ET AUX INSTITUTRICES DE FRANCE
Le moment est venu de remporter la victoire I décisive.
! Educateurs de la jeunesse! Elle ^épend de vous,
! elle est entre vos mains, vous êtes les troupes de première ligne.
J Pour changer les mœurs, il faut changer Vensei- I gnement. Toutes les conceptions de la politique,
I quelque bonnes qu’elles soient, toutes les réformes sociales échoueront, si le terrain n’est pas prêt à recevoir la semence. C’est votre tâche, vous n’y faillirez pas !
L’affaire Dreyfus a montré l’étendue du mal. Le ! cléricalisme, l’ennemi mortel de tout progrès et le vôtre par conséquent, est loin d’avoir désarmé. Tournant nos positions et se faulilant prudemment, il s’est glissé jusqu’au camp du militarisme qui sommeillait et il l’a réveillé peu à peu. Peu à peu aussi il s’est emparé de son âme et lui a communiqué l’ancienne ardeur qui depuis Sedan semblait éteinte. Puis, se plaçant derrière lui, il l’a lancé à l’assaut de la Nation, décidé à vaincre ou à mourir, car c’est son dernier effort, il le sait.
Eh bien! soit. Nous acceptons la lutte. A notre tour, portons-nous en avant, au cri mille fois répété : Le militarisme, voilà V ennemi!
Si l’homme rouge est vaincu, l’homme noir le sera aussi. Peut-être ce dernier essaiera-t-il encore, dans les convulsions de l’agonie, de nous mordre