‹ L'officier de fortuneChapitre 52 sur 97 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, FRÉDÉRIC DE TRENCK.

TRENCK, rêveur et descendant la scène en lisant un billet.

« Ce soir, Wilhem viendra vojas prendre pour vous conduire chez le pasteur Hermann qui doit bénir notre union. » (Parlé, à part.) Et rien!... rien encore!... Wilhem ne paraît pas!...

SCHELL

Ah!... ah! brelan carré! quitte ou double! Mais cette fois nous retirons tous les sept ; c’est la partie du roi de France, Louis XIV! morbleu! je me sens en veine... et je fais vingt ducats.

UN OFFICIER, qni s’est approché.

Je les tiens!

l’officier de fortune

SCHELL

Fort bien. Coupez, (n tournoies cartes.) J’ai perdu ! quitte ou double !

l’officier.

Volontiers I

Schell recommence.

SCHELL

Perdu encore 1 Et toujours le môme coupl c’est la troisième fois que cela m’arrive! J’ai un brelan d’as en main, un coup superbe, sur lequel on jouerait sa fortune!... et il faut que je rencontre juste un brelan carré de valets ! C’est inouï ! C’est fait pour moiî c’est inimaginable! Comprenez-vous cela, M. de Trenck?

TRENCK

Vous me connaissez?

SCHELL

Parbleu l le baron Frédéric de Trenck, l’aide de camp du roi, le cousin de François de Trenck, notre ennemi.

TRENCK

Oh ! ne parlons pas de ce misérable 1

SCHELL

Soit! mais permettez-moi de vous présenter (Saluant) en ma personne, le lieutenant des gardes, Alexandre de Schell, votre serviteur. Votre père, M. le" baron, qui était major delà cavalerie hongroise, a rendu un jour service au mien, Ferdinand deSchell, et je ne l’oublierai de ma vie; d’où il suit, mon cher baron, qu’il dépend de vous que nous soyons les meilleurs amis du monde, me sentant tout disposé à devenir le vôtre.

U lai tend ta main*

TRENCK

Depuis que je suis à la cour, c’est la premièro fois, mon cher lieutenant, que j’entends parler d’amitié... Je vous remercie de me rappeler un mot que je commençais à oublier, et à la veille d’entrer en campagne, on est heureux de pouvoir compter sur un ami.

SCHELL

Hélas ! mon cher baron, je no ferai pas la campagne !

T RËNCK.

Que voulez-vous dire ?

SCHELL

Rien... Excusez-moi.

TRENCK

Ah !... un secret... entre nous ? déjà.

SCHELL

Non... et puisque vous tenez à cette confidence, je vous avouerai qu’en arrivant ici, j’ai perdu au pharaon les cinquante ducats nécessaires à mon équipement... Etes- vous satisfait!

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