‹ L'officier de fortuneChapitre 56 sur 97 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

KERNER, SCHELL, pais WILHEM.

KERNER, à Schell*

Lieutenant, vous l’avez entendu... Faites retirer vos hommes.

LE SERGENT , à Schell.

Que faut-il faire de notre prisonnier qui se démène comme un diable.

SCIIELL.

Ah! je l’avais oublié !... Amenez-le moi que je l’interroge ; si je suis satisfait de ses réponses, on lui donnera la clef des champs.

KERNER, rêveur, sur ïo (levant de la scène.

Le prince Henri, qui devait être accompagné de sa sœur, estarrivé seul au camp. Elle a voulu absolument s’arrêter à deux milles d’ici et passer la nuit chez le vieux pasteur dont la femme l’a élevée. De son côté, Trenck paraît anxieux et préoccupé... il est sans cesse aux avant-postes, comme s’il attendait quelque avis ou quelque message... jo ne le perdrai pas de vue.

WILHEM, arapné par le sergent.

Je vous répète que je vais rejoindre mon maître.

SCHELL

Et quel est ton maître !

WILHEM

M’sieu le baron do Trenck, vers lequel on m’envoie.

KERNER h part.

N’esUce pas là le valet que Trenck avait laissé auprès do la princesse ?

SCIIE LL, h part.

C’est le messager que Trenck attendait, sans doute. (Haut.) Alors, tourne-moi les talons, et va rejoindre ton maître.

WILHEM

Je ne demande pas mieux.

Il va pour sortir.

KERNER.

Un moment!... Rien ne prouve, lieutenant, que ce drôle vous dise la vérité, je" lui trouve une figure...

WILHEM

Iîein ?... moi!... une figure? par exemple ! (Après avoir regardé Kemor.) Ah ! ah 1 bah ! mais c’est vous, jo vous reconnais !

KERNER,

Et mais... je te reconnais aussi, il me semble.

l’officier 1)E fortune

WILHE M.

Comment?... Vous n’êtes pas mort?... Après le grand coup d’épée que vous avez reçu? Cela prouve bien...

KERN EH

Cela prouve que toutes les blessures no sont pas mortelles.

WILHE M.

Tiens, c’est vrai; ainsi vous n’ètes pas mort, vous en êtes bien sûr?

KERNER.

Assez ! et tâche de dire la vérité, d’où viens-tu ?

WILIIE M.

De Wartha.

KERNER, à part.

C’est là que s’est arrêtée la princesse. (Haut ) Qui t’envoie?

WILIIEM.

Mademoiselle de Lendorff.

KERNER, à part.

La confidente. (Haut.) Et elle t’a remis un message pour ton maître, dis»tu?

WI L HEM

Moi, j’ai dit un message... une commission... une simple commission.

SCHELL

Permettez, capitaine, mais il me semble que cet interrogatoire...

WILHEM

Ohl il n’y a pas de mystère à cela, mademoiselle de Lendorff m’a chargée de prier mon maître, do dire à M. de Lendorff, son oncle, qu’elle s’arrêtait à Wartha, chez le pasteur Hermann.

KERNER, vivement*

A Wartha ! chez le pasteur Hermann?

WILHEM

Oui... et qu’elle y passerait probablement la nuit. Voilà tout, (s’apercevant que Schell lui fait signe de se taire, et allant à lui.) S’il vous plaît.

KERNER, à part.

C’est un rendez-vous que la princesse donne à Trenck, cette nuit, mais comment supposer que ce pasteur, à moins que.. Ohl... c’est impossible!

SCHELL, à Korner

Il est inutile, je crois, de retenir plus longtemps cet homme. Il vient de donner des preuves de sa sincérité.

WILIIEM.

J’ai dit la vérité.

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