‹ L'oiseau de proie: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 32 sur 118 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

pourrait, au besoin, trouver chez vous un sûr asile jusqu'à son mariage. — Acceptez- vous?

JEAN

Sans hésitation, monsieur Pellegrin. — La maison de Jean Rigal est petite, mais l'air qu'on y respire est pur, et, à défaut de luxe et de confort, mademoiselle Àngèle trouverait chez nous : amour, respect et dévouement absolus. — J'espère que vous n'aurez jamais besoin de cette preuve de mon attachement, mais je me tiens prêt à vous la donner.

PELLEGRIN, se levant

Merci, Jean; — je n'attendais pas moins de vous. (Il va à son bureau et en sort une enveloppe.) — Voici une sorte de testament qui vous concède tous mes pouvoirs dans le cas où je ne pourrais plus les exercer. — Le double sera déposé chez mon notaire. — Il y a là aussi quelques dispositions concernant la personne que vous savez, — ma femme. — Vous les exécuterez scrupuleusement.

JEAN

Et... pardonnez-moi cette question, — mais, puisque nous sommes en train de prévoir l'impossible, — vous avez toujours les mêmes intentions pour le mariage de mademoiselle Angèle?

PELLEGRIN

Avec Maxime?

Avec Maxime.

PELLEGRIN

J'ai longtemps caressé ce rêve, vous le savez, en regrettant que Maxime témoignât peu d'empressement à le réaliser. Je connais maintenant la cause de ses hésitations, et je crois qu'il sera heureux de l'occasion que mon désastre lui offrira, de rompre tout à fait.

JEAN

Pourquoi? Vous le jugez mal. Maxime est un garçon froid, peu communicatif, mais capable, je le crois, d'aimer sa femme sans le crier sur les toits, et de la rendre parfaitement heureuse sans s'en apercevoir.

PELLEGRIN

Maxime a depuis huit ans une liaison avec une femme plus âgée que lui, et vous savez que ces chaînes-là se rompent difficilement. (Angèle paraît au fond à gauche.) — Silence ! voici Angèle ; donnez cela à Maxime (Il lui donne son bilan), qu'il en termine au plus vite.

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