‹ L'officier de fortuneChapitre 78 sur 97 · WILIIEM, FRÉDÉRIC DE TRENCK, SCHELL · texte numérisé non relu

WILIIEM, FRÉDÉRIC DE TRENCK, SCHELL

Officiers, Gardes du corps, Soldats.

LA METTRIE, aa roi.

Sire, voici M. de Trenck.

Entrée de tout le monde, Trenck le dernier.

TRENCK, au roi.

Vous m’avez fait appeler, Sire ?

LE ROI

Oui, monsieur, et j’espère que, devant tous, votre justification ne se fera pas attendre.

TRENCK

Ma justification l

LE ROI

Monsieur vous étiez chargé de veiller ici cette nuit, une terrible accusation pèse sur vous, car une somme considérable vient de m’être volée...

TRENCK

Et vous m’accusez...

LE ROI

Ce n’est pas moi, qui vous accuse ! MM. La Mettrie et de Lendorff, ici présents, affirment sur l’honneur que, seul, vous êtes entré, ce soir, dans ma tente.

TRENCK

Moi? ce soir?

LE ROI

Et que vous leur ave?, parlé.

TRENCK, à La Mettrie et à Lendorff.

Voyons, messieurs, regardez-moi bien en face? Vous aussi, deSchell?... Il est impossible que vous m’ayez vu ? (Silence. Vous gardez le silence, et vous détournez les yeux? Au nom du ciel, regardez-moi, et répondez. Àhl sire! nous sommes entourés d’ennemis et il y a là quelque piège indigne! quelque trahison infâmo.

LE ROI

C’est une supposition que vous faites.

TRENCK

Une^supposition? Quoi! vous persistez encore. (Riant.) Ah! ah! ah! Moi, Frédéric de Trenck l voleur! voleur?... Ah! ah! vraiment on n’a pas idée d’une accusation semblable.

LE ROI

Vous oubliez, monsieur... à qui vous parlez!

l’officier de fortune

TRENCK

Ah l- pardon... j’ai tort, et je vous demande pardon... Mais je suis bien excusable, allez! car ma tète se perd, mes idées se confondent.

AMÉLIE, à part.

Mon Dieul... comme il souffre!

Elle fait nn mouvement que le roi réprime du regard.

TRENCK, fiévreusement.

Je fais tous mes efforts, je vous le jure, sire, pour me persuader, pour me convaincre que c’est bien à moi que l’on parle... et de qui l’on ose parler ainsi ! Mais, vovons, ce n’est pas sérieux? Cela n’est pas, cela ne peut pas être 1 Tenez, il y a là quelque fatalité inouïe !

Quelque fatalité?

TRENCK

Oui, sire, je vous le jure?

LE ROI

Cela est facile à dire.

TRENCK

Eh bien ! il est impossible que l’on m’ait vu ce soir, ici, puisque j’étais absent.

LE ROI

Vous étiez absent? vous aviez abandonné votre poste?

TRENCK

Eh! bien! oui, j’ai manqué à mon service, à mon devoir, je m’en accuse, et je suis prêt à subir, quel qu’il soit, le châtiment de ma faute!... Mais vous le voyez bien, sire, je ne suis pas un voleur, je ne puis être coupable d’une infamie qui a été commise en mon absence?... Oui, c’est cela, j'ai manqué à mon devoir, j’en fais le serment, et je suis prêt à mourir, mais alors le front haut, en soldat 1 Vous pouvez me frapper : ma vie est à* vous, mais mon honneur est à moi, et vous ne me déshonorerez pas!

LE ROI

Monsieur, vous étiez absent... dites-vous... Eh! bien, où étiez-vous? et avec qui étiez-vous?

Il regarde Amélie.

TRENCK, répétant machinalement.

Où j’étais? et avec qui j’étais? mais je...

S CH E LL, s’approchant de Trenck.

Au nom du ciel, Trenck, parlez !

TRENC K.

Impossible!,.. Jamais i

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