LA VI® ARMÉE
J'approuve les dispositions générales contenues dans vos Instructions n» 6.3 du 16 janvier.
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Il faut maintenant pousser activement les études de détail des C. A. et D. I., de façon que le plus tôt possible ils établissent leurs plans et ordre d'attaque.
Lorsque vous connaîtrez exactement l'ensemble du dispositif d'artillerie (y compris artillerie de campagne) et celui de l'infanterie, il conviendra de revoir avec soin la question des possibilités, d'où vous déduirez un horaire définitif pour les grands bonds des attaques, compte tenu du temps nécessaire aux déplacements d'artillerie. J'appelle, en effet, votre attention sur les points suivants: Il me paraît difficile que vous puissiez escompter une moyenne uniforme d'allure, atteignant 100 mètres en trois minutes pendant tout le cours de la journée.
Elle est assurément acceptable sur votre premier objectif, puisque le parcours varie de 2 à 3 kilomètres suivant les secteurs, de telle sorte que vos prévisions se réalisant (départ à H + 2 sur le deuxième objectif), il y aurait un arrêt ou une disponibilité de retard de quarante-cinq minutes pour le 6e corps d'armée, de trente minutes pour le 20« C. A., de une heure pour le 2^ G. A. C.
Entre le premier et le deuxième objectif, la moyenne de parcours atteint 3 kilomètres (en certains endroits, 4 kilomètres); le terrain est très difficile devant les 6^ G. A. et 2e G. A. G., qui ont, en outre, à aborder une série nouvelle d'organisations ennemies. Il est donc prudent de prévoir une allure moyenne moindre que pour la première attaque, surtout si vous ajoutez la fatigue et les pertes subies aij j cours de cette première attaque.
D'autre part, vous avez très sagement prescrit un déplacement d'artillerie (même d'artillerie lourde) dès l'enlèvement du premier objectif.
Ge déplacement, en effet, est nécessaire non seulement pour agir sur les organisations allemandes, mais aussi pour les barrages d'accompagnement et de couverture ; car, si mes hypothèses sont justes, sur les emplacements possibles pour vos batteries de campagne les plus avancées dans la préparation, le tir de barrage en avant de votre deuxième objectif serait impossible (7 à 8 kilomètres). Mais, à mon compte, le temps nécessaire aux déplacements sera supérieur à celui que vous paraissez estimer, car partout les pentes s'opposent à des mouvements directs, et force vous sera de prendre en colonne les rares chemins qui donnent accès aux plateaux. Le ralentissement sera forcément beaucoup plus accentué pour les batteries lourdes. De ce chef, vous devez comprendre combien il importe
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de serrer vos calculs, tant au sujet des durées de trajet que du nombre des batteries susceptibles d'être déplacées. J'ajoute que certainement les délais seront plus longs pour le 6e C. A. que pour les deux autres: il n'y a pas grand mal, car j'attache plus de prix à l'avance des 20^0. A. et 2eC. A. C. qu'à celle du 6« C. A. Or, remarquez qu'avec ce déplacement plus lent, c'est cependant au 6^ C. A. que la distance est la plus grande entre le premier et le deuxième objectif.
Je perçois que sans doute, entre le premier et le deuxième objectif, vous comptez progresser jusqu'à la limite utile de vos barrages, tels qu'ils existent dans le dispositif de préparation, ce qui donne quelque délai supplémentaire pour les déplacements. N'estimez-vous pas, dans ce cas, qu'il y aurait intérêt à définir cette ligne intermédiaire, qui paraît être approximativement marquée par Chérizy- Neuville-Bois au Sud, de Chamouille et Pancy-pont de Grandelain-Warmont-ferme Froidement et chemin Froidmont-Ostel-Aisne ?
Cette ligne intermédiaire nous assure d'ailleurs une bonne base de départ vers votre deuxième objectif ; elle vous permet de ne pas perdre trop de temps en arrêt sur le premier objectif. Mais, si vous totalisez les réductions de vitesse que je vous signale provenant soit du fait de l'infanterie, soit de l'artillerie, il est prudent de penser que vous mettrez plus de trois heures pour atteindre le deuxième objectif. Je ne pense point que vous puissiez en répartir à H -\- 5.
