‹ L'Oise dévastéeChapitre 17 sur 19 · DE 1914 A · texte numérisé non relu

DE 1914 A

Il m'est impossible d'entraîner le lecteur dans toutes les parties ravagées autour et au-dessus de Noyon et nous devrons nous borner h quelques excursions rajudes. On assure que Guillaume II avait promis de nous rendre l'Alsace-Lorraine complètement « chauve ».. ou a chaude )>... Il ne le put — mais ces deux termes s'appliquent exactement au Noyonnais que les Allemands abandonnèrent lors du repli sur la ligne Ilindenburg. Maisons bnllées, arbres sciés, puits souillôs, matériel agricole ou industriel enlevé ou saccagé tout — sur plusieurs communes — y rappelle avec le « progrès» dans l'application du mal la méthode de Wallenslein et de Tilly. Aux heures de guerre le Germain est immuable. Il détruit avec le môme instinct que construit le castor.

Dans celte vasle région l'aspect ne change que suivant l'aspect du sol. Çà et là on sent l'effort naissant. L'agriculture esssayc de renaître. Le tracteur h remplacé le canon, la charrue a pris la place du

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tank. L'homme essaye de l'industrie moderne pour récolter la vie là où l'on a semé la mort, mais en bien des points ce beau pjiys est une friche, une lande ou un maquis.

« Au travail ! Au travail ! me disait un agriculteur de la région. C'est ici toute une colonisation à refaire... et on ne nous aide pas assez. »

Commençons, avant de nous éloigner de la ligne de feu, par aller de Noyon à Lassigny en suivant la route de Beauvais et le cours d'fe la Divette. Admirons — pourquoi pas? — l'art avec lequel les ennemis avaient utilisé les matériaux d'une petite ligne locale pour établir sur une route, par eux empierrée, une nouvelle voie ferrée à l'abri de nos canons, de Noyon à Lassigny.

Ici comme partout c'est la voie des ruines... Signalons seulement cpielques villages : Suzoy, dans la vallée sablonneuse, semble avoir été bouleversé par la dynamite... La salle de l'école est encore debout, je crois. Naguère on y voyait de curieuses fresques caricaturales exécutées par l'ennemi... Signalons encore Guy au pied d une colline charmante... jadis... où tout est en ruines, où le beau château de Segonzac a singulièrement souffert après le pillage, Divette et le Plessis-Cacheleu où les Allemands fusillèrent et achevèrent à coups de crosse un conseiller municipal de Dives, et enfin le petit bourg de Dives dont le nom s'apparente étroitement à celui de la jolie rivière dont la vallée marécageuse est le cadre de cette courte excursion.

Ici se rencontrèrent, dit-on, en 768 Charlemagne et Carloman, ici un trouvère, seigneur du lieu au .\iii« siècle, chania l'amour et les dames, ici vécurent

puissants les sires d'IIangcst puis les Langlois de Plémunt. Un manoir du xiii« sifccle reconslruit au xvip, entouré d'un beau parc clos de mur avec tourelles, avait son entrée — un pont et une voûte

— aux bords de la Divette. La grosse tour dominait le pays... Dès 1913 ce puissant édifice s'écroulait en partie dans les flammes. La délicieuse église Saint-Martin sa voisine, dont les fines dentelles décoraient le clocher massif, a été démolie pour des questions stratégiques, afin de ne point servir de point de repère à l'ennemi ; mais cest systématiquement qu'en 1917 les Allemands ont entièrement incendié et dynamité le village dont les habitants avaient été enlevés en 1914, les femmes pour être rapatriées par la Suisse deux ans plus tard, les hommes pour être employés aux travaux militaires allemands... Et maintenant Dives n'est plus qu'une qu'une carcasse de pierres, gisant sur le grand chemin dont les habitants sont tués, ruinés ou morts de misère.

J'entends bien ici qu'on m'accusera peut-être de faire de la « littérature de guerre », j'entends bien aussi ce que diront les esprit impartiaux depuis que les Allemands nous ont appris « lart de la guerre » qui n'est plus celui de Fonlenoy... Tout doit être sacrifié au but que l'on poursuit, tout village susceptible de servir de cantonnement aux Français lors d'un recul doit être rendu inhabitable, toute source de richesses doit être tarie, et « le droit des gens » aux heures de lutte n'est plus qu'un mot. 11 est possible... Je ne dresse point un réquisitoire et ce j)etit livre n'est qu'un modeste rappel. Soyons durs, ont dit les Allemands... C'est bien. . . Mais alors.

