DRYDEN
OÙ, pour la promitM^efois, les femmes pourront tenir un rôle, et où l'on verra de la mise en scène... Sliaciwell a déjà fait représenter dans ces conditions une Psxjchc. dont les décors ont coûté vingt mille francs. {Downes Roscius Anglicamis.) Dryden, (jui connaît la faiblesse de son roi pour le répertoire français, pense qu'en imitant les auteurs de France, il aura plus de chances de réussir, et il écrit Z/'Amowr Secret ou la Reine Vierge^ L'Amour Tyrannique ou la Martyre royale, en môme temps que Settle fait représenter L'Amour et la Vengeance^ Ibrahim ou V Illustre Rassa, imités de Mlle de Scudéry; Lee, Les Reines rivales ou la mort d'Alexandre le Grand, inspiré du Cassandre de la Calprenède, Théodose ou la Puissance de Vamour, emprunté au Pharamond de Gomberville ; Mrs. Behn. Abdelazer ou la Vengeance du Maure ; Banoks, Les Rois Rivaux ou les Amours d'Orvondates et de Statira, plagiés du même Cassandre de la Calprenède, etc. A l'Amour Secret et à r Amour Tyrannique, Dryden fait succéder L'Empereur Indien ou la Conquête du Mexique; Almanzor et Almahide, ou la Conquête de Grenade par les Espagnols ; La Reine Indienne, La Reine Vierge, Aurenq- Zebe, etc., etc. Nous n'en finirions pas, car il écrit ses pièces en un mois, et ne dépose jamais la plume. Autant d'imbécillités que le style ne sauvera pas. Il existe de lui un Montézuma dont « le cœur de lion est pris dans les toiles de l'Amour », et une Eve qui est jalouse. Nous citons, on pourrait ne pas y croire ;
J2 HISTOIRE DE l' OEUVRE SHAKESPEARIENNE
Or like my self, some other may be made; And her new Beauty may thy heart invade,
{The State of Innocence, Acte II, scène I.)
Dans les pièces de Dryden, comme dans la plupart de celles de ses contemporains, le libertinage côtoie la bêtise. Parcourez la Heine Vierge, vous y trouverez le dialogue suivant :