C. A. C. et le 11^ c'a
Le 11*^ C. A. en réserve du général en chef.
Le V" comprendra les 1", 5% 32s 7^ et 38^ C. A.
152 l'offensive du 16 a\ iul
L'effort principal de la VI« armée devra être dirigé suivant l'axe Cerny-en-Laonnois-Crépy et devra viser le front Anizy-le-Château-Laniscourt-Laon. Elle devra s'cffor((i' de prendre pied le premier jour sur les hauteurs de Monil)erault-Château de Prcsles.
Sa couverture de gauche^devra viser au minimum la i)i session du fort de La Malmaison. Son corps de droite dt\ concourir à l'enlèvement du plateau de la Bove, cjue corps de gauche de la V<^ armée abordera de front par terrain difficile qui sépare ce plateau de celui de Vii,i clerc.
Enfin il y a lieu de prévoir l'entrée en ligne du cor})s réservé immédiatement après la rupture du front ennemi et suivant l'axe Braye-en-Laonnois-Merlieux.
Direction générale ultérieure de l'armée : Saint-Ouentin.
La V<' armée attaquera suivant l'axe Pontavert-Prouvais. Sa mission initiale est d'atteindre le ruisseau des Barres et d'assurer la couverture de l'opération au sud de l'Aisne, dans la région de Saint-Étienne-sur-Suippe. Son corps de gauche devra assurer la conquête du plateau de Vauclerc- Graonne, tout en attaquant le plateau de la Bove, enlever les hauteurs du Vieux-Laon, dont la possession est indispensable au développement ultérieur de la bataille.
Trois autres corps agiront dans la direction même d'attaque de l'armée ; celui du centre, initialement à cheval sur l'Aisne ; le corps de droite devra, dans son mouvement en avant, faire tomber Brimont par le nord.
On devra, en outre, étudier l'action éventuelle d'une division supplémentaire qui, agissant en liaison étroite avec les chars d'assaut, opérerait par la plaine au nord de Reims, et viserait la région de Fresne pour rejoindre, par Bourgogne, la droite du corps agissant au nord de Brimont.
La V^ armée devra s'efforcer de dépasser, dès le premier jour, dans la direction de Prouvais, les organisations défensives de l'ennemi.
La X® est destinée à s'intercaler entre les V'' et VI« armées, en vue d'agir en direction du Nord. D'une façon générale, après avoir atteint les hauteurs qui dominent Ja
LA VÉRITK SUR l'aFFATRE NIVELLE 153
voie ferrée d'Amifontaine à Laon, la X^ devra s'articuler de manière à pouvoir manœuvrer par l'ouest, ou éventuellement par l'est de la région marécageuse, qui s'étend au nord-ouest de Sissonne.
A cet effet, il y a lieu de prévoir l'entrée en action d'une masse de cavalerie par le camp de Sissonne, en direction do Nizy-le-Gros (1), tandis qu'il sera indispensable de mettre» la main le plus tôt possii)lo sur le débouché nord de la forêt de Samoussy.
MlCHF.T.l.lî.
7 janvier 1917.
Instruction pour les généraux commandant
LES V«, Vie ET Xe ARMÉES.
La mission première du G, A. R. est de rompre le front ennemi entre Reims et le canal de l'Oise à l'Aisne par une attaque violente visant du premier coup la conquête des positions de l'ennemi et de toute la zone occupée par son artillerie (2).
Cette opération, exécutée par les V^ et VI<^ armées, sera suivie immédiatement par l'élargissement vers les deux ailes de la brèche effectuée et par l'entrée en ligne d'une troisième armée de manœuvre,
A cet effet,
La V^ armée poursuivra son offensive à cheval sur l'Aisne, de manière à couvrir la développement de la manœuvre vers le Nord. Le front minimum à atteindre est marqué par le ruisseau des Barres et la ligne Asfeld- Warmeriville-Beine, ce qui rendra possible la remise en état de la voie ferrée Reims-Laon.
« La VI^, opérant à l'ouest de la route de Laon, poursuivra son offensive en direction de Laon-Saint-Quentin.
(1) Cinq divisions de cavalerie seront affectées au G. A. R. Un corps de 3 divisions recevra la mission visée dans la présente Instruction ; les 2 autres divisions seront mises respectivement à la disposition des V^ et VI« armées.
(2) Extrait de V Instruction du général en chef.
