ACTE EH EM IE II
avec le baron François de Trenck qui, d’un ramassis de croates degenssans aveu et de bandits, a formé un régiment qu’il est allé offrir à Marie-Thérèse et dont elle l’a nommé Colonel.
LA DEUXIÈME DAME
Et ce colonel est votre cousin ?
TRENCK
Malheureusement pour moi, madame, car non-seulement nous portons le même nom, le môme titre, mais il y a encore entre nous deux, une certaine ressemblance. Or, d’après la triste célébrité que François s’est acquise, je me passerais volontiers de la ressemblance et de la ‘parenté ! Et la meilleure preuve que j’en puisse donner, c’est que le roi Charles-Albert ayant déclaré la guerre à Marie-Thérèse, je viens lui offrir mes services. J’espère bien rencontrer mon cousin lo Pandour sur quelque champ de bataille.. . et la mort de l’un de nous mettra fin à toute méprise.
LA DEUXIÈME DAME
Alors vous vous rendez à la cour, monsieur ?
TRENCK
' Oui, madame, je vais m v y présenter avec une lettre de recommandation qui, si elle est bien accueillie, doit me faire entrer dans les gardes.
LA DEUXIÈME DAME
Ah ! Eh bien, monsieur le baron, il se peut que vous me rencontriez au Palais...
TRENCK, avec joie.
Ah !... U s’arrête et salue.
LA DEUXIÈME DAME
Et je désire que vous ne m’ayez jamais vue. C’est le seul service que j’attende de votre courtoisie.
T RKNCK.
J’obéirai, (a pari) La réalité était trop belle en effet ! ce doit être et ce ne pouvait être qu’un rêve. Je me retire, il salua.
WILHEM, entrant.
Eh bien 1 Et votre déjeuner ?
T RENCK.
Ne pouvez-vous me servir en quelqu’autre endroit ? vous voyez bien, mon ami, que je ne saurais rester ici sans être importun.
WILHEM
Nous avons la tonnelle... là... où étaient les deux de ce matin... je vous servirai par le jardin.
T RENCK.
Va pour la tonnelle !
WILHEM, avec emphase.
Si monsieur le barou veut venir !...
l’officier RE FORTUNE
T R ENCK.
Me voici. (Saluts.) Mesdames.
Ils montent l’escalier et Trenck s’installe sous la tonnelle. Wilhem le sert.