‹ L'officier de fortuneChapitre 60 sur 97 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

KERN ER

C’étaient les émissaires des Invisibles.

FRANÇOIS

Et ce que tu m’offres pour rançon, c’est d’aller reprendro au roi les cent mille ducats?

KERNER.

Non, pas moi... mais vous.

FRANÇOIS

Moi?

KERNER.

On dit que votre bravoure va jusqu’à la témérité et que les entreprises les plus hardies sont celles qui vous tentent le plus, si l’on dit vrai, vous réussirez.

FRANÇOIS

Mais...

KERNER.

Ecoutez-moi, car il n’y a pas un moment à perdre. Trois personnes, seules, peuvent pénétrer sous la tente royale : le prince Henri, frère du roi; le docteur La Mettrie et l’aide de camp de service... Ce dernier, c’est votre cousin, vous lui ressemblez assez pour que la nuit... (Lai présentant son chapeau puis son mantean.) sous cette cocarde... avec ce manteau des gardesduroi, on vous prenne pour lui... je m’y suis trompé moimême. Je vous donnerai le mot de passe et je jure bien que vous pourrez entrer chez le roi et en sortir aussi facilement que votre beau cousin... et, si vous revenez sans les cent mille ducats, c’est que vous le voudrez bien.

FRANÇOIS

Vive Dieu !...- tu me tentes!... car l’entreprise est hardie, périlleuse môme! c’est dit ! Et le mot de passe?

KERNER, bas.

Vienne et Waldonne.

FRANÇOIS

Bien ! (s’arrêtant.) Mais... eh ! un moment... si je venais à le rencontrer, Monsieur mon cousin?

KERNER.

Impossible, il n’est pas au camp. Je sais où il doit se rendre en ce moment; je sais où le rejoindre. Confiez-moi deux ou trois de vos pandours, auxquels vous donnerez l’ordre de m’obéir comme à vous-même, et votre beau cousin ne reviendra pas de sitôt... (a loi-même.) J’espère même qu’il ne reviendra jamais !

FRANÇOIS

Oh ! oh ! c’est donc un duel à mort entre vous et lui ?

KERNER.

Un duel à mort... oui, et, cette fois, il ne m’échappera pas!

l’officier de fortune

FRANÇOIS

Ceci vous regarde (Appelant.) Menzel ?

MENZEL, paraissant.

Colonel ?

FRANÇOIS

Appelle deux de mes cavaliers. (Menzel fait on signe et deux cavaliers paraissent.) Vous allez suivre cet homme et vous lui obéirez comme à moi-môme. (Se ravisant et montrant Kerner.) Cependant, vous ne le perdrez pas de vue... et si, par aventure,

je ne suis pas reveuu au point du jour, passez-le par les armes.

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