SCÈNE II
Les Mêmes, LE MAJOR BRUGKAÜSEN, suivi D’un Serrurier et des Soldats.
LE LIEUTENANT
Ah ! .voici M. le Gouverneur !
BRUCKAUSEN, qui est allé examiner l’ouverture, à Trenck
Voilà la 5° tentative d’évasion que vous faites, monsieur, et celle-ci est aussi folle que les autres (au serrurier.) Remettezlui ses fers ! Comment espériez-vous vous échapper de ce côté? En admettant que vous ayiez pu achever votre galerie, vous seriez arrivé à la plate-forme où il y a toujours deux factionnaires.
TRENCK
Ah ! il y a là deux factionnaires ? Je vous remercie de me l’apprendre.
BRUCKAUSEN.
Quand je devrais vous charger de cent livres de chaînes, je saurai bien vous forcer à renoncer à vos entreprises.
TRENCK
Je ne crois pas! Le seul moyen de m’y faire renoncer, c’est do m’envoyer dix balles dans le corps!
BRUCKAUSEN.
Je réponds de vous au roi !
TRENC K.
C’est-à-dire, qu’à force de privations et de cruautés, vous voudriez me faire mourir... dans mon cachot? Eh bien ! vous n’y parviendrez pas! Pendant deux ans, vous m’avez fait souffrir mille morts ! Depuis onze mois, vous me privez de sommeil en me faisant réveiller tous les quarts d’heure par vos sentinelles et, vous le voyez, je ne suis pas mort ! Eh bien, doublez, triplez vos sentinelles, faites-moi bâtir une prison d’acier; confiant dans la justice de ma cause, j’emploierai tous les moyens, en mon pouvoir, toutes les ressources de mon imagination pour conquérir ma liberté !
l’officier de fortune
BRUCKAÜSEN.
Ah 1 Je sais que vous êtes indomptable 1 (An Lieutenant.) A-t-on visité les vêtements du prisonnier ?
LE LIEUTENANT
Oui, major.
BRUCKAÜSEN.
Et on n’a rien trouvé sur lui, ni limes, ni couteau.
LE LIEUTENANT
Rien.
BRUCKAÜSEN.
Partons, (a Trenck.) Bientôt vous aurez de mes nouvelles.
Il sort, tout le monde le suit. Nuit.