‹ L'officier de fortuneChapitre 83 sur 97 · SCÈNE III TRENCK, senl · texte numérisé non relu

SCÈNE III TRENCK, senl

Ah! ah! Il paraît que vous m’avez fait préparer de nouvelles chaînes, mon cher major! Ah! tant pis, car je m’étais habitué à me débarrasser de celles-ci... (En parlant ainsi, il a enlevé ses menottes et prend une lime sous son banc.) De telle sorte que, quelques instants après votre aimable visite, je me moque de vos chaînes comme de vous ! En disant ce qui suit, il se met à limer les anneaux qui entourent ses chevilles. La dernière fois que Willhem a pu pénétrer jusqu’à moi, en gagnant mes geôliers, je lui ai annoncé que du 20 au 25 décembre tout serait prêt pour ma fuite et il n’a pas encore paru...

UNE SENTINELLE, au dehors.

Trenck, réveillez-vous.

TRENCK, à lui-même.

Ah l voilà le quart d’heure du roi qui sonne! (Haut.) Oui, ré veillez-moi, gardes! Faites-vous un jeu cruel d’exécuter les ordres qu’un despote vous a donnés! Le sommeil est la dernière, la seule consolation du prisonnier ! Avec le sommeil, il rêve qu’il est libre, avec le sommeil, il oublie!... Eh bien, non! Pour ce misérable Trenck, pour ce grand coupable, point d’oubli, point de repos! Réveillez-moi, bourreaux, appelez-moi à grands cris! Et si votre conscience ne frémit pas decet excès de cruauté, sachez, au moins, que je ne suis pas seul à vous entendre 1 Dieu vous entend aussi et nous juge!... Quel est ce bruit?... On vient... Reprenons nos fers et attendons.

Il reprend ses menottes et s’assied sur le banc de briques.

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