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La pièce de cent florins

Jésus guérissant les malades. —

Christ healing the sick: called «the hundred guilder pièce». — Christus heilt die Kranken, genannt das Hundertguldenblatt. G. 75; C. W. 78; Bl. 49; Mid. 224; Dut. 77. Sans nom. — 14.8 X 10.5. Date présumée: 1650.

I état; avant les contre-tailles sur le cou de l'âne et autres changements; pleine de barbes. On connait une épreuve «maculature» (tirée sur papier avec peu de couleur, — à Amsterdam et 8 épreuves: 1 et 2, deux au British Muséum, une sur japon, l'autre sur papier, plus une contre-épreuve sur chine; 3. Paris, Coll. Beringhen; tous trois avec

un filet de marge; 4. Wien. Hof-Bib., dont il est parlé dans la note de Bartseh (sur japon); 5. Amsterdam, avec cette inscription au verso faite par Petersen Zoomer: «Vereering van myn speciaele vriend Rembrandt legens de Pest van M. Antony (Don de mon respectable ami Rembrandt en échange de la Peste de Marc Antoine). Mr. Scheltema ajoute: «il n'y a été que très peu d'impressions, dont aucune n'a jamais été vendue du temps de Rembrandt, mais distribuées entre ses amis» (Burger, Rembrandt, Paris 1866; 139). Scheltema dit que la main du Christ était posée sur la pierre, dans la toute première épreuve et qu'on en voit les traces dans les belles épreuves du I état. Je n'ai pas vu ces traces sur aucune des épreuves connues du I état; 6. Berlin, achetée à la vente Buccleugh pour 33.000 fr., elle vient des collections: Helle et Gloomy, Pond, Aylesford et Asthley. Japon. Elle est avec une belle marge et porte au verso cette inscription de la main de J. Barnard: This print, which belonged to Mr. Pond Painter, was sold in the collection of lus Prints for 26 L. 15 Sch. 6 P., to Mr. Hudson Painter the 25th April 1766, and was esteemed to be the finest in England. J. В.»; 7. Coll. de lord Holford, des Coll. Hibbert et Esdaile; 8. Coll. Dutuit, sur japon à grandes marges; des Coll. Zoomer et Denon, Verstolk (1867 = 29.500 fr.), acheté en 1868 pour 27.500.

Il état; avec les contretailles sur le cou de l'âne; la joue de la femme à genoux et son cou sont refaits en supprimant une partie du menton; les barbes sont en partie effacées. Il y a néanmoins des épreuves encore pleines de barbes, sur japon. Wien. Hof-Bibl., Berlin; Coll. Auguste II; Col. de Warden of Wadham (col. Griffits); elles se payent fort cher dans les ventes: Har. 8000 fr.; Galichon. 9600; Didot 8.550. Les épreuves moins belles sur papier de hollande valent moins cher: 1000 à 2000 fr.; les épreuves secondaires à 300 — 500 fr.

D'après l'opinion de Mr. Dutuit ((pour bien apprécier tout l'effet de cette magnifique planche, il faut la posséder en deux épreuves: l'une sur papier de japon, l'autre sur papier blanc. Ces dernières ont quelquefois un éclat incomparable» (Cat, 1881; p. 116).

Bartseh mentionne un état (II de Bartseh) où (de fond est retouché de façon que l'on ne voit plus une espèce de voûte au-dessus de la tête de Jésus Christ qu'on voyait dans le II état (son Ir.). Mr. Middleton conteste justement cet état: ((Les dernières épreuves du deuxième état»,

dit-il, déclinent rapidement jusqu'à ce qu'elles arrivent à ce qui a été appelé le troisième état. J'ai pris des notes sur vingt cinq épreuves ayant les tailles diagonales sur le cou de l'âne, et je crois que si on pouvait les réunir toutes ensemble, on observerait une dégradation régulière depuis les épreuves citées plus haut jusqu'à celle du British Muséum, ayant auparavant appartenu à sir Thomas Lawrence, dans laquelle le fond manque entièrement de transparence et dont la forme est rendue obscure».

III état; de la planche tout-à-fait usée; elle est couverte de taches d'oxyde; une main maladroite a commencé de faire des retouches aux contours. Berlin; Rov.

