‹ L'offrande héroiqueChapitre 4 sur 28 · LE ROI HEROS · texte numérisé non relu

LE ROI HEROS

Tu n'avais qu'à laisser Liège subir l'insulte, Tu n'avais qu'à voiler tous les dieux de ton culte, O Roi, pour ignorer l'angoisse et le malheur ; Mais la flamme du Droit logeait dans ta poitrine. Tu préféras sur toi la vengeance assassine. Et la misère au déshonneur.

Tu bondis sous l'injure et tu fixas en face Ton voisin, l'empereur insolent et rapace ; Tu préféras souffrir les affres du trépas, Ferme, tu réunis tes phalanges sacrées.

Et tu crias devant ses meutes exécrées : Arrière, l'on ne passe pas !

Tu ne passeras pas sans nous livrer bataille ; La Belgique, ô Guillaume, est petite de taille Mais elle est grande par le cœur et la fierté ; C'est une terre de courage et de justice. Et mâle ne craint pas de rentrer dans la lice Pour défendre sa liberté.

Tous nous avons en nous, les fils de Sambre et Meuse, Un maternel amour pour notre terre heureuse ; Et notre sang est pur, notre regard est droit. Nos pères ont brisé leurs fers et leurs entraves. Et nous ne sommes pas une race d'esclaves,

Sans Dieu, sans honneur et sans droits ».

Et Roi brave et sans crainte, et lutteur sans reproche, Sans peur et sans arrêt tu fis sonner la cloche Des vieux beffrois, gardiens pieux du sol flamand ; Et partout tes soldats, remplis de ta vaillance. Sac au dos, sabre en mains, du glaive et de la lance, Répondirent aux allemands.

Ils défendirent pied à pied toutes leurs villes, Leurs mœurs, leurs libertés et leurs vertus civiles ;

Et toi tu leur disais : (( Combattez jusqu'au bout ! Il ne sera pas dit que nous mourrons sans gloire ; Et demain, mes enfants, on lira dans l'histoire Que nous sommes restés debout ».

Et tu parlais ainsi, soldat des causes justes, Tu soufflais dans leurs cœurs ta grande foi robuste, La flamme de l'exemple illuminait ton front ; Face au déchaînement des hordes homicides. Tu logeais dans le sein de leurs âmes avides L'espoir saint que rien ne corrompt.

En vain Namur, Huy tombaient sous les rafales. En vain les chants de mort, aux clameurs infernales. Volaient sur tes cités dans un bruit d'élément, En vain tous les trésors de ton peuple d'artistes S'écroulaient sous un souff^le à qui rien ne résiste, Et culbutaient tes monuments ;

En vain Malines s'effondrait en étincelles Et le sac de Louvain épouvantait Bruxelles, Toi tu restais plein de courage et plein de foi ; Tu te disais : C'est bien ! face à ta conscience,

J'ai lutté. Et le monde acclamait ta vaillance Et ta fermeté dans ton droit.

Aujourd'hui dans les cœurs tu loges à demeure. Tandis que ton pays endeuillé souffre et pleure. Tu possèdes la foi lumineuse en demain ; Tu sais que la justice arrive à l'heure dite, Et que bientôt s'écroulera l'œuvre maudite Des ennemis du genre humain.

Tu sais que tout sera remis en équilibre, Et que tu rentreras parmi tes villes libres, Escorté par ton peuple industrieux et fier, Que le monde à jamais gardera ton exemple. Et que ce beau demain que notre espoir contemple Sera la revanche d'hier.

Actes et Louanges

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