre. Amsterdam, 1892. Ce petit recueil, mal imprimé en Hollande (sans doute à Roiterdam), doit être la contrefaçon d'un recueil publié vers 1880. La biographie pourrait bien être d'Alcide Bonneau. En tout cas, le sommaire est la reproduction, moins les citations, de l'article sur Juliette que Bonneau publia dans La curiosité littéraire et bibliographique (T. III, Liseux, 1882).

Aline et Valcour ou le Roman philosophique, écrit à la Bastille un an avant la Révolution de France, orné de quatorze gravures par le citoyen S***. (Ensuite on trouve une vignette représentant une lyre renfermant les lettres J. C. surmontée d'une couronne et supportée par des rameaux de lauriers,

KSSVl HIHMOliUAIMllyUE 59

avc-c la devise : Impavida vcrilas). .\ Paris, c/w: (iinniard, rue du /it)ul-du-Mondc, n° ^i7. 8 vol. pet. in- 12.

.1//Vjc' cl Valcour, etc., chez la veuve (lirouard, libraire au Palais-Egalité, galerie de IJois, n* 19G, 17!)."). (La vignette est remplacée par un filet.)

Aline cl Valcour, etc., orncc de seize ffrarurcs (on a supprimé la ligne contenant les indications relatives à l'auteur). Pour le reste, cette édition est semblable à la précédente. Au reste, ces trois éditions n'en formaient qu'une dont on a modifié à plusieurs reprises le titre.

Aline cl Valcour ou le Roman philosophique, écrit à la Bastille un an avant la Rcrolutlon de France, Bruxelles, J. Gay, 1SS3, 4 vol. in-12 (avec gravures et un avant-propos).

Pauline et Delval ou les Victimes d'un amour criminel, anecdote parisienne du xviii' siècle, d''après les corrections de l'auteur d'Aline et Valcour, Paris, an VI (1798), 3 vol. in-12.

Pauline cl Belval ou Suites funestes d'un amour criminel, anecdote récente avec romances et figures, par M. /?.... A Paris, chez Chambon et Lenormand, 1812, 2 vol. in-12. Deux figures gravées par Giraud.

Les Crimes de l'amour ou le Délire des passions. Nouvelles historiques et tragiques précédées d'une idée sur les romans et ornées de gravures, par D. A. F, Sade, auteur d'Aline cl Valcour. A Paris, chez Massé, an VIII (ISOO), 4 vol. in-12 avec 4 gravures.

L'ouvrage contient, outre l'Idée sur les romans qui sert de préface, onze nouvelles. T. I : 1. Juliette et Raunai ou la Conspiration d'Amboise, nouvelle historique ; 2. La Double épreuve. T. II : 3. Miss I/enrielle S t raison ou les Effets du désespoir, nouvelle anglaise ; 4. Faxelange ou les Torts de l'ambition ; 5. Florville et Courval ou le Fatalisme. T. III : 6. Rodrigue ou la Tour enchantée, conte allégorique ; 7. Laurence et Antonio, nouvelle italienne ; 8. Ernestine, nouvelle suédoise. T. IV : 9. Dorgeville ou le Criminel par vertu; 10. La Comtesse de Sancerre ou la Rivale de sa fille, anecdote de la cour de Bourgogne ; 11. Eugénie de Franval.

60 l'œUVRK du MARQLIS DE SADE

Zoloé el ses deux acolf/les ou Quelques décades de la vie de Irais jolies femmes, l/isloire vérilahle du siècle dernier par un conicmporain. A Turin (Paris), .se trouve à Paris chez lous les marchands de nouveautés, messidor an VIII, in- 16. F'rontispice non signé.

Zoloé, etc., Turin el Paris, an VIII, in-12. Frontispice.

Zoloé, etc. A Turin, chez lous les marchands de nouveautés. De l'imprimerie de Tauleur. Thermidor an VIII, in-18. Frontispice. Cette édition est citée par Henri d'Alméras : Le marquis de Sade (Albin Michel) comme ayant été vendue 40 francs à la vente Saint-Morys.

Zoloé. Paris, A. Dupont et lioret, 182G, in-12.

La marquise de Gange, Paris, Béchet, 1813, 2 vol. in-8.

La Philosophie dans le boudoir, ouvrage (prétendu) pos//iume de l'auteur de Justine. A Londres, aux dépens de la Compagnie, 1795, 2 vol. in-16. Frontispice et 4 figures libres.

