HYMNES
Alléluia! la France sort de son tombeau Et le ciel retentit de voix et de louanges; Les chœurs des séraphins, des élus et des anges Chantent à l'Eternel un cantique nouveau.
Le mal est terrassé, la vie auguste règne; Assez de morts ! le coq de l'espoir a chanté ; Assez de cœurs blessés, assez de cœurs qui saignent C'est la Pâque nouvelle et Dieu ressuscité.
Oh ! cieux et terre, exaltez- vous dans l'allégresse ! Hommes de paix, exaltez-vous dans le bonheur! L'impie est écrasé sous son œuvre traîtresse; Du ciel est descendu l'Ange exterminateur !
[llumination, renaissance du monde, Lumineuse rosée après les jours de feu, 3h ! bénédiction sur la race féconde, Dh ! figure des temps nouveaux offerts à Dieu!
lout semblait aboli, les rêves, les extases Et les communions des esprits et des cœurs ; Aujourd'hui tout paraît, tout vibre, tout s'embrase Et se retrouve dans l'amour et le Seigneur!
Le spectre de la guerre et les hordes barbares, Sombres filles du mal et de l'antique nuit, Et Satan dans l'abîme exaltant ses fanfares. Tout ce songe hideux s'est à jamais enfui.
Des heures d'épouvante et des mornes débâcles, De tant de pauvres corps donnant leur sang vermeil, Il ne reste plus rien. Seigneur, que le miracle De ta nature en fleurs riant sous le soleil.
Chantons alléluia! Les hommes de carnage. Tous les êtres de haine et les fils de l'orgueil
Sont morts, et c'est l'azur paisible après l'écueil, Les ténèbres, les fléaux rois, les cris de rage.
Le monde enfin, le monde a retrouvé son cœur; Le soleil de l'amour chasse l'ombre et la brume Et le Dragon vaincu a vomi son écume Sous le talon de feu de l'Archange vainqueur.
Alléluia ! Le Christ revient, le sol tressaille. L'espace est plein de cris, de rayons et de voix ; C'est l'union après l'horreur de la bataille. C'est la terre et le ciel qui chantent à la fois.
Oh ! miracle divin, oh ! vision chérie !
Et c'est l'élection et l'essor radieux
Des âmes des héros sous la candeur des cieux,
Et le couronnement sacré de la Patrie!
Tous les sacrifiés, les élus et les purs,
Et tous les immolés de la Bête de haine,
Ressuscitent mêlés aux roses de la plaine,
Aux parfums du printemps qui montent dans l'azur,
Et tous les immortels bienheureux et les anges, Chantent : Paix dans le temps et dans l'éternité ! Hosannah ! hosannah ! ferveur sainte et louange Et gloire aux hommes pleins de bonne volonté!
Oh ! veillons désormais sur l'autel et le temple,
Observons la doctrine et la parfaite loi.
Semons la vérité, la concorde et la foi,
Que le bien soit en nous, que le ciel nous contemple !
Les champs ont reverdi, le deuil est effacé, De bénédictions toute la terre est pleine, L'amour mystérieux a triomphé des haines, Une nouvelle fois les jours noirs sont passés.
Dans les cœurs renaissants se lève l'espérance, Et plus doux apparaît le visage des morts. Des pauvres morts tombés pour que vive la France, Pcmr que son grste saint se manifeste cncor.
Les tombeaux, dans le val où l'enfer faisait rage, Ont pris un air de calme et de sérénité. Leur présence ennoblit Tâme du paysage Qui vibre en la lumière immense de Tété.
Les vergers sont en fleurs, la vie ardente germe, Les chaumières partout s'éveillent dans les clos, Les beaux jours de la paix heureuse sont éclos, L'espoir scintille et les coqs chantent dans les fermes.
Les clochers reconstruits s'élancent dans l'azur, La plaine est toute chaude, elle frissonne, aimante; Tout renaît, le soleil éclaire les vieux murs. Témoins noircis des mois de deuil et de tourmente.
Les hameaux libérés s'animent dans le jour, Ils sont tout neufs sous leurs ardoises et leurs chaumes, Le vol doré des anges blonds et des amours Tournoie et son passage éloigne les fantômes
Et les spectres d'hier au visage de sang. Les filles en chantant s'en vont à la fontaine,
Les nouveaux-nés sourient et la brise des plaines Porte à Dieu l'hymne pur des cœurs reconnaissants.
Oh ! que la douce paix s'étende sur les êtres !
Une nouvelle fois Dieu veille en nos esprits;
Le mensonge et le mal longtemps nous ont meurtris,
Mais c'est enfin le jour promis qui vient de naître.
Une nouvelle fois Dieu verse ses bienfaits, C'est le règne divin qui monte à la lumière, C'est le règne du droit, du juste et du parfait, Une nouvelle fois Dieu revient sur la terre.
Alléluia ! voici debout la France neuve. Le Seigneur l'a trouvée admirable et veillant; Elle n'a pas connu le doute dans l'épreuve. Elle a gardé l'espoir fécond en ses vaillants.
Elle est là, maintenant, heureuse en sa justice Et la loi du Très Haut est écrite en son cœur.
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loo l'offrande héroïque
Le Seigneur a connu son ardent sacrifice, Il a connu son vœu et son désir vainqueur.
Il Ta couverte avec les roses de sa grâce.
Il lui a fait le don fervent de son amour
Et donné le baiser du pardon sur sa face.
Et dit : Sois bonne et je t'accorde de longs jours.
Sois telle, et tu seras chère pour tous les hommes, Tu seras ici-bas une dilection.
Et la sainte que l'on vénère et Ton renomme, Et la Jérusalem parmi les nations.
Sois un ferment de charité et de concorde.
Ne prête point l'oreille aux conseils des méchants.
Sème la vérité et le bien en marchant ;
Je suis le Dieu de paix et de miséricorde.
Ainsi Dieu a parlé. Chantons alléluia!
Alléluia! Voici debout toute la France; O soleil de salut, ton feu la réveilla Et dans nos cœurs aussi a fleuri l'espérance.
Elle est pure, la France, et libre; dans ses mains Scintille le flambeau des vertus éternelles, Les samtes légions la couvrent de leurs ailes, Et l'ange de la foi lui montre le chemin.
Tous les hommes de sang et les hommes de crime, Les suppôts de la Bête ont roulé dans la nuit. Oh! c'est le jour de Dieu, c'est le vrai jour qui luit, C'est le jour de la paix qui brille sur les cimes!
Alléluia ! alléluia ! chantons en chœur ;
Christ est ressuscité, livrons-nous à la joie,
C'est la Pâque nouvelle et c'est l'Agneau vainqueur,
C'est la Pâque nouvelle et c'est Dieu qui l'envoie!