154 l'offensive du 16 avril
L'armée de manœuvre entrant en ligne par la brèche ouverte entre la V^ et la VI^ armée appuiera l'attaque vers le Nord et le Nord-Ouest.
Le développement ultérieur des opérations doit avoir pour but de porter aussi rapidement que possible de grandes forces vers le Nord : axe général Craonne-Guise.
Pour réaliser cette directive donnée par le général en chef, vous vous conformerez aux indications et prescriptions suivantes :
Le premier acte est la rupture du front.
Le résultat doit être recherché par un dispositif de com- ]>at qui, proportionnant la préparation et les forces à l'importance des divers objectifs, contienne en outre en germe le développement de la manœuvre d'exploitation qui suivra immédiatement.
Or, il s'agit, d'une part, d'ouvrir le débouché au nord de Laon, c'est-à-dire le passage compris entre les collines de Laniscourt et Sissonne; d'autre part, d'avancer dans la plaine par les deux rives de l'Aisne face à l'Est et au Nord-Est, de façon à couvrir la manœuvre exécutée au nord de Laon et à ouvrir un passage dans la direction de Mont cornet.
L'examen du terrain et des organisations allemandes établit nettement les conditions essentielles de la rupture. A l'ouest de la route de Laon, l'ensemble des mouvements de terrain compris entre Courtecon et le fort de la Malmaison forme une unique position profondément entaillée par les ravins de Braye et d^Ostel. Mais, d'une part, si d'un premier élan on se rend maître de l'éperon qui domine au sud de Courtecon, d'autre part si l'on prend pied sur l'éperon compris entre Braye et Ostel, il devient possible d'aborder l'enfilade par le haut du terrain les tranchées dernières de l'ennemi. En outre, comme jusqu'ici le relief compris entre Chamouille. et Urcel n'est point organisé sérieusement, il est impossible de concevoir un mouvement encerclant par le sud de l'Ailette en direction de La Malmaison.
Il convient donc de traiter l'attaque des positions entre Courtecon et La Malmaison comme celle d'un bastion détaché, que l'on aborde par un flanc et par la gorge, de manière à réaliser face à l'ouest, à hauteur de La Malmaison, une position de flanc-garde couvrant le débouché direct de Vendresse-sur-Laon.
LA VÉRITÉ SUR l'aFFAIRE NIVELLE 155
A l'est de la route de Laon, se dessinent parallèlement trois plissements séparés par les vallées de l'Ailette et de la Bièvre.
Les deux premiers, savoir entre Gerny-en-Laonnois et Craonne, puis entre Neuville et Sainte-Croix, sont complètement organisés ; le troisième, au contraire, ne présente une organisation défensive que dans la partie en saillant du Vieux-Laon formant prolongement en retrait de Sainte- Croix.
Si forte qu'elle paraisse, cette organisation est manœuvrable, si, d'un premier bond, on s'est rendu maître de la li^ne Cerny-Craonne-Corbeny, en même temps que l'on s'est emparé du réduit de Courtecon.
En effet, tout en maintenant une progression directe \ers le front Neuville-Sainte-Croix et vers Berrieux, la brèche de Courtecon sur Chamouille est libre, de telle sorte que l'on doit concevoir au bénéfice des attaques directes une course rapide sur le front Colligis-Montberault, permettant de prendre à revers, par la Bièvre, l'ensemble des défenses du Vieux-Laon.
D'où l'importance de la porte à ouvrir contre Courtecon et Ailles, puisqu'elle assure les manœuvres, d'une part, vers La Malmaison et, d'autre part, par la Bièvre.
J'appelle toute votre attention sur ces considérations, attendu que la manœuvre est absolument nécessaire pour venir à bout rapidement de l'ensemble des défenses des collines, et il ne saurait vous échapper que c'est là le point critique de toute notre opération.
En effet :
1° L'acte de déboucher sur Laon implique forcément que nous soyons couverts dans la direction de La Malmaison et que nous tenions sur la ligne des hauteurs entre Montberault et Saint-Erme ;
2° La progression sur la rive droite de l'Aisne, vers Prouvais, n'est possible que si nous sommes maîtres du Vieux-Laon.
Par conséquent, l'action combinée du corps de gauche de la Ve et du corps de droite de la VP doit être calculée et liée de façon intime.
Passons à l'action en plaine pour les deux rives de l'Aisne.
