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|n beau matin, Meyerbeer se réveilla avec la taiilnisi(i d'écrire un opéracomique, ou jilutôl avec le désir d'utiliser les morceaux d'un opéra composé à lierliu en riiounéur du grand Frédi'ric et intitulé : Le Camp de Silésie. Gomme il eût été dil'licile de faire accepter en France les louanges du vainqueur de Rosbach, Scribe se mit à la besogne et l'abriqua un libre! lo auquel Meyerbeer adapta, en grande partie, la musique de son ancien opéra.
Le livret de Scribe est d'une haute fantaisie. L'action, pour y faire rentrer tous les morceaux de musique, a été délayée d'une façon ridicule. Catherine, qui, en réalité, était une temme de mœurs plus que légères, a. été transformée en un dragon de vertu. Quant à Pierre le Grand, il occupe ses loisirs à jouer de la flûte ! ! ! Frédéric était affligé de cette douce manie ; aussi Meyerbeer avait-il écrit, en souvenir du royal flûtiste, un chio pour cet instrument. Il fallait, à tout prix, faire entrer ledit duo dans le nouveau
4() l'œuxre théâtral de meyerbeer
livrot. Voilà pourquoi Pierre le GranJ a été trausforuié par Scribe en un ïulou russe !
Meyerbeer qui avait négligé d'écrire pour S3S grands opéras de véritables ouvertures en composa une cette fois. C'est un morceau brillant ilunt le passage le plus remarquable est l'apparition d'une tort belle pbrase qui revient pliisieiu's fois dans la partition pour caractériser la destinée de Catlierine. — Cette mélodie — c'en est véritablement une — n'a rien de commun avec un leitmotiv ; c'est pourtant le seul lien d'unité musicale qui existe entre ces trois actes décousus et impondérés.
Nous parcourrons rapidement l'Eloile dit Nord, car une analyse détaillée de cette œuvre tontfue, plétliorique, deviendrait bien vite fastidieuse.
Vair de Danilowitz voudrait être comique ; il n'y réussit guère. On sent, des le commencement de la partition, que l'auteur est gêné dans ce genre nouveau pour lui. Les ensc.mldcs et les clicenrs qui suivent distillent un mortel ennui. Les couplrts de Catherine n'ont d'autre mérite que de faire briller la virtuosité de l'interprète. L'andanlino en sol bémol du mélodrame où Catherine raconte les prédictions de sa mère, ramène heureusement la phrase signalée plus haut dans l'ouverture. Ce thème est, certes, la plus belle inspiration qui se trouve dans ces 404 pages de musique. L'air de Prascovia : Ah f que j'ai pri!)' ! ne sort pas de la banalité courante.
l'ktoile du nohd 47
C'est comme la. chanson 'de Giitzeiiko : Enfanls de l'Ukraine, où le comique cherché n'est jamais atteint. De la ronde, bohémienne, on ne peut que répéter ce que l'on a dit h propos du premier air de Catherine: ce n'est qu'un morceau de virtuosité, hérissé de casse-cou vocaux, l^e duo entre Catherine et Pierre est assez bien trouvé comme situation. Le début est hou, mais à partir de Yundantino con moto, la musique verse dans la vulgarité. Il n'y a ab.solument rien à retenir d\\ duo entre Prascovia et Catherine. Le finale, i\\\\ contient jusqu'il cinq numéros, est d'une terrible longueur. Certaines parties, comme par exemple l'ensemble des soldats, des ménétriers et des jeunes filles, sont néanmoins très habilement traitées. La î'riijre de Catherine ramène l'intéressant motil'déjà plusieurs fois entendu. Quant à la barcarolle qui la suit, oljo est tout simpleme'ut ridicule.
Le second acte s'ouvre par une assez jolie valse. La chanson de la cavalerie, celle de l'infanterie sont aussi in.sigiiifiantes l'une que l'autre. Les cliautrs des conjurés valent un peu mieux. Le trio de la tente est écrit dans un style vieilli, vraiment insupportable aujourd'hui. Le citant hachique, les couplets des vivandières sont sans intérêt. Le quintette et le sextuor, bien traités, n'arrivent pourtant pas à secouer le lourd ennui qui pèse sur l'auditeur. Dans les dernières pages de l'acte, la situation devient plus dramatique et MeyerLeer reprend possession de son élément.
IK l'cEUVUE THÉATKAL de îiÎEYERBiiKR
Le serment^ la marche sacrée^ dont le motif est emprunté à un hj'miie i^russien (1), V apostrophe du ezar à ses soldats, toutes ces pages sont d'une belle venue. Le fmale avec les musiques niililaires jouant dans des tons différents, est d'un grand effet quand il est bien exécuté. Mais quel tapage !
L'entr'acte du Iroisiènie acte n'offre rien de particulièrement saillant. Vient alors la romance devenue si célèbre : Pour fuir son souvenir... dont ridée mélodique, assez heureuse au début, devient parfois commune. Le trio bouffe est d'un bon comique. Les couplets de Prascovia sont d'une naïveté prétentieuse; son tZ;eo avec Georges est fort insignifiant. Le finale reproduit un certain nombre de nlunéros'du premier acte et contient en outre un duo de flûtes avec réponse, et imitation, de la chanteuse, d'une haute cocasserie.
En tant qu'œuvrc dranuitique, l'Etoile du Nord n'existe pas. C'est un concert nus en action. Dans cette partition, l'exagération des vieilles formules de l'opéra est poussée à l'extrême. Chœurs, prière, ronde, Ijai'carolle, romance, couplets, chansons, se succèdent sans aucune logique scénique. Les amateurs de ces sortes de choses peuvent s'en donner à cœur joie.
Au point de vue purement musical, l'Etoile,
(I) Soyez sûrs que les iiseudo-patriotes qui sifflaient jadis la marche de Loht'ngrin, devaient applaudir, quand rueoasion leur en était offerte, la marclie de l'Etoile.