Or, sans faire actuellement de précision au sujet de H, ne comptez pas disposer de plus de huit à neuf heures utiles de clarté pour l'attaque. Raison de plus pour serrer vos calculs et évaluer la durée de jour dont vous disposerez pour progresser au delà du deuxième objectif, et tenez compte dans cette évaluation du nouveau déplacement que vous envisagerez pour l'artillerie.
Descendre des plateaux entre Courtecon et Ailles sur l'Ailette ne peut se faire que par cinq chemins — dans quel état seront-ils? — Quelle sera la durée du trajet? Il faut compter large, même pour l'artillerie de campagne, a fortiori pour la lourde.
Évidemment, si l'ennemi est en déroute, s'il n'a pas été renforcé, si par hasard le champ vous est ouvert sur le massif des collines de Montberault, il n'est pas à douter que vos troupes dépassent franchement le deuxième objectif. Mais ce sont pures hypothèses, et encore faut-il que
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l'avance soit réalisée avec des effectifs sérieux, faute de quoi vous vous exposeriez aux pires surprises.
J'ajoute que le plan de la V® armée se raccorde parfaitement avec votre deuxième objectif à Ployart-Vaurseine, la ligne filant ensuite sur Arrancy et Aubigny et que cet objectif est assurément le terminus possible avec les chances les plus heureuses pour cette armée.
Enfin, tant dans le 2^ C. A. G. que devant le 6® G. A., vous atteignez un parcours total en ligne droite de 10 kilomètres que certainement aucune artillerie ne saurait appuyer.
Pour toutes ces raisons, j'estime :
1« Que le deuxième objectif est la ligne raisonnais! e que vous devez atteindre à J, donc à donner comme objectif ferme ;
2° Que dans la plupart de ces points votre troisième objectif n'est pas possible ;
3° Que cependant vous devez indiquer au 2^ G. A. C. et au 20e G. A. des objectifs éventuels au delà du deuxième objectif à fixer sur les chances maxima d'ennemi, de marche et d'artillerie, et qu'à mon sens ces objectifs éventuels ne sauraient dépasser approximativement Vaurseine- 171-LeGemer-Montberault-207-181-Ghevregny.
Enfin, en ce qui concerne la participation de l'artillerie de campagne de la X^ armée au mouvement, je vous fixerai sur ce que vous pouvez atteindre :
a. Quand je connaîtrai en détail le placement de toutes vos unités et artillerie ;
b. Quand vous m'aurez fixé sur les déplacements d'artillerie que vous comptez opérer avec vos propres ressources.
Sans nécessité absolue, il ne faut pas que l'artillerie de la Xe armée dépasse à l'ouest la zone du 2^ G. A. G.
Et je vous rappelle encore que déplacer les batteries ne suffit pas, il faut en outre déplacer les munitions.
Conclusion. — 1° Sauf pour le troisième objectif, je suis d'accord avec vous ;
2° U faut activer le travail des G. A. et D. I. ;
3° Il faut m'envoyer, dès que vous pourrez, une carte au 20/000, donnant par cahbres et emplacements votre déploiement total d'artiUerie ;
4» Il faut revoir avec les G. A. vos calculs et aboutir à un horaire définitif, avec horaire des mouvements d'artillerie et horaire des tirs.
MiCHELER.
LA VÉRITÉ SUR l'aFFAIRE NIVELLE 167
29 janvier 1917.
Général commandant en chef a général commandant le g. a. r. a dormans.
.T'ai pris connaissance des instructions que vous avez adressées aux armées du G. A. R., en exécution de ma directive du 30 décembre (25808) (1), demandant des plans d'action établis par les V^ et VP armées (2) et de vos notes relatives à ces plans d'action (3).
D'une façon générale, j'approuve ces documents, mais je tiens à vous préciser comment j'entends la condition des opérations envisagées par ma directive précitée.
La présente lettre traitera donc :