‹ L'oiseau blesséChapitre 100 sur 136 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

SALV1ÈRE

Alors, je te dirai que c'était falal. C'est nous qui avons présenté Yvonne dans le monde... Elle est jolie... je suis familier avec elle, tu as beaucoup d'amies... Si personne ne t'avait dit qu'elle était ma maîtresse, j'en aurais élé un peu humilié. Cette humiliation m'a été épargnée, Dieu en soit loué!

MADELEINE

Elle t'a été épargnée, tu peux le dire.

. SALVJÈRE

Es-tu satisfaite de ma réponse?

MADELEINE, se rapprochant de lui et quittant le ton enjoué.

Oui... oui... Raymond... et je l'attendais avec plus d'anxiété que tu ne crois.

SALV1ÈRE

Tu avoues donc que tu me supçonnais? Et à quel propos? Sur quel indice, voyons? Est ce

qu'il y a moins d'affection entre nous, moins de tendresse, moins d'amour? Est-ce que je mène la vie pittoresque et accidentée de l'homme marié qui a une maîtresse? As-tu surpris dans les poches de mes vestons des billets suspects? Est-ce que je te raconte que j'assiste à des banquets d'anciens camarades? T'ai-je dit une seule fois que tu devrais aller plus souvent voir ta mère? Vient-il chez nous des chasseurs de restaurants ou de cercles? Est-ce que je te fais plus de cadeaux que d'habitude? Enfin! y a-t-il dans notre existence un seul des indices distinctifs ét traditionnels à quoi l'on reconnaît qu'un homme du monde trompe sa femme?

MADELEINE, secouant la tête.

Quand une femme appartient à un homme comme je t'appartiens, c'est à des signes plus mystérieux qu'elle sent son amour menacé... C'est souvent même à des nuances si légères, si subtiles, qu'elle est seule à les distinguer... C'est à une ombre qui passe dans le regard... à un sourire, à une impatience... ou à un de

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