‹ L'oiseau de proie: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 60 sur 118 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CLARISSE

Qu'avez- vous donc?

MAXIME

Rien!

CLARISSE

Asseyez-vous là, Maxime, près de moi. C'est bon, n' est-il pas vrai, ce petit coin bien isolé et bien à soi, où Ton peut, à son gré, rêver, jaser, oublier tout l'univers, en se disant un mot affectueux ?

maxime, à part.

Pauvre femme! (Haut.) Oui!...

CLARISSE

. C'est singulier, comme l'hiver qui paralyse certaines natures réconforte la mienne. Ça tient peut-être à ce que je ne compte plus mes printemps. Bast! je ne serai jamais vieille tant que tu m'aimeras.

MAXIME

Et je t'aimerai toujours, chère Clarisse. (A part.) J'arriverai vite à mon but par ce chemin-là, moi!...

CLARISSE

A quoi pensez-vous?

maxime, à part

U faut brûler mes vaisseaux ou je n'en sortirai jamais. (Haut.) J'ai... quelque chose de très sérieux à vous dire, Clarisse.

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Clarisse, ee levant

Tàrrive-t-il un malheur? Puis-je t'être bonne ou utile en quoi que ce soit?

MAXIME

J'ai besoin de toute votre abnégation, Clarisse, et non de votre dévouement.

CLARISSE

Expliquez-vous ?

MAXIME

Nous... allons être forcés... de nous séparer.

CLARISSE

Vous partez en voyage?

MAXIME

Je pourrais vous répondre oui... ce serait un mensonge, et je ne voudrais pas que la dernière impression qui vous restera de moi fût mauvaise,

Ah! — Vous vous mariez?

maxime, très bas Oui! (Un temps.)

Clarisse, se soutenant a peine Ah! c'est mal!... c'est bien mal!...

maxime

Je dois au moins à notre vieille affection de vous exposer les raisous qui me déterminent...

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