‹ L'oiseau blesséChapitre 46 sur 136 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

d'aujourd'hui vous désigne pour une de ces ambassades, si vous faites un signe.

SALVIÈRE

Bombel, je ne vous en veux pas, car votre intention n'est pas mauvaise, mais j'espère que vous n'allez pas mettre ce genre de plaisanterie dans votre journal. Je sais bien que la politique étrangère comporte une certaine gaieté.

Ce n'est pas une plaisanterie..'. D'ailleurs, l'idée de vous offrir une ambassade est de moi. C'est moi qui l'ai suggérée à Villerat, il y a quelques jours. Le ministre ne vous a pas consulté, je le sais aussi. Car l'idée de ne pas vous consulter est également de moi.

SALVIÈRE

Elle est excellente, celle-là!

BOMBEL

Vous me répondrez que vous n'êtes pas de

la carrière, mais ça m'est égal. Il est bon, h l'occasion, que la France soit représentée par nos illustrations nationales ou par des individus de haute valeur, comme vous... Ne faites pas le modeste...

SALVIÈRE

Je le voudrais que vous ne m'en laisseriez pas le temps.

BOMBEL

Et non seulement vous êtes un écrivain de bonne race, et un esprit supérieur, mais vous appartenez à une famille de vieux bourgeois parisiens, et vous avez la grosse fortune. Madame Salvière est en outre une des femmes les plus distinguées de la société française. Elle montrera à l'étranger que toute aristocratie n'a pas disparu chez nous... Je vous dévoile là les éléments de l'article que je vous consacrerai...

SALVIÈRE, riant.

J'ai bien compris.

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