‹ L'œuvre grave de RembrandtChapitre 58 sur 272 · Résurrection de Lazare · texte numérisé non relu

Résurrection de Lazare

grande. — The résurrection of Lazarus, a large print. — Die grosse Auferweckung des Lazarus. — G. 74; C. W. 77; Bl. 48; Mid. 188: Dut. 79. 13.7% X 9.6; date présumée: 1632.

I état; la femme qui est à droite est vue par le dos; le cadre est ombré de lignes irrégulières; le contour du pied du Christ est mal accentué; on voit une place blanche au-dessous de la manche

de la femme effrayée et une autre au-dessous de l'oeil droite de l'homme effrayé. Signé: RH. v. Rijn.-British Muséum, Coll. Zoomer-Denon; Albertina, Coll. Barnard; Amsterdam, épreuve retouchée au pinceau.

II état; avec les travaux du fond derrière l'homme effrayé; les places blanches sous l'oeil de l'homme et la manche de la femme sont couvertes de travaux; le contour du pied du Christ est repris à la pointe sèche. Amsterdam etc.

III état; un espace clair apparait sur le front de l'homme qui est vu de profil à gauche, les mains levées derrière le Christ. Albertina; British Muséum, épreuve retouchée au pinceau.

IV état; cette place claire est ombrée de petites tailles; le cadre est ombré de eontretailles. Albertina; Paris.

V état; la femme à droite est vue de profil.

Sans autres changements; on a ajouté dans l'inscription après «ВЛ v. Rijn» la lettre «f.». Brit. Muséum; Paris; Amsterdam; Dutuit. Vente Buccleugh 3400 fr.

VI état; la femme effrayée porte un chignon; l'homme effrayé, le vieillard du fond et l'une des petites figures à la gauche de l'homme effrayé, portent des bonnets; le bas du rideau n'est pas profilé; les deux petites figures sont reprises à l'eau-forte assez rudement. Amsterdam etc. Vente Webster 375 fr. (sur japon); la même épreuve vendue chez Bouillon 800 fr.

Blanc et Middleton mentionnent encore deux états avec la femme en profil, que je n'ai pas trouvé dans aucune collection: a (Bl. Mid. 5), la femme effrayée porte un chignon et b (Bl. 7, Mid. 6) l'homme effrayé porte un bonnet; le vieillard est en calotte (sans turban).

Blanc mentionne encore un état (Bl. 6) où les deux petites figures, sous la manche de l'homme effrayé sont retouchées durement; Mr. Middleton dit que Blanc aurait prit pour un état à part une épreuve d'Amsterdam sur laquelle ces deux figures sont retouchées à la plume.

VII état; la planche est fort usée; on a commencé à retoucher le pied de l'homme effrayé et les deux petites figures; on voit derechef une place blanche sous la manche de la femme effrayée, qu'on voyait dans le I état. Rov.

VIII état; l'estampe est retouchée; l'habit de la femme effrayée est couvert de tailles et contretailles serrées uniformes; la place blanche sous la manche est ombrée; les deux petites figures sont ombrées de lignes diagonales à la pointe sèche,

le bas du rideau à gauche est profilé par une ligne. On trouve des épreuves tirées à la sanguine. Rov.

IX état; toute la planche est retouchée rudement par des tailles régulières et serrées; le rideau n'est plus profilé. Rov.

X état; le bas du cadre est ombré de trois tailles; les petites figures sont ombrées par une taille diagonale; l'ombre qui vient du vieillard au turban touche les contours de la petite figure à gauche. Dans le Recueil de Basan; les épreuves usées de cet état se trouvent dans le Recueil de Bernard (voyez le №. 17).

Les états à partir du VIII ne présentent que l'ombre du travail de Rembrandt; dans le X état il ne reste de Rembrandt que le cuivre de la planche.

On a élevé des doutes sur l'authenticité de cette feuille. Mr. Seymour Haden l'attribue à Bol etàLievens, Middleton ne reconnaît le travail de Rembrandt que dans le dessin du Christ et dans le rideau. Dutuit croit que la planche doit avoir été gravée en grande partie par Vliet. Blanc est tout étonné de ces deux opinions; d'après lui c'est «un magnifique morceau . . . incontestablement de Rembrandt».

Je ne puis pas me ranger de l'opinion de Seymour Haden et de Middleton: l'estampe accuse la main d'un grand maître; elle faisait partie de toutes les grandes collections d'eaux-fortes de Rembrandt; les épreuves avant les bonnets se payaient des prix fous dans les temps les plus anciens, et il faudrait des preuves bien basées et bien sérieuses pour rejetter une pièce si capitale de son oeuvre. Voici la note de Mr. Seymour Haden sur cette pièce:

«La grande «Résurrection de Lazare» (С. B. 48). Cette pièce ne porte pas de date, et la signature n'est par celle de Rembrandt; l'ordonnance générale et le faux mouvement dramatique ne sont pas les siens; cela ne ressemble à aucune des pièces de Rembrandt antérieures à 1633, lorsqu'il signait habituellement R. H., ou même après cette époque. On dirait que c'est fait d'après un tableau, et l'on assure, sans que nous puissions l'affirmer, qu'il en existe un semblable, par De Wedt, à Saint- Pétersbourg. Que cela soit ou non, il y a peu de chose qui soit de Rembrandt dans la planche qui nous occupe, comme composition, sentiment et exécution, et les quelques traces du maître que l'on y pourrait trouver ne se fondent guère dans l'ensemble, mais paraissent avoir été ajoutées après coup. Le travail de la pointe sur la robe

de la figure principale est très habile, mais n'est pas celui de Rembrandt. Dans différentes parties du ciel, on retrouve le travail de Lievens, et plus encore dans toutes les autres parties de la planche, sauf dans la tête du Christ, celui de Bol. Les figures de la foule sont les siennes aussi, de même que les lignes des rochers et du sol et l'ombre sur la signature. D'un autre côté, il y a plus de vigueur qu'on n'en trouve d'habitude dans le sien, il rappelle plus celui de Lievens. En somme, quoique nous ayons une grande méfiance de cette planche, nous hésitons à nous prononcer, et nous ne savons pas quand elle fut faite. Entre temps, que l'on compare, pour constater la différence avec le véritable travail de Rembrandt, la tête (C.B. 223), exécutée antérieurement, et celle faite postérieurement, et, d'autre part, pour se rendre compte de la similitude avec le travail de Bol, qu'on examine l'École de Rembrandt au British Muséum, et en particulier les têtes du «Bon Samaritain» (S. Haden, Rembrandt, Paris 1880. 21).

On voit à Darmstadt un tablaeu peint par De Wedt en 1639 sur ce même sujet qui ressemble beaucoup à l'eau-forte de Rembrandt; le faire rappelle P. Lastman. Une Résurrection de Lazare, tableau peint par Rembrandt, est mentionnée dans le catalogue de vente de ses effets faite en 1656 pour cause de son insolvabilité. Peut-être que c'est celui qui a été vendu en 1727 dans une vente à Amsterdam pour 105 florins (Smit, A

catalogue raisonné of . . . flemish painters . . .

London, 1836; VII. p. 35; №. 83).

Atlas: 228. Albertina I; 229. Amsterdam II; 230. Brit. Mus. III; 231. Paris IV (réduction); 232. Dutuit V (réd.); 233. Amsterdam VI; 234. Rov. VII (réd.); 235. Rov. VIII (réd.); 236. Rov. IX (réd); 237. Rov. X (réd).

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