‹ L'oiseau de proie: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 92 sur 118 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Je ne t'y mettrai jamais.

LÉON

11 faudra pourtant vous y déterminer. Je m'ennuie d'être en tutelle et d'avoir quatre-vingts francs à dépenser par mois. D'ailleurs > je veux voyager. J'ai envie d'aller en Amérique. (Il met une bûche dans la cheminée.)

SORLIN

Yeux-tu laisser ce bois !

LÉON

On gèle ici. — Vous rabattrez le prix de la bûche sur ce qui me revient.

SORLIN

Voilà le respect que tu témoignes pour ton père, drôle!

LÉON

Respect proportionné à la tendresse dont mon père m'a toujours entouré.

SORLIN

Ne t'ai-je pas nourri?

LÉON

La loi vous y forçait...

SORLIN

Elevé?

LÉON

Je poussais tout seul...

SORLIN

Mis au collège?

LÉON

Pour vous débarrasser de moi.

SORLIN

Habillé?

LÉON

Je ne pouvais pas aller tout nu.

SORUN

Donné de l'argent pour tes menus plaisirs I

LÉON

Oui, ils sont menus, mes plaisirs?

SORLIN

Je t'ai offert de travailler chez moi.

LÉON

C'est trop triste !

SORUN

Je t'aurais associé à mes affaires.

LÉON

C'est trop compliqué.

SORLIN

Tu n'as jamais voulu rien faire.

LÉON

Ah! trêve aux reproches! Je suis votre digne fils, parfaitement égoïste; et, grâce à l'éducation et à

Page 1