‹ L'oiseau blesséChapitre 126 sur 136 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

YYONNE, doucement.

Pourquoi ne m'avez-vous pas raconté hier soir ce qui s'était passé entre votre femme et vous?... Oh ! je le sais par Roland, que madame Salvière a fait appeler et à qui elle a dit qu'elle allait probablement se séparer de vous... Est-ce vrai ? est-ce vrai?

SALVIÈRE

Je suis en effet, maintenant, vis-à-vis de ma femme, dans une situation assez tendue, et je n'ai pas la moindre idée de ce qui va arriver. Mais ne vous en préoccupez pas, laissez-moi agir... Ne vous inquiétez de rien. La promesse que je vous ai faite hier, je la tiendrai.

YVONNE

Il ne faut pas la tenir parce que vous me l'avez faite, mais parce que vous m'aimez et que vous désirez me garder.

SALVIÈRE, 1 ui prenant la main.

Mais c'est pour cela que je la tiendrai... Que vous a dit votre frère?

YVONNE

Je viens d'avoir avec lui une scène très pénible, très douloureuse. Ah ! que de gens veulent nous séparer, Raymond ! que de menaces il y a contre nous! Mais vous saurez résister, n'est-ce pas? Ce ne vous sera pas difficile, allez! Car je veux me contenter désormais d'une place toute petite auprès de vous. J'y ai bien réfléchi. Jusqu'ici, j'ai été trop encombrante : je n'ai pas été une maîtresse assez discrète, assez cachée, pour un homme comme vous. Mais ce n'est pas de ma faute. Vous auriez dû me le dire, au lieu d'approuver tous mes caprices.

SALVIÈRE

Rien de ce qui arrive n'est de votre faute, Yvonne... Et, quand je me rappelle les circonstances où nous nous sommes rencontrés,

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