LE PARDON DE PLOERMEL
VOUS la maison de mon père ; celle en ré bémol : Ces trésors j ô ma fiancée! enfin, V allegro jjlein d'une cupidité féroce : Be l'or ! De l'or ! La fin de ce bel air contient une mauvaise gargouillade, écrite pour faire plaisir à Faure : c'est une tache facile à faire disparaître. Dans la scène suivante, il faut signaler une sombre phrase d'Hoël, d'une très belle expression : Si ht crois revoir ton père expirant, et Vallegretlo chanté par Hoël et répété par Gorentin : Disparaissez, vaincs ombres. Le duo bouffe est bien traité. Le terzetlo qui termine le premier acte et dans lequel on remarque plusieurs charmantes phrases confiées aux violons, est très intéressant. L'orage qui gronde au loin est d'un effet trouvé. Un gracieux prélude précède le second acte, qui débute par le Retour du cabaret. Ce chœur, sans accompagnement, est d'une allure naïve. Fort joli le passage oii les ténors et les basses accompagnent à bouche fermée les soprani. L'ariette du chevrier : Depuis lors quand la nuit gagne est d'une grande simplicité que dépare une horrible cadence ; quant à la canzonelta qui suit, elle est franchement mauvaise (1). La romance en mi mineur : Le vieux sorcier de la montagne est pleine de mélancolie. On trouve ensuite le grand air devenu si célèbre sous le nom de Valse de Vombre. Nous avouerons très
(11 Ces deux morceaux n'existent que dans la dernière édition ûii Pardon de Ploermel.
franchement que nous n'avons pas contre ce morceau les préventions de beaucoup d'antimeyerbeerieas. Certes, on sent un peu trop chez le compositeur la préoccupation constante de l'aire briller la virtuosité de l'interprèle ; mais il ne faut pas oublier que Dinorah est folle et que ses fantaisies vocales, dans des conditions pareilles, ne sont pas contraires à la vérité dramatique. Le motif initial de cette valse est gracieux, rinstrumentation est délicate, enfin Vandantino : Sais-di bien qv'Hoel m'aime est lort expressif. Voilà bien quelques circonstances atténuantes en laveur de ce juunéro. La chanson de Corentin ; Lundi, mardi, est d'une amusante Ijizarreric. Là légende chantée par Dinorah : Sonibrc destinée est une des plus belles inspirations de ]\leyerbeer. Le duo bouffe, qui contient nombre de jolies phrases, est d'un excellent comique. Ainsi que le premier acte, le second se termine, lui aussi, par un iino excellemment traité et d'une grande variété. Au début, les mélodies inconscientes et gracieuses de la pauvre folle forment un dramatique contraste avec les phrasas cupides et tentatrices de Corentin et celles pleines d'appréhension d'Hoël. Les dernières pages, à partir de Vallegro : 0 bonheur ! voici l'orage, sont d'un effet considérable.
Au troisième acte, le beau temps est revenu. Un gracieux intermède où les cors sonnent une joyeuse fanfare amène le Clianl du chasseur, qui est d'une très belle facture. Vair du faucheur est