‹ L'oiseau de proie: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 26 sur 118 · ROBE, N1CAI8E · texte numérisé non relu

ROBE, N1CAI8E

(Rose sort lentement de sa chambre, elle est très émne et tient un petit paquet à la main. Elle jette un long regard d'adieu autour d'elle. Nicaise gagne la porte, devant laquelle il reste silencieux. Rose prend son parti et se dispose à sortir.)

NICAISE

On ne passe pas 1

j\h ! Nicaise, vous m'avez fait peur !

NICAISE

Je le crois! Où voulez-vous aller à cette heure?

ROSE

Que vous importe?

NICAISE

C'est bien audacieux de ma part d'oser poser une question à une grande et raisonnable demoiselle comme vous. Mais... je l'ose.

ROSE

Laissez-moi passer, Nicaise.

NICAISE

Non, car ainsi que votre père, un digne homme, ainsi que votre mère, une sainte femme : deux créatures qui se jetteraient dans le feu pour vous, vous avez toujours été bonne et compatissante pour moi,

pauvre enfant trouvé, et je me fais une arme de vos bontés passées, et j'en abuse, et je vous dis, bien doucement, bien respectueusement : Mademoiselle Rose, il est tard, une honnête fille comme vous ne sort pas toute seule à cette heure.

ROSE

Et vous ne voulez pas me laisser passer : il le faut ' pourtant.

Si vous avez de bonnes raisons, vous pouvez me les dire.

ROSE

Vous me faites mourir, Nicaise ; il faut que je quitte cette maison, il faut que je fuie d'ici au plus vite.

NICAISE

Et père Jean et mère Madeleine, qu'est-ce qu'ils deviendront quand vous ne serez plus là pour leur apporter le baiser du matin, qui donne du courage, et le baiser du soir, qui donne du repos? Qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent quand, tout à l'heure, ils vont trouver, dans la chambre vide, la lettre que vous avez laissée, et qui ne doit pas contenir des choses gaies?

ROSE

C'est une torture que toutes ces questions. Vous n'avez pas le droit de me l'imposer.

NICAISE

J'ai retenu un jour par sa blouse un homme qui se

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