La Philosophie, etc., vers 1830, 2 vol. in-16 ; 10 lithographies libres.

La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs libertins, dialogues destinés à l'éducation des jeunes demoiselles, par le marquis de Sade. Londres, aux dépens de la Compagnie, 1795. Bruxelles, 18G8, 2 vol. in-8 avec figures.

La Philosophie, etc., Rotterdam, vers 1900 ; 2 vol. in-16. Mauvaise contrefaçon sans figures de l'édition précédente.

Valmor el Lydia ou Voyage autour du Monde de deux amants qui se cherchent. Paris, Pigoreau, an VII (1779), 3 vol. in-12.

Alzonde et Koradin, Paris, Cerioux el Moutardier, 1799, 2 vol. in-12. « Il est essentiel pour nous, dit de Sade dans une note de son Idée sur les Romans, de prévenir que l'ouvrage qui se vend chez Pigoreau et Leroux sous le titre de Valmor et Lydia, et chez Cerioux et Moutardier sous celui à'' Alzonde et Koradin, ne sont absolument que la même chose et tous les deux littéralement pillés de l'épisode de Sainville et Léonore, formant à peu près trois volumes, de mon roman Aline et Valcour. » Alzonde n'est qu'une modification d'Aldonze, nom révolutionnaire du marquis de Sade.

ESSAI BIBLIOURAPIIIQUB 61

Dorci ou la liizarrcric du sort, c<mlc incdil, par le marquis de Sade, publié sur le nianuscril aree une notice sur l'auleur. (La notice, signée A. F., est d'Anatole France.) (Jiararai/ frères, édileurs, Paris, /A'6'/. Ce conte devait (ij^urer dans les Crimes de Pamour,

Les 120 Journées de Sodome ou l'Ecole du libertinage, par le marquis de Sade. Publié pour la première fois d'après le manuscrit original, arec des annotations scientifiques, par le docteur Eufien Duehren (D' niéd. Iwan lîlocli), Paris, Club des liibliophiles, 19()'i, viii et 543 pp. in-4, couverture, facsimilé d'une page du manuscrit. Ouvrage tiré à 160 exemplaires.

Oxtiern ou les Malheurs du libertinage, drame en trois actes et en prose, par D.-A.-F.-S. licprésenté au théâtre Molière, à Paris, en 1791 , et à Versailles, sur celui de la Société Dramatique, le 22 Frimaire, l'an VIII de la liépublique. A Versailles, chez Blaisol, libraire, rue Salory, an VIII, in-8. 2 ff. en 48 pp.

Couplets chantés à Son Eminence le cardinal Maury, le 6 oc lobre 1812, à la maison de sanlé près de Charenlon. 1812.

Idée sur les romans, publiée avec préface, notes el documents inédits, par Octave Uzanne. Paris, Librairie ancienne el moderne, Edouard Rouveyre, rue des Saints-Pères, 1872, in-12. C'est la réimpression du morceau qui sert de préface aux Crimes de l'amour. Il contient aussi deux lettres et deux documents adressés par le marquis de Sade aux acteurs de la Comédie-Française et tirés des archives du Théâtre-Français.

L'Auteur des Crimes de l'amour à Villeterque, folliculaire, an IX (1800), in-12 de 19 pages.

Idée sur le mode de la sanction des lois, Paris, s. d,, in-8.

Pétition de la section des Piques aux représentants du peuple français, Paris, s. d., in-8.

Discours prononcé à la Fêle décernée par la Section des Piques aux mânes de Maral el de Le Pelletier, par Sade, citoyen de cette Section et membre de la Société populaire de la Section des Piques, rue Saint -Fiacre, n' 2, in-8, 8 pp.

Des Lettres, des Documents, des Plans d'ouvrages, des

Q2 l'œuvre du marquis de SADE

Annolalîons du marquis de Sade ont été publiés dans divers ouvrages, calalof;ues d'autographes, journaux, revues, etc., et souvent de fa^on inexacte.

On a attribué au marquis de Sade des ouvrages dont il n'est pas l'auteur et, parmi ceux-ci :

L'Elourdi roman» à Lampsaque, 1784, 2 vol. in-12, avec postface de 3 pp. Ce roman, qui a été réimprimé, n'est certainement pas du marquis de Sade.