Il est bien évident que le premier objectif à réaliser est une conversion à droite ayant pour charnière la butte de Brimont, l'aile marchante ayant pour objectif initial la rive droite, le front Prouvais-Amifontaine.
156 t/offensive du 16 avril
Mais, si le cours de l'Aisne forme une coupure perpendiculaire à notre mouvement, il y a, en outre, lieu de considérer que les vallées de la Suippe et de la Retourne forment deux fossés marécageux parallèles à notre avance.
Enfin, bien que l'investissement direct de la butte de Brimont, par ses faces sud et ouest, doive être rOalisô, il faut bien tenir pour assuré que vous ne viendrez à bout de cet îlot que par un investissement complet.
Donc, pendant que les troupes opérant par la rive droite de l'Aisne, fortement échelonnées, en raison de leur mission ultérieure, doivent poursuivre sans hésitation leur marche vers le front Prouvais-La Malmaison, il faut opérer entre Guignicourt et Neufchâtel un franchissement de l'Aisne qui nous place dans le dos des défenseurs réfugiés entre Suippe et Retourne. Le fait de tenir le front entre Brienne- Saint-Étienne aura les plus graves répercussions sur les défenses comprises entre la Suippe et le canal, car, si l'attaque partie du front Sapigneul-Le Godât a pu s'emparer des défenses sud de la Suippe, il devient possible de se rabattre par le front Bermericourt-Orainville vers Bourgogne et, dès lors, l'investissement de Brimont est réalisé, surtout si nos disponibilités et l'emploi de l'artillerie d'assaut permettent d'aborder, en parlant de Bétheny, la région de Fresne.
L'ensemble de ces diverses manœuvres combinées avec les attaques directes constitue le mécanisme de la rupture. Il vous appartient d'organiser en conséquence :
1° Votre dispositif d'artillerie et ses déplacements, sans hésiter à recourir aux canons longs pour les destructions éloignées, puis au barrage temporaire ;
2° Le dispositif de vos G. A. et leur échelonnement.
Les mouvements et manœuvres doivent être prévus et ordonnés de bout, en bout dans leurs détails, y compris — et j'y attache le plus grand prix — les déplacemenls d'artillerie.
Il va de soi que, conformément aux ordres du général en chef, mes prescriptions vous conduisent à faire tomber entre vos mains toutes les positions d'artillerie ennemies, D'où, pendant un laps de temps peut-être assez long, peu de chose à craindre de la part du canon.
J'estime donc que l'ensemble de l'opération peut être réalisé soit au jour J, soit au plus tard dans la matinée de J -\- 1, la base de vos calculs étant à régler d'une part sur la vitesse de marche de l'infanterie, d'autre part sur la limite d'appui de l'artillerie. Mais j'insiste sur la néces-
LA VÉRITÉ SUR l'aFFAIRE NIVELLE 157
site absolue d'obtenir que chaque unité, chaque batterie, sache parfaitement sa manœuvre, sinon vous auriez des hésitations, donc des retards. On peut remédier à un retard local dans une opération prévue, mais demander aux gens d'improviser, c'est méconnaître la bataille de rupture.
Enfin, il faut que la minutie apportée à la préparation et la précision des ordres donnés aux troupes de rupture créent dans l'esprit de ces troupes une confiance absolue. L'achèvement de l'opération de rupture doit, en définitive, nous laisser maîtres du front Vailly-Fort de La Malijiaison-Urcel-MoniberauU-Festieux-Saint-Erme-LaMalinaison-Prouvais-Neufchâtel-Bourgogne-BrimonL
Par suite, la zone d'action entre les V^ et VI" armées sera .marquée entre la ligne Ghermizy-Montchalons (à la Vie armée).
Les Ve et VP armées disposeront chacun de 4 G. A. formant la masse d'attaque et d'un G. A. tenant le front provisoirement défensif.
En outre, je compte mettre aux ordres de chacune des armées une division de cavalerie. Il vous appartient donc de préparer vos opérations et de disposer vos forces de façon qu'en avant des troupes de rupture vous disposiez d'unités organisées conformément aux ordres du général en chef, prêtes à entreprendre par dépassement l'exploitation.
L'exploitation doit suivre immédiatement la rupture. Mon intention est de tenir la tcte des colonnes de la X^ armée sur l'Aisne, entre Villers-en-Prayères et Pontavert par 2 G. A. et d'avoir dans la région de Jonchery la tête d'un corps de cavalerie à 3 divisions.
