‹ L'officier et la crise françaiseChapitre 3 sur 11 · APPEL AUX INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

APPEL AUX INSTITUTEURS

A qui la faute? à nous tous, sans doute, mais à vous surtout, éducateurs, je n’hésite pas à le dire.

Un peuple peut changer de lois du jour au lendemain, une révolution suffit. Il peut même changer de tyran : aujourd’hui Louis XVI, demain Robespierre. Il ne saurait aussi rapidement transformer ses mœurs. Les révolutions n’ont pas un effet immédiat sur celles-ci; l’évolution seule agit efficacement sur les mœurs. Mais cette dernière peut être plus ou moins lente, suivant la vigueur de l’impulsion qu’on lui a imprimée, et surtout suivant les elîorts plus ou moins soutenus de ceux qui président à son mouvement. L’évolution sociale qui date de 1789 a bien commencé; la secousse initiale fut on ne peut plus énergique et l’on pour vait espérer une marche rapide. Malheureusement l’effort fut peu soutenu et défaillant. Les géants du début disparurent, fauchés par l’échafaud, et il ne resta plus que les nains et les traîtres ; le terrain était déblayé pour le Corse aux cheveux plats et le despotisme 1

Depuis, à plusieurs reprises, on a tenté de reprendre le mouvement, d’accélérer l’allure. Toujours on a manqué de force pour aller jusqu’au bout.

Devrons-nous toujours nous contenter ainsi de triomphes éphémères?

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