‹ L'officier de fortuneChapitre 64 sur 97 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

TRENCK, puis KERNER.

TRENCK, toujours la porte entr’ouverte.

Le bruit de leurs pas s’éloigne... Eh, mais non, il se rapproche...- Que signifie cela ?... Reviendraient-elles? (n sort un

instant, pois rentre précipitamment et ferme la porte an verrou.) Cette ombre qui me suit... Ce bruit d’éperons... Il paraît que c’est a^moi qu’on en veut ! Pour toute arme, je n’ai quo mon épée, n importe! (n met l’épée à la main.) Maintenant, attendons.

Il éteint les bougies.

, KERNER, au dehors, frappant.

Monsieur de Trenck, ouvrez ! Nous savons que vous êtes là... Par ordre du roi, ouvrez I

•TRENCK, à part.

La voix de Kerner... Ah ! Ce devait être lui!

KERNER, secouant violemment la porte.

Encore une fois, ouvrez!... ou nous brisons la porte!

TRENCK, à lui-même.

Commo il vous plaira, capitaine, mais vous ne me tenez pas encore!

Il met l’épée à ,1a main, puis descend, par la fenêtre, dans le jardin.

Tonte la scène qui suit est muette et doit s’oxécuter très-lentement, avec des temps d’arrêt, les deux hommes s’arrêtent pour écouter à chaque instant. Au moment où Trenck prend pied dans le jardin, Kerner, en haut, a enfoncé la porte et parait dans la chambre, le pistolet au poing. Kerner cherche dans l’obscurité et en rencontrant la fenêtre ouverte, il comprend et descend à son tour. Pondant ce temps, le décor a changé à vue et Trenck a gagné le passage qui se trouve entre le mur de la maison et le mur de clôture. Kerner le suit toujours, guidé par le bruit et cherchant à voir dans l’obscurité. Arrivé au piod du mur, Trenck l’escalade, et, redescendant de l’autre roté, se trouve a l’entrée d’une des rues du village de Wartha dans laquelle il s’engage. Le décor a encore changé à vue, et au moment où Trenck s’éloigne, Kerner qui, à sou tour, est arrivé au sommet du mur de clôture, I aperçoit dans la rue, éclairée, à cet instant, par un rayon de lune.

KERNER.

C’est lui !... Enfin !

Il ajuste Trenck avec son pistolet et fait feu sur lui.

TRENCK, s’arrêtant et se retournant.

Vous ne tirez pas mieux le pistolet que l’épée, capitaine. Nous nous reverrons !

KERNER, jetant son pistolet à terre, avec rage.

Ah 1 II m’échappe encore!

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