‹ L'oiseau de proie: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 98 sur 118 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes, NIC AISE NICA1SE, rentrant

Eh bien, et moi, je ne suis donc pas une preuve?

SORLLN

Vous!

NIÇAISE

Seriez-vous assez bon pour me remettre mon" extrait mortuaire?

SORLLN

Qu'est-ce que c'est encore que celui-là?

CLARISSE

Nicaise, je t'avais défendu...

iNICAISK

Pardonnez-moi, — pardonne-moi, chère mère, je n'ai pas encore l'habitude de la soumission, mais cela viendra. — En attendant, après avoir vécu vingt ans sans te connaître, je t'ai tout à coup retrouvée malheureuse, grâce à ce monsieur-là; or, ma mère, je ne te

juge pas, je t'aime et je te vénère, et tout ce qui dans ta vie t'aura causé un chagrin ou imposé une torture est mon ennemi. (A Sorliu.) Vous demandiez une preuve vivante, monsieur Sorlin, vous êtes servi, — je suis votre nls.

SORLIN

Mon fils...

JEAN

Oui, l'enfant abandonné par vous au berceau, et que j'ai élevé à votre place.

SORLIN

Mais c'est une affreuse machination, un odieux complot ! Voyons, tout peut s'arranger et rien n'est perdu, puisque l'enfant est retrouvé. — Voyons, combien voulez -vous?

JEAN

Qui est-ce donc qui vous demande de l'argent ici? Est-ce la femme dont la vie a été brisée par vous? Estce l'enfant abandonné? Est-ce l'homme qui a recueilli cet enfant? — Gardez votre or bien ou mal acquis, — il ne rendrait à la femme ni le bonheur perdu, ni l'honneur compromis , gardez votre or, il ne rendra pas à l'enfant la tendresse que vous lui deviez; gardez votre or, Jean Rigal est pauvre, mais il ne s'est jamais fait payer pour accomplir son devoir.

SORLIN

Mais, mon Dieu, que voulez- vous?... Tout m'accable à la fois : vous venez i éveiller des choses oubliées ; je perds tout mon avoir ; mon fils veut me faire un procès

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