‹ L'oiseau bleu, féerie en cinq actes et dix tableaux. Réprésentée pour la première fois, sur le Théatre Artistique de Moscou, le 30 Septembre 1908Chapitre 42 sur 105 · ACTE TROISIÈME, QUATRIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME, QUATRIÈME TABLEAU

Et qu'elles chantent bien!...

NTÏTYL

Qu'est-ce que c'est ceux-là, qu'on ne voit presque pas?...

LA NUIT

Ce sont les parfums de mon ombre...

TYLTYL

Et les autres, là-bas, qui sont en verre filé?...

LA NUIT

C'est la Rosée des forêts et des plaines... Mais en voilà assez... Ils n'en finiraient pas... C'est le diable de les faire rentrer une fois qu'ils se sont mis à danser... [Frappant dans ses mains.) Allons, vite, les Étoiles!... Ce n'est pas le moment de danser... Le ciel est couvert, il y a de gros nuages... Allons, vite, rentrez tous, sinon jirai chercher un rayon de soleil...

Fuite épouvantée des Etoiles, Parfums, etc., qui se précipitent dans la caverne qu'on referme sur eux. En même temps s'éteint le Chant des Rossignols.)

tyltyl, allant à la porte du fond.

Voici la grande porte du milieu...

la nuit, gravement.

N'ouvre pas celle-ci...

TYLTYL

Pourquoi?...

Parce que c'est défendu...

TYLTYL

■ donc là que se cache l'Oiseau-Bleu; la Lumière me l'a dit...

la nuit, maternelle.

Écoute-moi, mon enfant... J'ai été bonne et complaisante... J'ai fait pour toi ce que je n'avais fait jusqu'ici pour personne... Je t'ai livré tous mes . Je faime bien, j'ai pitié de ta jeunesse el de ton innocence et Je te parle comme une mère... Écoule-moi et crois-moi, mon enfant, renonce, ne va point plus avant, ne tente pas le destin, n'ouvre pas

TYLTYL, assez ébranlé.

Mais pourquoi?...

la NUIT

Tarée que je neveux pas que tu te perdes... Parce que nul de ceux, entends-tu, nul de ceux qui l'ont entrouverte, ne fût-ce que de l'épaisseur d'un cheveu. revenu vivant à la lumière du jour... Parce que tout ce qu'on peut imaginer d'épouvantable, pa que toutes les terreurs, toutes les horreurs dont on parle sur terre, ne sont rien, comparées à la plus innocente de celles qui assaillent un homme dès que œil effleure les premières menaces de l'abîme auquel personne n'ose donner un nom... C'est au point que moi-même, si tu t'obstines, malgré tout, à toucher cette porte, je te demanderai d'attendre que je sois à

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