— encore une fois — n'oublions jamais quel est

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eur programme de guerre. iSouvenons-nuus toujours de leur méthode; et lorsque les villages de Dives, du Noyonnais, de toute la France ensanglantée seront reconstruits, que chaque école, de grâce, possède un tableau « avertisseur » sur lequel sera résumé pour les enfants la '( manière » dont on a tue leurs pères et brûlé leur foyer. Ceci nous parait indispensable. Car qui de nous se souvenait dune manière bien précise de l'incendie de Chà- Icaudun?

... De Noyon nous pouvons aller jusqu'à Royc, dans la Somme.

Quelle roule enchanleressc !.. Je parle du « bon vieux temps », celui au cours duquel on montait vers le Sanlerre, par une pente douce de si.\ lieues qui, suivant le proverbe, « faisait perdre sept fois de vue les tours de la cathédrale » à Tombre des peupliers géants.

Les Allemands ont abattu ces peupliers. Sur les pentes dénudées, ou les « éperons », nous voyons le village et le château de Vauchelles, ancien domaine. des d'Ailly, des d'Aboval, des Rognée de "Ville et des Richoufflz. Une partie du chàleau a été brûlée, l'église a été saccagée, 48 habitants sur 188 déportés en 1917... Et nous voyons aussi Porquéricourt, où un cultivateur M. Dumer fut assassiné le 26 septembre l'Jt4. En février 1!)17, 28 habitants y furent rassemblés avec 1.1S4 Fran(,-ais du Vermandois et transportés dans le Nord. M. Denault, ancien ministre en Luxembourg, après d'insu|)portables vexations, assista au saccage de son joli château Louis XIll et l'église sauta à la dynamile.

Au delà de Porquericourt, à droite, la vallée de

la Verso se creuse jusqu'à Guiscard, où nous conduira une autre excursion, et la route de Royc franchit le canal du Nord.

Les ruines abandonnées de l'auberge de la Maison Bleue à gauche de la route rappellent un drame terrible de 1914. L'hôtelier, M. Châtelain, y fut assassiné par des soldats allemands ivres.

En face, un chemin conduit à Sermaize dont !e domaine seigneurial releva des sires de Coucy puis appartint au.x La Viesville. au.x d'Estourmcl marquis de Frétoy... Quand les habitants de Sermaize déportés le|13 février 1917 revinrent le 23 mars après la délivrance ils trouvèrent leurs maisons vides de meubles, six d'entre elles brûlées et réglisc pleine d'objets volés.

Candor, qui apparaît à gauche, a été pillé ; les Allemands s'apiirètaient à emporter sa cloche paroissiale ; mais dans ces parages certains sites ont été relativement respectés... II semble que le temps ait manqué aux Allemands pour la destruction systématique... Une voie montueuse conduit de Candor à Lagny-Ie-Sec, ancien domaine de Neufville, des Monchy, puis des dHerbouville qui souffrit du bombardement français lors du recul des Allemands en 1017. Ceux-ci eurent le temps d'y détruire les instruments aratoires, d'y couper les arbres fruitiers, d'y faire sauter 7 ou 8 maisons, mais ce sont Ici « jeux de princes ». Le souvenir le plus sanglant qui se rattache à Lagny-le-Sec remonte à l'Jl4 : la fureur des ennemis pendant la retraite après la Marne trouva à s'y exercer. Sous le prétexte de coups de feu tirés par des civils et d'armes dissimulées, ils arrêtèrent M. Raymond Leclerc, conseiller municipal, M. Lavacquerye son

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beau-fils, l'abbc Flaniatid cure, que ses recherches d'herboriste faisaient accuser d'espionnage, et ils les fusillèrent immédiatement avec deux autres habitants du village.

Cette « digression » faite à Lagny, la route Soissons-Amiens nous montre à gauche Avricourt à la naissance de l'Avre, d'où nous pouvons gagner Amy, ancien domaine des Soyecourt (anéanti par nos canons quand ce village était dans les lignes allemandes) et gagner Marg.ny-aux-Cerises (pauvres cerises 1) où les Allemands ont profané les tombes. Dans toute cette région encore, l'horreur défie la description comme à l'entour de Lassigny...

Aux cruautés nécessaires de la guerre s'ajoute celle de la destruction systématique lors du recul... On sent le travail sournois des mines, l'incendie au pétrole, l'embrasement à la dynamite... Un exemple : A Avricourt, dont il ne reste plus rien, s'élevait un beau château du xvi» siècle aug.menté en i768 par les Louvencourt. Par ses relations diplomatiques son propriétaire, le comte Balny d'Avricourt, connaissait le prince Eitel — fils du Kaiser — qui y résida pendant la guerre... Or ce prince Eitel a laissé un souvenir : un sac cacheté aux armes impériales et contenant des bijoux de M"» d'Avricourt qu'il n'eut point le temps d'emporter lors du recul de 1917. Mais là comme ailleurs les Allemands eurent le temps de faire sauter le château à la dynamite avec une telle violence que les rampes en fer forgé furent projetées dans un bois du voisinage...

