L'Ogooué
A la fin de Tannée 1875, je fus atiaché par M. le ministre de la marine à une expédition dirigée par M. Savorguan de Brazza, et chargée de remonter le fleuve Ogooué, dont l’embouchure se trouve dans la colonie française du Gabol. Déjà quelques explorateurs et quelques, médecins de la marine, dont l’un, M. Griffon du Bellay, a publié un très intéressant et très complet récit, avaient visité le cours inférieur du fleuve. Mais aucun de mes collègues de la marine n’avait dépassé le confluent de la rivière Ngounié, point où se trouvent aujourd'hui les dernières factoreries européennes, et la mission protestante du docteur Nassau. L’expédition à laquelle j’appartenais a pu remonter cet important cours d’eau, jusque près de sa source ; et l’abandonnant alors qu’il n’était plus qu’un insignifiant ruisseau, s’avancer dans les terres, à travers un pays inculte et aride,'pour arriver jusqu’à deux nouvelles rivières appartenant au bassin du Congo, et de là rentrer au Gabon et en Europe après trois ans et demi de voyage. Malheureusement, l’état de fatigues, de privations.
de souffrances, dans lequel il nous fallut passer tout ce temps, les déplacements incessants, et surtout la perpétuelle défiance f des indigènes,’m’empêëbèlfenl de faire des observations suivies et précises. Aussi ne vais-je raconter ici que d’une façon sommaire ce que j’ai pu constater au point de vue climatologique, anthropologique et médical.
Instruit par une première expérience, couuu dans un certain nombre de tribus, auxquelles j’ai pu être utile, j’espère, dans un prochain voyage que je vais incessamment entreprendre dans les mêmes régions, pouvoir compléter celte observation, et rapporter des (tonnées plus exactes sur les habitants de cette contrée au point de vue anatomique, physiologique et pathologique.