L'exploitation a été conduite conformément aux directives suivantes :
V/« armée. — Suivant l'importance des résultats obtenus par le G. A. N., il est évident que la retraite des troupes ennemies, comprises entre l'Oise et notre flanc gauche de rupture, sera entamée ou sur le point de se produire. Elle ne peut se faire que par Ghauny sur Saint-Quentin et Bohain, ou par La Fère-sur-Guise.
Par conséquent, tandis que le corps de gauche, aidé alors par les garnisons du front de Soissons, doit s'efforcer de dépasser la voie ferrée de Soissons-Laon, en menaçant la direction de Goucy-le-Ghâteau, le reste de la VI« armée
158 l'offensive du 16 avril
réalisera, d'abord, l'occupation du massif de Laniscouil, et dépassera Laon, de manière qu'avec le gros de ses forces, il se trouve en mesure de marcher de Laon sur La Fère.
X'^ armée. — Les têtes de colonnes de la X*^ armée se porteront sur le front Bruyères-Saint-Erme, libérant ainsi en totalité ou en partie les corps de droite et de gauche des V'' et VP armées.
Corps de cavalerie. — En même temps, la tête du corps de cavalerie se présentera entre Sissonne et La Malmaison, prête à pousser sur le front Marles-Montcornet-Reunevillé.
ye armée. — Cette armée garde initialement sa double mission :
A. Couvrir, face à l'est, le mouvement des autres armées vers le Nord et dégager la voie ferrée Reims-Laon ;
B. Continuer la poursuite et la désorganisation de l'ennemi, dans le secteur de Reims.
En conséquence, tout en poussant la division de cavalerie dans la direction de Rethel, pour atteindre les communications allemandes, elle progressera de manière à tenir la ligne ruisseau des Barres-Asfeld-Warmeriville. En même temps, elle manœuvrera par Warmeriville en direction de Beine, dans le but d'investir le massif de Nogent-l'Abbesse.
L'ensemble du dispositif ci-dessus indiqué pourrait être réalisé dans la matinée de J + 3.
Il nous placera approximativement sur la ligne : Soissons-Terny-Anizy-Laniscourt-Besny et Loisy, forêt de Samoussy, Sissonne, Nizy-le-Comte, Asfeld, Warmeriville.
D'une façon générale :
La limite entre les VI^ et X^ armées .sera marquée par la route Vendresse-Laon et par la ligne Laon-Reims (àlaVl«);
La limite entre la X^ et le corps de cavalerie^ par la ligne Corbeny-Sissonne ;
La limite entre le corps de cavalerie et la V^, par la ligne Juvincourt-La Malmaison-Nizy-le-Comte.
A partir de ce moment, le G. A. R. se trouvera en état de répondre aux ordres du général en chef, à savoir de « porter aussi rapidement » que possible le gros des forces vers le Nord : axe Craonne- Guise.
Mes ordres interviendront pour fixer à chaque armée et au corps de cavalerie leur mission et leur zone d'action.
MiCHELER.
G. Q. A., 16 janvier 1917.
Plan d'engagemi;:- r ivl j.a VP armée.
Le (t. a. R. prononcera, i- •>;i! ■ <l:vLe qui sera fixée iillérieurement une offensive sur le Iiunt de l'Aisne, dans le but de rompre 1& front allemand et de passer à la guerre de mouvement.
La Vie armée (5 C. A. et l^e division de cavalerie) a pour mission d'attaquer sur le front compris entre Chavonne et la ferme Hurtebise.
Les 2e C. A. C, G^ C. A. et 20^ C. A. seront chargés d'enlever les positions ennemies.
Le lie c. A. (en réserve du général en chef), le 37^ C. A. chargé au début de tenir le secteur passif de l'Aisne, entre Chavonne et la vallée de Ferment et une division de cavalerie, participeront à l'exploitation du succès.
Les C. A. d'attaque sont installés dès maintenant dans les secteurs qui leur sont attribués pour l'attaque, afin de leur permettre de faire les études préliminaires à l'offensive et de commencer immédiatement les travaux.
Une seule division par C. A. occupera pour l'instant l'alvéole du secteur. Les autres seront maintenues en arrière à l'instruction ou participeront aux travaux.