ACTE DEUXIÈME
YVONNE
C'est très méchant ce que vous dites là... D'abord, vous savez parfaitement que vous n'êtes pas ce qu'on appelle un monsieur d'un certain âge... Vous savez bien que vous êtes jeune, beau garçon, et qu'en outre vous êtes un monsieur célèbre et admiré, vous savez tout cela, mais vous avez voulu vous faire faire des compliments.
SALVIÈRE
Je les accepte, mais je ne vous les demandais pas.
YVONNE
Mais si, vous me les demandiez, je commence à vous connaître.
SALVIÈRE, qui s'est éloigné, revenant sur ses pas. Yvonne?
Quoi?
YVONNE
Je dois vous prévenir loyalement que la première fois que nous nous trouverons seuls ensemble, comme cela nous est déjà arrivé, je vous prendrai dans mes bras et je vous embrasserai indéfiniment.
YVONNE
Mais j'en étais sûre que vous en arriveriez là!... J'en étais bien sûre... C'est bête ce que vous venez de faire... Vous savez, c'est très bête... et ça me cause un gros chagrin...
SALVIÈRE
Et pourquoi ?
YVONNE
Parce que ça me prouve d'abord que vous n'avez aucune affection, et ensuite que vous n'avez aucune estime pour moi... Non! aucune estime, car vous n'allez pas me dire que vous n'aimez pas votre femme, n'est-ce pas? qu'elle n'est pas belle, qu'elle n'est pas séduisante,