... Je me suis attardé et. comme les pèlerins qui veulent rentrer avant la nuit, il nous faut abréger nos tristes excursions.

Les régions traversées par la route de Noyon à

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Chauny que nous allons suivre ne sont point au nombre>des plus éprouvées ; mais... tout est une question de relativité dans l'iiorreur.

En quittant à Noyon le faubourg de Chauny, que les Allemands ont fait sauter h la mine en 1917, nous arrivons au passage à niveau de Morlaincourt où notre artillerie arrosait fortement les.trains ennemis en formation, forçant ainsi les Allemands à reporter Torganisation de leurs trains militaires sur Babeuf et Appilly . L'église de Morlaincourt avait déjà été détruite en 1391 au cours d'un siège de Noyon. Son château rebâti à la veille de la Révolution ne fut quitté par les Roucy qu'en 1917.

La montagne Saint-Siméon à droite de la route (165 mètres), fut pour les Allemands une position puissante. A ses pieds le village de Salency vit au vi« siècle naître saint Médard, fils d'un guerrier franc qui avait déjà connu les Huns. Le joli château qui, jusqu'à la veille de la guerre, appartint aux Mégret de Devise, fut saccagé, tandis que leurs tombes familiales étaient violées. Déjà bnllée sous la Ligue l'église, reconstruite vers 1630, souffrit également. Les bois d'Autrecourt furent exploités à blanc, l'abbé Candron fut contraint au travail, 60.000 francs de taxe de guerre tombèrent sur la commune... Entin nul n'ignore qu'à Salency la touchante cérémonie du couronnement de la rosière remontait au haut moyen âge et que la Révolution elle-même n'avait osé l'abroger... Aux Allemands revient la gloire de lavoir interrompue et d'avoir brisé la chaîne... J'ignore s'ils invoqueront pour excuse la déportation des jeunes filles à laquelle ils ne manquèrent point ici comme ailleurs. A l'orée du bois d'Autrecourt le village de Béhé-

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ricourl souffrit en 1914 el en 1918 et vit ses habitants exilés à Noyon. Un autre château des Mégret de Devise fut également saccagé. Plus loin vous verrez ce que les Allemands ont fait de Babeuf : « Babu et son cloquié pointu » comme disaient les vieux Picards... Trois villages apparaissent à 2 iiilomètres à peine au delà de Babeuf. Grandru, possession des chanoines de Noyon dès avant le x» siècle, dont l'église Saint-Médard, en partie du xiii« siècle, ornée de vitraux de 1620, a si terriblement souffert lors de la retraite définitive de 1018, Mondescourt dont l'église Notre-Dame en partie du xvi» siècle a également subi les brutalités de la guerre et Appilly, ancien marquisat des Brancas passé aux Neuflieux et non moins préservé.

Le chemin, au sortir d'Appilly, nous ramène à la roule de Chauny (nationale n» 38) qui nous permet d'atteindre dans l'Aisne les nouvelles terres du silence et d'apercevoir le monceau des ruines d'Ablécourt avant de pénétrer dans une nécropole : Chauny.

Si au lieu d'aller vers 1" Aisne vous désirez gagner la Somme par Guiscard là encore vous vous documenterez sur la manière dont les Allemands ont fait la guerre... J'abrège... C'est toujours la même histoire lamentable et lugubre. 1914 a semé la terreur, 1917 a amené la délivrance mais avec le saccage et l'incendie volontaire. 1918 a complété la ruine par le bombardement des batailles mais a ramené la victoire. Regardez en passant Cartigny, ancien marquisat des d'Estourmel dont le clocher a été dynamité, Ecuvilly et Beaulieu, où, en 1430, Jean de Luxembourg vendit Jeanne d'Arc aux Anglais. Ces deux villages détruits connaissent bien la

guerre. Ils furent incendiés ou pillés en 1370, 1523, 1570, 1653, 1814, 1870, 1914. I',tl7 et 1918...

Jusqu'à Nesles, qui a moins souffert, les villages ruinés se succèdent dans les champs comme des oiseau.x blessés qui agonisent au soir d'une battue. L'Abbaye, Cressy, Ercheu, Libermont, Moyencourt, Languevoisin... roule longue... triste... infiniment triste.

Guiscard, ancien marquisat, dont le château avait été dévasté par les Allemands en 1635 et en 1653, a été en 1917 sauvé par les spahis alors que les ennemis allaient recommencer le geste incendiaire des ancêtres.