IV état; la planche (qui était tout-à-fait usée) est retouchée à neuf par le capitaine Baillie qui l'acheta au graveur Greenwood. Les épreuves en furent tirées au nombre de 100. Il en vendit 5 guinées les épreuves ordinaires et 5% les épreuves sur chine. В y a des exemplaires de cet état au bas desquels on a imprimé, au moyen d'une planche à part, cette inscription: «The hundred-guilder print (Engraved by Rembrandt about the Year 1640. after a few impressions were printed was laid by and thought to be lost). The work was almost effaced by Time etc. It was restored to its présent state by Capt. Baillie in the year 1775. «Wien. Hof-Bib.; Amsterdam.

V état; pour conserver à son estampe sa qualité de rareté Baillie la coupa en quatre coupons: savoir: 1. Le Christ avec les malades (10.3 X 7.1); 2. La partie droite de la planche avec le malade en brouette (7.1 X 4.6); 3. La partie inférieure de la gauche, avec l'homme tenant un bâton (5.3 X 2.10) et 4. La partie supérieure de la gauche avec les sept Juifs à mi-corps (2.9 X 2).

VI état; du 1-r coupon avec le Christ; la planche est ceintrée, le chien (à gauche) effacé et le pied droit du malade couvert de hachures. La planche retouchée et les coupons: Verstolk, 103 fr.; Didot 480, sur japon.

Voici la note de Bartsch sur cette superbe feuille: «Cette estampe rare est généralement connue sous le nom de la pièce de cent florins. On prétend qu'un jour un marchand de Rome proposa à Rembrandt, qui était fort curieux d'estampes, surtout de celles d'Italie, quelques pièces de Mare- Antoine, et y mit le prix de cent florins, que Rembrandt offrit pour ces estampes une épreuve de sa planche, et que le marchand l'accepta, content de l'échange. Voilà ce qui se-

Ion quelques uns doit avoir fait donner à ce morceau le nom de la pièce de cent florins. Mais cette estampe étant réellement la plus belle, qui soit sortie de la pointe de ce maître, il est plus vraisemblable, qu'elle a obtenu son nom, parce qu'elle avait été vendue et payée cent florins en Hollande, même du vivant de Rembrandt. Il y en a clans l'oeuvre de ce maître, qui se trouve à la bibliothèque I. et R. de la Cour, une épreuve imprimée sur du papier de la Chine, qui pour sa beauté peut être regardée comme unique. Sur le dos de cette épreuve est écrit avec du crayon rouge par une main contemporaine de Rembrandt même: de 6 print op de plaat; et plus bas, avec de la mine de plomb: F. 48 Gulden, c'est-à-dire: La sixième épreuve de la planche, 48 florins. On peut donc conclure de là, que les épreuves, qui dès leur première apparition coûtaient déjà 48 florins, ont été certainement payées plus cher et même au prix de cent florins, quelques années après, encore du vivant de Rembrandt. Aujourd'hui ce morceau porte, à juste titre, le nom de la pièce de cent florins; dans plusieurs ventes publiques elle a été poussée même au-de-là de cent cinquante. A la vente du cabinet de M. Tonneman, célèbre curieux en Hollande, qui s'est faite à Amsterdam en 1754, on a donné près de neuf cent florins, argent d'Hollande, qui font plus de dix-huit cent livres argent de France, pour quatre morceaux de ce maître, savoir:

Pour le portrait du Bourguemestre Six . . 316 fl.

Pour celui de l'avocat Tollig 251 »

Pour celui d'Utenbogaerd, le receveur ... 137 » Et pour la pièce de cent florins ........ 151 »

Faisant ensemble, sans les frais de la vente=885 fl.

argent d'Hollande. Suivant un avis imprimé, par lequel G. Baillie annonça au public les épreuves de la planche retouchée par lui, une épreuve originale à Londres vers 1770 au prix extraordinaire de trente cinq guinées, ce qui fait environ huit cent quarante livres de France». J'ajouterai à cette note qu'en 1711 un certain amateur Uffenbach qui a fait une visite à David Bremer pour voir sa collection d'estampes, raconte que même Bremer ne possédait pas la pièce de 100 florins, mais qu'il possédait les pièces de 30 florins (Ecce Homo en hauteur) et de 20 florins (la grande descente de la croix).

Atlas: 238. Berlin I, réduction; 239. Rovinski II, extra, japon; 240. Rov, III; réd.;241.

Rov. IV, réd.; planche retouchée par Baillie.

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