‹ L'oiseau blesséChapitre 73 sur 136 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

VILLERAT

Personne n'osera s'attaquer à loi.

SALVIÈRE

On n'osera pas le premier jour, mais dès le second on insinuera que je suis un amateur et que je vais compromettre la paix par mes maladresses; puis l'on déclarera que nies livres ne sont pas de moi et que je paye les journaux pour en faire l'éloge, et me voilà tombé dans la polémique. On me mêle h des scandales, ou me donne des maîtresses, un amant à ma femme, j'ai volé ma fortune, je t'ai acheté et je suis tout de même vendu... Et je quille Paris sous des huées! Jamais je ne consentirai à aller représenter la France dans ces conditions-là!

VILLERAT

On en a dit bien d'autres sur moi!

SALVIÈRE

Mais toi, tu es un homme politique et ça consolide ta situation.

VILLERAT

Toi aussi, tu avais des opinions politiques, autrefois.

C'est pour ça que je n'en ai plus.

VILLERAT

C'est curieux : nous sommes dans un temps où on ne pense qu'à soi... Tu ne te demandes même pas si tu ne rendrais pas, en acceptant, un grand service à ton pays.

SALVIÈRE

Prouve-moi seulement que je ne lui ferais pas de mal et j'accepte tout de suite...

VJLLERAT

11 n'y a rien à faire avec les gens comme toi... Tu as eu la vie trop douce... tu n'as pas lutté dans ta jeunesse... tu n'as à le venger de personne, tu ne veux pas compromettre ta réputation et tu n'as rien à te reprocher : tu

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