‹ L'oiseau blesséChapitre 108 sur 136 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ta colère... Mais devant ta résignation et devant tes larmes, je suis désarmé. Nous ne nous quitterons pas... Non... non... je te le promets.

YVONNE

Vous m'aimez encore , Raymond , c'est vrai?... Non... pourtant, non... je ne le crois pas... Votre femme l'emportera toujours... C'est elle que vous aimez, je ne suis pas de taille à lutter contre elle... Je suis perdue... perdue... Laissez-moi m'en aller... Je vais tout quitter... Paris... le théâtre... Qu'est-ce que je suis venue y faire, à Paris?... Adieu, Raymond !

(Elle s'éloigne.)

SALVIÈRE

Non... non... tu ne t'en iras pas... Je ne veux pas que lu sois désespérée... Je ne veux pas avoir joué ce rôle dans ta vie... ce me serait un remords trop amer. Et puis, tu es délicieuse dans ta douleur et dans tes larmes. . . délicieuse et nouvelle pour moi... C'est très grave ce qui arrive, c'est très grave... Laisse-

moi réfléchir, maintenant... Ne me dis plus rien... Laisse-moi seul...

(Yvonne lui embrasse les mains passionnément et sort.)

Page 1