‹ L'Oise dévastéeChapitre 16 sur 19 · NOYON · texte numérisé non relu

NOYON

tiennent. Et remarquables aussi les clochetons en encorbellement flanquant les tours. Il semble maintenant qu'une main puissante se soit abattue sur cet ensemble écrasant, d'un seul coup, et les clochers et les toits.

Les tours sont en ruines, le porche sud et la terrasse du portail également, la librairie n'est plus, et dans le cloître ravagé les pariétaires, les orties et les mauves se hâtent d'afïîrmer la puissance de la vie végétale et de couvrir de leur tapis les dalles sépulcrales des chevaliers, l'image marmoréenne des morts.

Et cependant! Noyon est lugubre, mais c'est un des lieux dévastés qu'on quitte avec l'espoir au cœur. On sent à Noyon plus qu'ailleurs que la ville veut revivre. Des prisonniers allemands déblaient les ruines; les habitants sont nombreux. Des baraquements, des installations de fortune se sont dressés dans le cloaque de la boue, sur les pierres calcinées. Une guinguette s'élève auprès du défunt hùtel de ville avec cette enseigne un peu étonnante « Au casse-croilte des ruines », et sur les murs calcinés on lit une affiche neuve apposée en septembre i'Ji'J par M'»» Couturier en vue de la reconstruction de la ville. Elle porte ces mots ;

« Plus de discours ! Plus de conférences ! Du travail ! »

Plus de discours! !.. Puissicz-vous, M"» Couturier que je salue ici sans avoir l'honneur d'être connu iJe vous, être entendue par toute la France, et la France comme Novon se relèvera de ses ruines.

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