CÉLADON
C'est très bon, mais pas aussi bon, Florimel (1).
Et ils se marient.
(1). Traduction de M. Beljarae.
LE PROLOGUE ET l'ÉPILOGUE 13
Dans The Wild Gallant, toujours de Dryden, Timourous dit en parlant d'Isabolla : « J'ai lieu de raimer tons les jours de nnia vie » et Isabella répond : « Oui, et toutes les nuits aussi, ou vous serez blâmable. Et vous avez raison de croire, si le proverbe est vrai, que je vous ai pris presque en chemise. »
Gela n'est rien
Ses pièces ne réunissant que peu de spectateurs, Dryden conçut l'idée de les relever par l'adjonction d'un Prologue et d'un Epilogue, où l'attention du public serait soutenue à l'aide de plaisanteries inconvenantes et de lazzis de foire. En voici un exemple.
A la fin de VAmour Tyrannique^ la princesse Valeria se tue pour ne pas épouser un homme qu'elle déteste. Au moment où des valets s'apprêtent à emporter le cadavre, la morte ressuscite et s'adressant au public :
Je viens, mes beaux messieurs, vous dire une étrange nouvelle; je suis le fantôme de la pauvre défunte Nelly. Chères dames, ne craignez rien : je serai convenable, je suis ce que j'étais, un petit diable sans méchanceté... 0 poète maudit, poète obtus, qui a pu se montrer assez dépourvu de sens pour faire mourir Nelly d'amour ! Et pis encore, pour me tuer au début du trimestre de Pâques, au moment des tartes et des gâteaux à la crème! Le fat! Je lui revaudrai cela : je ne dirai pas un mot pour excuser sa pièce religieuse et démodée, une pièce telle que si vous osiez l'écouter jusqu'au bout seulement
14 HISTOIRE DE l'cEUVRE SHAKESPEARIENNE
deux fois, on médirait de vous tous, et Ton croirait que vous êtes des gens pieux... Quant à mon épithaphe, quand je ne serai plus, je ne veux la confier à aucun poète; je veux l'écrire moi-même : Ci-git fielly qui, bien quelle ait vécu comme un souillon (slater'n), est cependant morte princesse, en jouant dans Sainte-Catherine.
Cet Epilogue était personnifié par Nell Gwyn, déjà nommée, devenue la maîtresse du roi parce qu'elle provoqua et excita les rires du public en paraissant en scène coiffée d'un chapeau d'une dimension ridicule. A cette Nell Gwyn, Dryden ne craignit pas d'opposer Shakespeare. Tandis qu'elle parlait, on vit se dresser le fantôme de l'auteur d'I/amlel et Nell Gwyn l'interpeller.
L'apparition du fantôme de Shakespeare scandalisa le public. Si. parmi les gens de cour, Shakespeare ne jouissait plus d'aucun crédit, son souvenir demeurait dans le peuple de la cité qui siffla. Dryden résolut de se venger en s'attaquant à l'auteur à'Hamlet. Il faut lire la Défense de V Epilogue de la Conquête de Grenade.
La langue, la conversation et l'esprit se sont perfectionnés depuis le siècle dernier. Qu'un homme sachant l'anglais lise attentivement Shakespeare et Fletcher, j'ose affirmer qu'il trouvera à chaque page, soit quelque solécisme de langue, soit quelque manque de sens notable. La plupart de leurs fables sont composées avec une histoire ridicule et incohérente. Beaucoup de pièces de Shakespeare sont fondées sur des impossibilités, ou du moins si bassement écrites, que la partie comique