ACTE DEUXIÈME
considération universelle... Tu es l'homme de la situation... Demain, je te conduis chez le président du Conseil, c'est une affaire faite... et dans huit jours tu quittes Paris. Tu acceptes, naturellement?
SALVIÈRE
Je te remercie d'avoir songé à moi, et cela ne m'étonne pas de ton amitié, mais je n'accepte pas...
VILLEKAT
Allons donc! Ce n'est pas possible!... Ré-k pète-moi ça! Tu refuses?
SALVIÈRE
Oh! d'une façon catégorique, et j'ai pour cela de très bonnes et de très solides raisons...
VILLERAT
Je voudrais bien les connaître... Ce n'est pas la première fois que je te parle, et que je parle à ta femme de cette éventualité... Nous n'attendions que l'occasion. Nous étions d'ac-
cord tous les trois... Tu m'as dit cent fois que la carrière diplomatique était la seule qui aurait pu t'intéresser... Qu'est-ce qu'il y a de changé?
SALVIÈRE
Quand je disais cela, j'étais plus jeune. J'avais une certaine ambition qui m'a passé avec l'âge, avec la réflexion et avec le travail...
VILLE RAT
En voilà des raisons!... Tu n'es qu'un égoïste! Ah! si tu étais pauvre!...
SALVIÈRE
Si j'étais pauvre, je te demanderais une place. Tu me la donnerais parce que tu es mon ami, mais ce ne serait pas une ambassade... Tiens ! sais-tu à quoi je m'exposerais en acceptant?... Dès demain, tes amis me couvriraient de fleurs, et Bombel, entre autres, qui m'a déjà raconté quelques passages de son article. Seulement, tu n'as pas que des amis...