La France Foulue, tragédie lubrique et royaliste en trois actes et en vers. A Barbe-en-Con en Foutro-Manie. Uan des Fouteurs 5796 (1796), in-12 de 91 ff. La Bibliothèque nationale en possède deux exemplaires (Enfer, 651 et 652), le premier dans un cartonnage, dos toile, le second dans une jolie reliure et provenant de la Bibliothèque de Talma, d'où il avait passé dans la Bibliothèque Labédoyère. Il contient un Exorde manuscrit en vers de l'écriture de Talma ; quelques-uns de ces vers sont corrigés d'une autre main que celle de Talma.

Voici quelques vers de VExorde :

Jenne encor j'ai connu lorsque j'étais imberbe Grand nombre de ribauds de cette cour superbe... ...Fouteurs, dévols, Ribauds, tout en nous couillonnant En lisant mon ouvrage... ayez le v.. b...ant... ...Puis lisez mon ouvrage et pensez à la France Pour laquelle toujours j'eus de la déférence, C'est ce que j'ai prouvé par mes nombreux écrits. J'ai porté le petit collet (1), je fus l'un des proscrits ; Très souvent j'ai blâmé tant de haine et d'audace Qu'à tort on déversait contre une auguste race. J'ai repoussé le crime et combattu l'erreur, Tour à tour ils m'ont fait une effroyable horreur. J'ai dû cacher mon nom et déguiser mon style. Espérant qu'aux Français je pourrais être utile.

A la suite de VExorde, on trouve une note écrite par une troisième main et beaucoup plus récemment. La voici :

« Cette pièce, dont on assure qu'il n'a été tiré que 25 exemplaires, provient de la bibliothèque de Talma.

(1) Talma a mal copié ce vers, ainsi que quelques autres. Il y avait: Portant petit cottet, ou bien : J'ai te petit collet, ou encore : J'ai por/é te collet.

ESSAI RIIILIOURAIMligUE C3

« M. Moufllc, bibliophile distingué, mort en 1S27, prétenduil que l'ouvrage, ainsi que Texorde manuscrit qui le précède, était de l'abbé Proyart. D'autres bibliopinles l'attribuent au célèbre de Sade (l'auteur de Justine), mort à Hicètre en 1816. » L'abbé Proyart a-t-il écrit La France Foiiluc P C'était un honnête homme de prêtre et de royaliste qui fut enfermé à Bicêtre pour avoir écrit Louis \\7 cl ses vcrlus, ouvrage qui fut saisi le 17 février 1808. A Bicêtre, l'abbé Proyart tomba malade; il fut transporté dans sa famille, à Arras, et mourut le 22 mars 1808. 11 s'est occupé d'histoire et de pédagogie. M. MoufJle devait avoir de bonnes raisons pour attribuera un homme aussi vertueux, semble-t-il, un pamphlet aussi obscène. En tout cas, il n'y a pas d'apparence que cette pièce soit du marquis de Sade. On y trouve ces vers :

L'on n'est pas roi dans son pays.

Quelqu'un peut-il s'y méconnaître, Lorsqu'au palais de Médicis Buonaparte règne en maître.

A sa guise il nous fait des lois, Puis, en despote, il nous les donne.

Petit-fils d'un petit bourgeois, Assis sur le trône des rois, Que lui manque-t-il ?

Que lui manque-t-il ? La couronne,

La couronne...

Beaucoup de manuscrits du marquis de Sade ont été détruits. Il en existe encore un certain nombre soit dans la famille du marquis de Sade, soit entre les mains de divers amateurs, soit dans les collections publiques.

Voici, d'après la Biographie Michaud {Biographie universelle ancienne el moderne, 181 1-1828), le catalogue des œuvres du marquis de Sade restées dans sa famille. Cette liste a été dressée par Michaud jeune, rédacteur de l'article sur le marquis de Sade :

1° Cinq comédies, dont trois de caractère, en 5 actes et en vers :

Le Prévaricateur ou le Magistrat du temps passé ;

Le Misanthrope par amour ou Sophie et Desfrancs, reçue

g^ l'œuvre du marquis de SADE

à l'unanimité au Théâtre-Français en septembre 1798, ce qui lui valut ses entrées pendant cinq ans ;

Le Capricieux ou l'Homme inégal, reçue au théâtre Louvois et retirée par l'auteur ;

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