‹ L'oiseau blesséChapitre 84 sur 136 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

parler de ma femme dans ces endroits-là. Mais il y a des choses que vous ne comprendrez jamais, vous êtes trop spirituel pour ça!

BOMBEL

Ne vous alarmez pas, mon cher. Il y a à Paris, pour ce genre de situations, une admirable complicité... Il est possible que Bernay et quelques intimes se doutent de vos relations avec Yvonne... Eh bien, après? Ils sont discrets, ils ont du tact... et surtout, et c'est ce qui les empêche de faire des gaffes, ils n'y attachent pas d'importance, ils trouvent ça naturel... ils sont tous dans la même situation que vous. Mon cher, à Paris, un homme qui trompe sa femme a tout à craindre de ceux qui l'ignorent : il n'a rien à craindre de ceux qui le savent.

SALV1ÈRE, un temps.

Alors, Bombel, puisque vous êtes si Parisien, vous allez me renseigner sur un détail qui n'a aucune gravité, bien entendu, et qui

ne m'intéresse qu'à titre purement documentaire et comme simple observateur.

BOMBEL

A vos ordres, mon cher maîlre.

SALVIÈRE

Avec qui Yvonne me trompe-t-elle?

BOMBEL

Avec personne. Il est clair qu'elle vous tromperait, que je vous ferais exactement la même réponse. Ce serait à vous de deviner à mon visage, h mon sourire, à ce je ne sais quoi, que je vous induis en erreur. Mais regardez-moi!... Vous ne pouvez pas vous méprendre à mon air loyal. Yvonne ne vous trompe pas.

SALVIÈRE

Pas même avec vous?

Pas même. J'y ai songé, je ne vous le cache

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