‹ L'œuvre théâtral de Meyerbeer; étude critiqueChapitre 8 sur 11 · LE PARDON DE I'LOEHMK · texte numérisé non relu

LE PARDON DE I'LOEHMK

■) iNst qu'entre les Huguenots et Robert, un intervallede cinq ans sépare /ePflrdon (le l'Etoile. Toutes proportions crardées, d'ailleurs, il va autant de diiférence entre ces deux dernières partitions qu'entre les deux premières. Autant l'Etoile du Nord, malgré un certain brio dans la iacture musicale, est un opéra fastidieux et mortellement banal, autant le Pardon de Ptoërmel, au contraire, est une partition charma.nte qui mérite, selon nous, une place à part dans l'œuvre si inégale du célèbre compositeur.

Décidément, Meyerbeer réservait les ouvertures développées pour ses opéras de demi -caractère. Celle du Pardon est fort considérable: elle ne contient pas moins de 26 pages de la réduction de piano. D'ailleurs, il n'y a pas lieu de se plaindre, car c'est un beau morceau symphonique, le meilleur sans contredit que Meyerbeer ait jamais écrit. Le compositeur a fort habilement employé le style descriptif, et l'introduction du chœur

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dans cette ouverture lui donne un cachet tout particulier d'ori.ii'inalité. Cette préface a po>ir but de raconter musicalement des faits antérieurs au drame qui va être représenté, mais dont découle pourtant une partie de ce drame, c'est-à-dire l'orage éclatant au milieu du Pardon, l'incendie de la ferme de Dinorah, et la folie de la jeune fille. Toute l'ouverture est vigoureusement bâtie : les thèmes sont fort bien traités et leurs retours habilement amenés. Enfin, une instrumentation riche etbrillante complète cette maynihque page, dont nous regrettons pourtant Vallcyro final, d'une allure commune.

Le chœur villageois, par lequel débute l'opéra, est plein de fraîcheur et d'animation. Cette petite scène champêtre, avec son épisode confié à six voix de femmes sur un rythme scandé par des battements de mains, est ravissante. Dinorah arrive à la poursuite de sa chèvre. Après quelques mesures d'un charmant récitatif, elle chante une berceuse gracieuse et agréable à entendre. Les couplets de Gorentin sont originaux, d'abord par leur cadence alternativement majeure et mineure, ensuite par leur mesure à f 5 \i j- . Le duo entre Dinorah et Corentin est d'une bonne facture d'opéra-comique : le style vocalisé y est employé avec assez de bonheur. L'air d'Hoël: 0 jmissanle magie! est la plus importante composition vocale de Meyerbeer. Ce morceau de grande allure renferme plusieurs superbes passages, notamment la phrase : J'ai déserté pour

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