Si nous revenons de Guiscard à Noyon par la vallée de la Verse nous trouverons encore la (race des Barbares : remblais du chemin de fer dynamités, pylônes brisés, arbres coupés.

Nous passons à Fréniches aux maisons balafrées... je ne décris plus... On se lasse... et surtout on lasse, mais je transcris un simple « détail de guerre » emprunté au Jourtial Officiel du 18 avril 1917. En 1915 o des photographes boches » y |)rirent des groupes sentimentau.x destinés à la propagande mondiale où des jeunes femmes de Fréniches figuraient par force... et en mai 1915 le médecin militaire ennemi Chappuis commit des attentats contre dix-huit jeunes filles... »

Après y avoir rassemblé et évacué 2.853 Noyonnais le 15 mars 1917 les Allemands commencèrent leur repli et bombardèrent le village.

Voici maintenant Fretoy. — ancien château des d'Estourmel où le prince Eitel résida en 1916 — évitant nos avions par un souterrain qui le reliait à la ferme Leblanc. Comme à Avricourt le prince démé-

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nagea du château en emportant les meubles du pro- . priétaire, M. Dubois, conseiller référendaire à la Cour des Comptes... Un peu à l'écart Campagne, Bussy, Genvry... incendiés encore avec soin en 1917, et nous rentrons dans Noyon puis à Compiègne... Notre pèlerinage est terminé...

Je ne voudrais point terminer ce volume sur une note déprimante qui de la grande guerre, nous ferait seulement connaître les horreurs. Et c'est volontairement que, sans souci topographique, j'ai réservé pour la dernière page le conseil d'une visite à Relliùndes à l'est de Comiiiégne. Rethondes est en effet le point final qui clôt dans une apothéose la parenthèse des quatre années rouges.

Le récit de l'armistice n'est plus à faire. Il est gravé dans tous les cerveaux et tous les cœurs. 11 n'appartient pas à Ihistoire de 1 Oise, il appartient à l'histoire du monde. Et on sait ce que fut la rencontre du train des vaincus arrivant de Tergnier et du train des vainqueurs amenant le maréchal Foch sur une voie ferrée dont la banalité ne demande aucune description.

Je pense que pour l'avenir de la civilisation rien ne s'est jamais passé de plus grand.

Allez à Rethondes.

Jusqu'aux demandes d'armistice Foch, très discret n'avait rien dit aux siens... sauf ces trois mois confidentiels à la maréchale : « Les Allemands arrivent »...

« Les Allemands arrivent ! »... C'était immense. El pour la première fois depuis quatre ans de lutte opiniâtre et de tension dans l'acte, Foch, en un moment de détente suprême, laissa lire sur son visage le.s traces dune émotion profonde.

Quelques jours après on demandait à la famille du maréchal s'il ôfait vrai qu'Ertzberger avait pleuré.

...Oui, répondit-on, Ertzberger a pleuré... et « tous «étaient dans « la consternation ».

Je m'arrête ici car ce fut pour le pays une heure puissante, celle qui donne à la vie la peine d'avoir vécu : L'aggression impériale qui du monde fit un charnier, se terminait dans les larmes de la défaite.

Que celui qui, de l'autre côté du Rhin, oserait jamais lever à nouveau lesécluses sur le fleuve de sang n'oublie pas ce châtiment des larmes... Et nous au.'îsi je le répète, une dernière l'ois, n'oublions pas non plus. N'oublions pas que chaque minute de notre vie est payée d'une goutte de sang de France. Us nous le demandent ceux dont la mort fait vivre les vivants, ces fils de l'énorme pensée qui a forcé l'histoire, et qui sont entrés dans l'immortalité en fixant la victoire dans les plis du drapeau... Au jour du2 novembre quand agonise la nature désolée, quand l'acre senteur des feuilles desséchées tombant sur les tombes nous pénètre d'une affreuse détresse, songeons à eux avec amour et avec espérance. Songeons sur le no ynan's land de l'Oise dévastée que, par une inversion inouïe, le cataclysme de la grande guerre fait « vivre » sous le sol désert tout un peuple de fantômes glorieux qui nous demandent d'être forts, d'être généreux, d'être travailleurs et d'être bons... Et je me permets de terminer ce petit volume en livrant aux méditations de ceux qui s'intéressent à la « grande misère » de l'Oise celte phrase vraiment « prémonitoire « écrite du front par un soldat qui me fut cher :

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'( Vous, plus tard, il faudra de temps en temps, vous rappeler toute la misère de ceux qui vous gagnent la victoire obscurément, péniblement, avec votre seule pensée comme réconfort. »

Il écrivit, puis — comme des millions d'autres — il fut tué.

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