‹ L'officier de fortuneChapitre 63 sur 97 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

TRENCK

Rassurez-vous, il ne saurait tarder.

AMÉLIE

Je désirais que notre union fût bénie au village do Warta, chez le pasteur Hermann 1 11 ne l’a pas voulu. Craignant quelque indiscrétion, il nous a fait conduire dans cette petite maison presque isolée , où le , silence et la solitude m’effraient...

TRENCK

Ne craignez rien... Ne suis-je pas auprès de vous?

Autant j’étais courageuse et résolue, avant mon départ, autant je me sens maintenant inquiète et troublée... J’ai peur... Et pourquoi?... Je no saurais le dire. C’est sans doute la grandeur de l’acte que je vais accomplir qui me pénètre 1

TRENCK

Amélie 1 Ma femme bien-aimée l

AMÉLIE

Votre femme qui vous suivra partout, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune ! Vous êtes bien sûr que le lieutenant Schell ne quittera pas la tente du roi avant votre retour?

TRENCK

Jo réponds de Schell comme de moi.

AMÉLIE

Attendons encore 1 Eh bien, Marie, vous ne voyez personne ?

MARIE, s’approchant d’Amélie.

Personne, madame 1

AMÉLIE

Ma chère Marie, au moment où un ministre de Dieu va nous unir, nous avons un devoir de reconnaissance à remplir envers vous. Ce qu’une sœur eût fait pour moi, vous l’avez fait. C’est à votre généreux sacrifice que jo devrai mon bonheur et je ne l’oublierai jamais. Formez un vœu, ayez un désir, et quels qu’ils soient...

MARIE

Merci, madame; mais jo n’ai plus do vœu à former et mon seul désir est de prier pour vous et- pour M. le baron de

A M ÉLIE

Un mystère déjà? Une souffrance dans cette âme si jeune.

A ce moment, apparaissent dans le jardin Kerneret Menzel.

KERNER, bas.

Eh bien ! avez-vous rencontré ce pasteur ?

l’officier de fortune

MENZEL, bas.

A deux pas d’ici. Mes hommes l’ont emmené et ne lui rendront la liberté que dans quelques heures.

KERN ER, bas.

Bien ! Maintenant, suivez-moi, et dès que les deux femmes, trompées par mon billet, se seront éloignées, veillez à ce qu’elles ne reviennent pas et laissez-moi agir.

Il passe avec Menzel derrière le pavillon après y avoir lancé un billet roulé autour d’une pierre.

AMÉLIE

Hermann ne vient pas !

A co moment, le billet lancé par Kcrner vient tomber dans la chambre*

MARIE

Qu’est-ce que cela ? (Elle le ramasse.) Un billet!,,.

T R E N C K , courant à la fenêtre.

Lancé du jardin par cette fenêtre. — Personne, je ne vois rien.

AMÉLIE

Ah! c’est d’Hermann! Lisons, lisons vite ! (Elle déplie le billet et lit rapidement.) « Le roi a des soupçons ..

TRENCK

Le roi 1

AMÉLIE, continuant.

« Que les deux dames partent seules et viennent me re- » joindre dans ma demeure où je les attends. Quant au cava- » lier, après quelques minutes d’intervalle, qu’il se hâte de » retourner au camp en s’assurant qu’il n’est pas suivi. — » Hermann. » (Parlé.) Mon Dieu ! Qu’est-il arrivé ? Que se passe-t-il encore?

TRENCK

. Calmez-vous.

AM ÉLIE

Mais Hermann nous attend et va tout nous dire. Venez, Marie, il faut partir.

TRENCK, inquiet.

Seules I

AMÉLIE

Mon ami, vous l’avez entendu. Hermann ne veut pas qu’on nous voie ensemble. Mais, soyez sans inquiétude, les premières maisons du village sont à deux pas d’ici. Quant à vous, suivez les instructions du billet et ne partez que dans quelques minutes. (Lni tendant la main.) Adieu, mon ami ! Ah ! décidément, le bonheur ne veut pas de nous.

Au revoir, madame, et du courage !

AMÉLIE, h Marie.

Venez, Marie, Venez vite!

Elles sortent.

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