III. Les Congrès universels de la Paix
Postérieurement aux Congrès généraux de la Paix, les Sociétés de la Paix ont institué, en 1889, des Congrès annuels réguliers, qui se sont tenus jusqu’à présent dans les principales villes d’Europe et d’Amérique, savoir:
fer
Congrès
Paris
en
Londres
Rome
Berne
Chicago
Anvers
Budapest
Hambourg
Assemblée générale à Turin
à Berne
Congrès
Paris
Glasgow
Monaco
Congrès à
Rouen
en 1903
Boston
Lucerne
Nous avons mentionné
plus haut,
à propos des
Déclarations générales et de la
Justice internationale , le travail essentiel de ces Congrès annuels, dont nous signalons aussi l’activité dans les divers domaines de la propagande (voir pages 10 à 14).
On leur a parfois reproché de rester indifférents aux évènements qui troublent le monde et de se confiner dans des abstractions quand il faudrait intervenir par la parole en présence de situations spéciales. Ce reproche n’est pas fondé, car il suffit de jeter un coup d’œil sur le texte des résolutions de nos Congrès pour voir qu’ils ne se sont pas bornés à rechercher les principes de droit international dont l’adoption rendrait toute guerre impossible, mais qu’ils ont pris connaissance et publié chaque fois un rapport détaillé sur les évènements de Vannée examinés au point de vue des règles de la justice entre les nations, de même qu’un appel aux peuples. On constate aussi que le Bureau international de la Paix a été chargé par eux de faire des démarches auprès des gouvernements pour provoguer une solution pacifique de conflits imminents , comme il l’a fait en leur nom en maintes circonstances.
Nous rappelons entre autres, dans cet ordre d’idées, les recommandations de nos Congrès touchant la question d’Orient en général, celles de la Macédoine et de l’Arménie, celle du conflit franco-turc, celle du Chili et de la République argentine, celle du Vénézuéla, celle de la guerre sud-africaine et celle des guerres d’Extrême-Orient.
Le 8e Congrès a, du reste, institué un Comité pour étudier l’organisation de conseils de conciliation et de concorde internationale dont le rôle serait de constater avec soin et de publier les faits réels toutes les fois que des accusations fausses et dangereuses sont répandues contre une nation sur le territoire d’une autre nation.
Enfin, plusieurs Congrès universels de la Paix se sont occupés des moyens de sauvegarder par une trêve d’armements , puis par des désarmements partiels et simultanés , les intérêts économiques généraux des peuples. Ils ont aussi traité la question d’une Union fédérale de l’Europe, à laquelle doivent tendre, en définitive, les efforts des amis de la Paix, et qui aurait pour organe essentiel un Congrès international officiel permanent.